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Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions

Histoire. Jules César (100 av. J.C/ 44 av. J.C)

Publié par CHANTALE  - Catégories :  #Jules César

Histoire. Jules César (100 av. J.C/ 44 av. J.C)

Jules César

L'empire et l'essor de Rome. 

 De la République conquérante aux portes de l'Empire

 

Entre le VIe et le Ier siècle avant notre ère, la petite cité de Rome a transformé le paysage méditerranéen en un vaste empire, une expansion rendue possible par la redoutable efficacité de son armée. La légion romaine était bien plus qu'une force militaire ; c'était un instrument de conquête et de civilisation. À effectifs complets, elle comptait environ six mille hommes, méticuleusement organisés en cohortes, manipules et centuries, et comprenait des fantassins robustes ainsi que, à ses débuts, une cavalerie agile. La discipline, pierre angulaire de son efficacité, y était d'une rigueur implacable.

Ces légionnaires, citoyens romains appelés annuellement sous les drapeaux en fonction des besoins de la guerre, étaient avant tout des défenseurs de leur patrie. Leur service militaire, souvent long et exigeant – il pouvait s'étendre jusqu'à seize années –, façonnait leur identité et leur lien avec Rome.

Dès le Ier siècle avant J.-C., Rome exerçait une domination incontestable sur de vastes régions au-delà de la péninsule italienne, encerclant la Méditerranée : la fertile Sicile, les îles de Sardaigne et de Corse, le sud de la Gaule, la péninsule ibérique, la Grèce antique et des portions stratégiques de l'Afrique du nord et de l'Asie mineure. Ces territoires conquis étaient méticuleusement organisés en provinces, administrées par des représentants de Rome. Les Romains y fondaient des cités florissantes, appelées colonies, où s'installaient fréquemment d'anciens soldats, diffusant ainsi la culture et le modèle romain.

L'afflux constant de richesses vers l'Italie, fruit des campagnes militaires – qu'il s'agisse du précieux butin, des revenus fiscaux des provinces ou des ressources naturelles exploitées –, eut un impact profond sur la société romaine. Au point que l'impôt direct pesant sur les citoyens romains put être supprimé. Des fortunes colossales se constituèrent, tandis que le nombre d'esclaves, en grande partie des prisonniers de guerre, augmentait de manière exponentielle, alimentant un nouveau goût pour le luxe et l'ostentation. L'élite romaine, avide de culture et de prestige, fut particulièrement séduite par le raffinement de la civilisation grecque, adoptant avec enthousiasme sa littérature, son architecture majestueuse, ses œuvres d'art, sa pensée philosophique et même ses divinités.

Rome était alors à l'apogée de sa puissance. Les Romains pouvaient légitimement désigner la mer Méditerranée comme leur mer, leur "Mare Nostrum". Pourtant, dans l'ombre de cette domination incontestée, des ambitions personnelles germaient et des tensions politiques se faisaient jour. Pour certains généraux avides de gloire et de conquêtes, de nouveaux royaumes restaient à soumettre et de vastes territoires attendaient d'être annexés, préparant le terrain pour des figures emblématiques telles que Jules César, dont l'ascension allait marquer une transition cruciale vers l'Empire.

Cette carte montre l'extension de l'empire de Rome : en orange, l'empire en 59 avant J.-C. ; en jaune, l'empire en 44 avant J.-C.

Cette carte montre l'extension de l'empire de Rome : en orange, l'empire en 59 avant J.-C. ; en jaune, l'empire en 44 avant J.-C.

Naissance et éducation de Jules César

 Forger un futur dirigeant

Une noble origine

 

Caius Julius Caesar voit le jour en 100 avant J.-C. Caius est son prénom, Julius son nom de famille, et Caesar son surnom. Cette appellation, qui signifie "éléphant", est une tradition au sein de sa famille, transmise en l'honneur d'un ancêtre illustre qui aurait terrassé l'une de ces bêtes majestueuses.

César naît au sein d'une famille patricienne, l'une des plus anciennes et nobles de Rome. Ses ancêtres se targuent de descendre d'Iule, fils du héros troyen Énée, lui-même considéré comme le fondateur mythique de la nation romaine. La légende familiale remonte même à Vénus, la déesse romaine de l'amour et de la victoire, conférant à la gens Julia un prestige quasi divin.

Un environnement familial influent

Le père de Jules César est un homme politique actif. Sénateur et magistrat, il participe activement au gouvernement de la République romaine. Sa mère, Aurelia, joue un rôle crucial dans l'éducation de son fils, veillant attentivement à son développement jusqu'à l'âge de sept ans.

Une éducation soignée et diversifiée

Le jeune César bénéficie d'une éducation privilégiée, dispensée par des précepteurs instruits au sein même de sa demeure. Un "litterator" lui enseigne les bases de la lecture, de l'écriture et du calcul. Dès l'âge de douze ans, un "grammaticus" prend le relais pour lui inculquer la richesse de la littérature latine, les fondements de la culture romaine, ainsi que la langue grecque, indispensable à tout Romain cultivé de l'époque.

À partir de seize ans, ses études prennent une orientation plus pratique, visant à le préparer à suivre les traces de son père dans la vie publique. Il apprend l'art de parler en public et de persuader les foules au Forum, étudiant avec attention la rhétorique, cette "technique de la parole" essentielle à l'éloquence.

Parallèlement à cet enseignement intellectuel poussé, César reçoit également une formation militaire rigoureuse. Il est initié aux techniques de combat, à la tactique et à la stratégie militaire, des compétences cruciales pour tout homme politique romain aspirant à des responsabilités importantes. Il développe également ses capacités physiques, devenant un athlète accompli, pratiquant avec assiduité l'équitation, l'athlétisme et la natation.

Pour mieux comprendre le contexte :

  • Sénat : Conseil qui joue le principal rôle politique à Rome. Il administre les finances, dirige la diplomatie et exerce une grande autorité.
  • Magistrat : Citoyen élu pour exercer une fonction publique.
  • République (du latin « res publica ») : État dans lequel les citoyens choisissent ceux qui les gouvernent.

Une jeunesse semée d'obstacles

Entre tumulte politique et ambition personnelle

Un contexte politique instable

 

À la mort de son père en 86 avant J.-C., Jules César n'a que quatorze ans. Il doit alors faire face, avec sa famille, aux profondes turbulences politiques qui secouent la République romaine. Les nouveaux territoires conquis au-delà de l'Italie demeurent instables, et les inégalités économiques se creusent dangereusement au sein de la société. Deux factions politiques s'affrontent avec virulence : le parti populaire, qui prône une redistribution des terres en faveur des plus démunis, et le parti aristocratique, qui défend ardemment les privilèges des citoyens fortunés.

La famille de Jules César est étroitement liée à Marius, figure de proue du parti populaire. Cependant, le destin frappe en 86 avant J.-C. avec la mort de Marius. Sylla, chef du parti aristocratique, s'impose alors comme le maître absolu de Rome de 82 à 79 avant J.-C., une période marquée par la répression et les purges politiques.

Difficultés financières et service militaire

Dans ce climat politique tendu, Jules César connaît de sérieuses difficultés financières. Contraint par les circonstances, il quitte Rome pour effectuer son service militaire en Asie Mineure et dans les îles grecques. Âgé d'une vingtaine d'années, il profite de ce séjour à l'étranger pour suivre les enseignements de professeurs renommés, élargissant ainsi ses connaissances et son horizon intellectuel.

César ne revient à Rome qu'en 78 avant J.-C., à la mort de Sylla. Ce retour marque une nouvelle étape dans sa vie, où les expériences acquises et les défis surmontés durant sa jeunesse allaient façonner l'homme politique et le futur dirigeant qu'il était destiné à devenir.

 

La vie politique à Rome

L'ascension par le cursus honorum

 

Au cœur du système politique de la République romaine se trouve le "cursus honorum", une expression latine désignant la séquence des fonctions publiques (magistratures) que les citoyens romains éligibles devaient exercer successivement pour gravir les échelons du pouvoir. Cette voie hiérarchisée était essentielle pour accéder aux plus hautes responsabilités de l'État.

Les premières étapes : Quêteurs et Tribuns

Les quêteurs constituaient la première étape de ce parcours. Élus pour un an, ils étaient responsables de l'administration des finances et du trésor de Rome, acquérant ainsi une expérience cruciale en matière de gestion des fonds publics.

Venaient ensuite les tribuns de la plèbe. Ces magistrats, représentant la plèbe (la population libre la moins riche et la moins considérée), avaient pour mission fondamentale de défendre les droits et les intérêts de cette classe sociale. Il est important de noter qu'un patricien, membre de l'aristocratie romaine, ne pouvait exercer cette magistrature, car il n'appartenait pas à la plèbe.

L'administration et la justice : Édiles et Préteurs

Les édiles étaient chargés de l'entretien des rues, des bâtiments publics et de la surveillance des marchés, jouant un rôle essentiel dans la vie quotidienne de la cité.

Les prêteurs, quant à eux, étaient responsables de l'administration de la justice. Ils interprétaient la loi et présidaient les tribunaux, contribuant au maintien de l'ordre et de la légalité à Rome.

Le sommet du pouvoir : les Consuls

Au sommet de cette hiérarchie se trouvaient les deux consuls. Élus pour un an parmi les sénateurs candidats, ils étaient en quelque sorte les "présidents" de la République romaine. Ils exerçaient le pouvoir exécutif suprême et commandaient également les armées romaines. Leur rôle était central dans la direction de l'État.

Un parcours obligatoire

Il était impératif de suivre le cursus honorum dans l'ordre établi avant de pouvoir prétendre au consulat. Cette progression graduelle permettait aux magistrats d'acquérir l'expérience et la légitimité nécessaires pour exercer les plus hautes fonctions. De plus, les anciens magistrats devenaient membres du Sénat à vie, apportant leur expertise et leur influence aux délibérations de cette assemblée clé.

 

Une brillante carrière politique

L'ascension fulgurante de César

 

À l'approche de sa trentième année, Jules César entreprend une carrière politique ambitieuse au sein du parti populaire. Il ambitionne de gravir les échelons du "cursus honorum" pour exercer d'importantes fonctions publiques et siéger au prestigieux Sénat.

Les premières alliances stratégiques

En 69 avant J.-C., il est élu questeur. À cette époque, il se rapproche de Pompée, une figure dominante de la vie politique romaine depuis la mort de Sylla et qui avait été consul l'année précédente. Cette alliance initiale s'avérera payante pour César. Quelque temps plus tard, il devient même le gendre de Pompée en épousant sa fille Julia.

Popularité croissante et fonctions religieuses

En 65 avant J.-C., César gagne en estime et en popularité en organisant, à ses frais, des combats de gladiateurs spectaculaires, très appréciés par le peuple romain. Son influence grandissante se confirme en 63 avant J.-C. lorsqu'il est élu pontifex maximus, le chef des prêtres de la religion romaine, lui conférant ainsi une autorité morale considérable sur le peuple.

Prêtrise et gouvernement provincial

Poursuivant son cursus honorum, César est élu préteur en 62 avant J.-C., une fonction judiciaire importante. L'année suivante, en 61 avant J.-C., il se voit confier le gouvernement de l'Hispanie ultérieure (l'Espagne méridionale), où il acquiert une expérience administrative et militaire significative.

Le soutien de Crassus et le premier triumvirat

Les campagnes électorales de Jules César, souvent coûteuses, sont largement financées par Marcus Licinius Crassus, un homme extrêmement riche et ancien allié de Sylla, qui avait notamment réprimé la révolte des esclaves menée par Spartacus (73-71 avant J.-C.). Pour Crassus, soutenir César est un moyen d'équilibrer l'influence grandissante de Pompée.

Finalement, un accord politique majeur est conclu entre trois hommes ambitieux : César, Pompée et Crassus. Ils forment ce que l'histoire retiendra comme le premier triumvirat. César apporte le soutien du parti populaire et son prestige religieux, Pompée sa gloire militaire et Crassus son immense fortune. Pour consolider cette alliance, Pompée épouse Julia, la fille de César.

Le consulat et les premières mesures

Grâce à ce puissant "triumvirat", Jules César est élu consul en 59 avant J.-C., à l'âge de quarante et un ans. Il atteint ainsi la fonction politique la plus prestigieuse de la République.

Fort de son pouvoir, César met en œuvre des mesures populaires. Pendant son année de consulat, il fait distribuer des terres en Italie aux anciens soldats de Pompée et aux citoyens pauvres, s'assurant ainsi de leur soutien. Soucieux de plaire à ses électeurs et de se faire des amis parmi les sénateurs, il n'hésite pas à engager des dépenses considérables.

 

À la conquête des Gaules

Ambition, gloire et conquête territoriale

 

Devenu consul en 59 avant J.-C., Jules César cherche ardemment à obtenir un commandement militaire d'envergure. Une telle position lui permettrait d'acquérir une gloire personnelle considérable et d'assurer son indépendance financière grâce au butin de guerre et à la vente des prisonniers comme esclaves. Son regard se tourne vers la Gaule, une vaste région qu'il ambitionne de conquérir.

La Gaule : un territoire fragmenté

Les Romains sont déjà implantés dans le sud de la Gaule, en Provence et autour de la ville de Narbonne, une région qu'ils appellent la "Gaule narbonnaise". Ils connaissent les faiblesses du reste de la Gaule : malgré une culture commune, ce territoire est divisé en une soixantaine de peuples indépendants, souvent rivaux. Si tous aspirent à préserver leur liberté, certains convoitent la domination sur leurs voisins, tandis que d'autres n'hésitent pas à s'allier aux Romains pour des raisons stratégiques ou opportunistes.

Le gouvernement de la Gaule transalpine

En 58 avant J.-C., une opportunité se présente : César est nommé gouverneur de l'Italie du nord et de la "Gaule transalpine" (le sud de la France actuelle). Ce commandement lui confère la responsabilité de protéger et de défendre plusieurs légions placées sous ses ordres – une force impressionnante d'environ 50 000 fantassins, des légionnaires entraînés et bien équipés.

Une conquête implacable

Très rapidement, César entreprend une série de campagnes militaires qui le mènent à occuper presque toute la Gaule, jusqu'alors indépendante. Son objectif est clair : transformer cette occupation militaire en une soumission durable des peuples gaulois. Pour y parvenir, il n'hésite pas à recourir à la force. Durant six années de guerre incessante, la Gaule est le théâtre de nombreuses révoltes et d'expéditions punitives menées par les légions romaines.

Le contexte politique à Rome

Pendant ce temps, à Rome, l'alliance entre Pompée et Crassus demeure solide. En 55 avant J.-C., ils sont de nouveau élus consuls et prolongent leur domination politique pour cinq années supplémentaires. Cependant, cette entente fragile ne dure qu'un temps. En 53 avant J.-C., Crassus trouve la mort lors d'une campagne militaire désastreuse en Orient, laissant Pompée et César face à face, avec des ambitions et des rivalités croissantes. Pour l'instant, toutefois, la Gaule suffit à occuper pleinement César.

 

Vercingétorix

L'étincelle de la résistance gauloise

 

En janvier 52 avant J.-C., un événement majeur éclate en Gaule : un sursaut de rébellion embrase la région. Les peuples gaulois, jusqu'alors divisés, semblent soudainement décidés à oublier leurs querelles intestines pour chasser les Romains.

L'émergence d'un chef charismatique

Le vent de révolte reconnaît un chef unique et inspiré : Vercingétorix, issu de la puissante tribu des Arvernes. Il parvient à imposer une nouvelle stratégie militaire aux Gaulois, rompant avec leurs tactiques traditionnelles. Face aux redoutables batailles rangées des légions romaines, organisées et disciplinées, Vercingétorix préconise désormais le harcèlement constant. Ses troupes de cavaliers rapides surgissent et disparaissent, coupant les lignes de ravitaillement romaines et dévastant les régions qui les soutiennent, dans l'espoir d'affaiblir leur logistique.

Le siège d'Alésia : un tournant décisif

César, qui a pris la décision d'attaquer Vercingétorix sur ses propres terres, subit un revers notable devant la puissante forteresse de Gergovie. L'armée romaine est contrainte de reculer et de quitter la région, une rare humiliation pour le proconsul.

Fort de cette victoire, Vercingétorix commet cependant une erreur stratégique. Au lieu de poursuivre les Romains affaiblis, il choisit de s'installer dans la forteresse d'Alésia, pensant que les Romains échoueraient à nouveau dans leur assaut. Mais cette fois, César déploie toute son ingéniosité militaire. Il encercle Alésia d'un double système de fortifications impressionnant : un premier retranchement intérieur pour assiéger les Gaulois et un second retranchement extérieur pour se protéger d'une éventuelle armée de secours gauloise. Ces fortifications, composées de fossés profonds, de pièges ingénieux, de haies infranchissables et de solides palissades en bois sur une quinzaine de kilomètres, rendent toute tentative de ravitaillement ou de sortie pratiquement impossible.

L'armée gauloise de secours, venue prêter main forte à Vercingétorix, est mise en échec lors de plusieurs affrontements désespérés contre les fortifications romaines. Après plusieurs semaines de siège éprouvant, Vercingétorix, réalisant l'impasse, doit se résoudre à se rendre à César. Il est envoyé à Rome, où il attendra son funeste destin en tant que prisonnier de guerre.

La clémence apparente et la fin tragique

Avec une habileté politique consommée, César se montre indulgent envers les Gaulois vaincus, car il a désormais besoin de pacifier la région pour consolider sa conquête et ses ressources. Vercingétorix, quant à lui, est traité conformément aux usages de la guerre romaine : il figure, enchaîné, lors du triomphe général vainqueur à Rome en 46 avant J.-C. Après cette humiliation publique, il est exécuté, marquant la fin tragique du chef de la résistance gauloise.

 

Vers la guerre civile

Le Rubicon franchi "Passer un point de non-retour"

 

Âgé d'une cinquantaine d'années en 50 avant J.-C., Jules César jouit d'une immense gloire militaire, d'une richesse considérable et d'une puissance politique grandissante. Il dispose d'une armée aguerrie dont la plupart des soldats lui sont personnellement fidèles, forgée par des années de campagnes victorieuses en Gaule.

La rupture entre César et Pompée

Depuis la mort de Crassus en 53 avant J.-C., la rivalité latente entre César et Pompée menace de se transformer en conflit ouvert. De nombreux sénateurs, inquiets de l'ambition démesurée de César, craignent qu'il ne s'empare du pouvoir à Rome et ne mette fin à la République. La fameuse anecdote, selon laquelle César aurait déclaré en traversant un modeste village des Alpes qu'il préférait y être le premier plutôt que le second à Rome, illustre cette ambition dévorante. Effrayé par la puissance et la popularité de César, le Sénat choisit de s'appuyer sur Pompée, le désignant comme son champion.

L'ultimatum du Sénat

Le commandement de César en Gaule arrive à échéance en 50 avant J.-C. Le Sénat, manipulé par ses adversaires, cherche à le rappeler à Rome et, pour l'affaiblir, exige qu'il renonce à ses pouvoirs militaires avant de pouvoir se présenter à une nouvelle élection au consulat. Mais César, fort de son armée et de son soutien populaire, refuse de se soumettre à cette injonction. Il sait que, faute d'accord, il ne lui restera plus qu'à abandonner ses légions, le laissant vulnérable à ses ennemis politiques, ou à engager une guerre civile.

Le point de non-retour : le franchissement du Rubicon

Le Sénat, avec le soutien de Pompée, ordonne finalement à César de licencier ses troupes. Cet ultimatum marque le point de non-retour. Le 12 janvier 49 avant J.-C., César prend une décision historique et irréversible : à la tête de son armée, il franchit le Rubicon, une petite rivière qui marquait la frontière entre la Gaule cisalpine (l'Italie du nord) et l'Italie proprement dite. La loi romaine interdisait formellement à tout général en armes de pénétrer sur le territoire italien. Cet acte de désobéissance ouverte constitue une déclaration de guerre.

La guerre civile commence. Pompée est chargé par le Sénat de défendre la République. Cependant, César surprend son adversaire par la rapidité de son avance. En trois mois à peine, il s'empare de l'Italie, contraignant Pompée et une partie des sénateurs à se réfugier avec leurs troupes en Grèce, où se déroulera la prochaine phase du conflit.

 

César triomphe de tous ses ennemis

 

Maître de Rome et de l'Italie, César se fait nommer dictateur et commence à transformer la République romaine selon sa vision. Il fait voter en particulier une loi qui accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de Gaule cisalpine : il crée ainsi une Italie romaine unifiée, de la Sicile aux Alpes. La Cisalpine devient dès lors une source de recrutement précieuse pour ses légions.

La guerre civile et la victoire décisive de Pharsale

La guerre civile dure cinq ans (de 49 à 45 avant J.-C.). Jules César traverse alors la mer Adriatique pour atteindre la Grèce et affronter Pompée lui-même, qui recule devant son avancée. La bataille décisive a finalement lieu à Pharsale, en Thessalie, le 9 août 48 avant J.-C. L'armée de Pompée, forte de 40 000 hommes, est massacrée ou faite prisonnière. Seuls les chefs pompéiens parviennent à s'échapper. César les poursuit en Égypte, mais dès qu'il débarque, il apprend la mort de son principal ennemi, assassiné par traîtrise.

L'épisode égyptien : Cléopâtre et Césarion

César passe plusieurs mois en Égypte et soutient une jeune princesse ambitieuse, Cléopâtre, qui réussit ainsi à devenir reine d'Égypte à la place de son frère. La légende raconte que le charme de Cléopâtre le séduit ; en 47 avant J.-C., elle donne naissance à un fils, Césarion, que Cléopâtre affirme être de César (bien que celui-ci ne l'ait jamais reconnu officiellement). La beauté et la richesse de Cléopâtre étaient célèbres, mais la richesse de l'Égypte attise également les convoitises romaines. Avec César, le pays perd son indépendance et devient un royaume protégé par Rome.

Victoires en Orient et en Afrique

Avant de combattre les alliés des Pompéiens, le roi du Pont (en Asie Mineure), il l'emporte après quelques heures d'un combat éclair, et envoie à Rome ce message court, mais plein d'orgueil : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » (« Veni, vidi, vici »).

En 46 et 45 avant J.-C., il bat les fils de Pompée et les derniers défenseurs de la République en Afrique, puis définitivement cette fois, en Espagne.

Le triomphe à Rome

De retour dans la capitale, César célèbre ses triomphes. Ces cérémonies grandioses marquent la victoire définitive de César sur ses ennemis et symbolisent son pouvoir incontesté sur Rome et ses territoires.

 

Portrait du vainqueur

L'ascension d'un homme au pouvoir absolu

 

César peut légitimement considérer qu'il est désormais le maître absolu de Rome. À cinquante-cinq ans, il aime porter sur sa tête une couronne de laurier, symbole de ses victoires, bien qu'il soit un peu chauve. Soigneux de sa personne et même coquet, il aime le luxe et les honneurs. Malgré quelques accès d'épilepsie qui le terrassent parfois, il supporte sans peine la fatigue et l'action, ne laissant jamais la peur le paralyser.

Ambition et confiance en son destin

Ses adversaires lui reprochent surtout sa cupidité et son ambition sans limites. Il est profondément sûr de son destin et croit en une protection extraordinaire qui l'aide dans tout ce qu'il fait et réussit. Travailleur infatigable, il s'entoure avec soin d'adjoints compétents et efficaces. Il sait préparer des textes de lois, mettre au point des réformes et gouverner un État avec une vision claire.

Concentration des pouvoirs

Ces qualités hors du commun lui sont d'une utilité précieuse car il finit par détenir entre ses mains presque tous les pouvoirs de la République, vidant les institutions traditionnelles de leur substance. Il devient consul à plusieurs reprises, puis est nommé dictateur pour dix ans (alors que la durée normale était d'un an seulement). Il est ensuite dictateur à plusieurs reprises supplémentaires, puis consul à vie (alors que la durée normale était d'un an) et enfin, comble de l'accumulation des pouvoirs, consul et dictateur à vie, ce qui, en principe, était une impossibilité juridique dans le cadre républicain.

Un contrôle total de l'État

Son pouvoir est immense et sans partage. Il peut empêcher le vote des lois qui ne lui plaisent pas, sélectionner les candidats qui se présentent aux élections, nommer de nouveaux sénateurs et des consuls qui lui sont dévoués, déclarer la guerre ou faire la paix selon sa volonté. Il a sous ses ordres toutes les légions romaines et dirige les finances de l'État. Devenu l'homme le plus riche du monde romain grâce à ses conquêtes, il contrôle absolument tout.

Popularité et inquiétudes

De plus, César est populaire auprès du peuple et prend soin de le rester, organisant régulièrement des distributions de blé et offrant toujours au peuple des spectacles grandioses, notamment des combats de gladiateurs. Cette popularité et son pouvoir sans précédent inquiètent profondément les anciens alliés de Pompée et une partie du Sénat, qui voient en lui un tyran en puissance et une menace pour les fondements de la République.

 

César transforme Rome

Réformes et ambitions urbanistiques

 

Fort de son pouvoir incontesté, César utilise son influence pour réaliser des réformes profondes et durables à Rome et dans l'ensemble du monde romain.

La réforme du calendrier julien

La plus célèbre et la plus pérenne de ses réformes est celle du calendrier. L'ancien calendrier romain était devenu désynchronisé et ne correspondait plus aux saisons. Après avoir consulté des astronomes, César introduit les années bissextiles et crée un nouveau système, que l'on appellera plus tard le calendrier "julien" en son honneur. Ce calendrier, bien que légèrement modifié au cours des siècles, est toujours à la base de notre calendrier actuel.

Extension de la citoyenneté et mesures sociales

Dans les provinces conquises – en Gaule, en Espagne, en Grèce et en Afrique du Nord –, César fonde de nouvelles colonies romaines. Il permet à un grand nombre d'habitants de ces provinces de devenir citoyens romains par naturalisation, intégrant ainsi les élites locales à l'administration et à la culture romaine. Soucieux des difficultés économiques de certains citoyens, il s'occupe du montant des loyers, qui avaient beaucoup augmenté, et les réglemente. Il distribue également des terres en Italie pour que des citoyens pauvres ou des légionnaires démobilisés puissent devenir propriétaires, favorisant ainsi une certaine stabilité sociale.

Embellissement de Rome : un nouveau forum et des constructions grandioses

César entreprend de transformer la ville de Rome par de grands travaux et des constructions impressionnantes, visant à affirmer la puissance de Rome et son propre prestige. Il crée un nouveau forum impérial, car l'ancien forum romain était devenu trop petit pour l'activité croissante de la ville. Un magnifique temple en marbre blanc, consacré à Vénus, la déesse protectrice de sa famille, domine une immense place entourée de dizaines de colonnes. Devant le temple, il fait ériger une statue le représentant sur son cheval favori, soulignant ainsi son statut exceptionnel. Le public peut également admirer de belles fontaines et de superbes œuvres d'art offertes à la déesse.

Il restaure également le grand cirque Maxime, qui servait aux courses de chars, entreprend la construction d'un nouveau théâtre en pierre, plus vaste et plus permanent que les structures en bois temporaires, et décide d'ouvrir la première bibliothèque publique de Rome, favorisant ainsi l'accès au savoir et à la culture. Il projette d'édifier un énorme temple à Mars, le dieu de la guerre et époux de Vénus, renforçant le lien symbolique entre sa puissance militaire et sa lignée divine. Pour agrandir la ville et faciliter les transports, il prévoit de détourner le fleuve Tibre à travers la ville.

Popularité et méfiance

Dans l'ensemble, César est aimé par le peuple romain, car il sait traiter la plèbe avec considération et lui permet de voter des lois qui lui sont favorables. Tout en étant conscient de l'agitation potentielle de Rome et des révoltes possibles, il essaie d'améliorer la vie quotidienne des habitants de la gigantesque capitale par ses projets urbanistiques et ses mesures sociales.

 

 

César

Entre respect et haine, les prémices d'une fin tragique

 

Cependant, César est de plus en plus haï par un certain nombre de Romains qui le considèrent comme un tyran aspirant à la royauté, voire qui se prend pour un dieu. Son comportement alimente ces craintes et ces ressentiments.

Des signes inquiétants d'ambition royale

César donne l'impression de tout faire pour ressembler à un roi : son effigie apparaît sur les monnaies, parée d'une couronne de laurier, un insigne traditionnellement associé aux monarques. Lorsqu'il siège sur une sorte de trône élevé et que les sénateurs viennent le voir, il daigne à peine se lever pour les saluer, un comportement jugé arrogant et contraire aux usages républicains. Se considère-t-il déjà comme une divinité ? Sa statue est installée dans les temples, aux côtés de celles des dieux. Le mois de sa naissance, "Quintilis", change de nom et s'appelle désormais "Julius" (juillet), en son honneur, une pratique habituellement réservée aux dieux et aux fondateurs de cités. Des fêtes splendides sont organisées en son honneur, et un prêtre est même chargé des cérémonies de son culte, comme s'il était bel et bien devenu une divinité vivante.

Préparatifs de nouvelles conquêtes et menaces grandissantes

De plus, César a en tête de nouvelles conquêtes ambitieuses, notamment une grande guerre contre les Parthes, un puissant empire oriental. Il rassemble l'argent et les légions nécessaires à cette expédition dangereuse. Avant de quitter Rome pour cette nouvelle campagne, le dictateur doit réunir le Sénat, le jour des Ides de Mars, c'est-à-dire le 15 mars de l'année 44 avant J.-C., et le bruit court qu'il va alors se proclamer roi, abolissant définitivement la République.

La conspiration se met en place

Pour l'en empêcher, des sénateurs, républicains convaincus et nostalgiques de l'ancienne liberté, décident secrètement de préparer son assassinat. Parmi eux, on trouve d'anciens partisans de Pompée, à qui César, en vainqueur magnanime, avait pourtant accordé son pardon, mais aussi des "césariens", des conseillers et des proches du dictateur, qui se sentent déçus de n'avoir pas obtenu tout ce qu'ils voulaient ou pensent sincèrement que leur chef met en danger la famille des Scipions et que la République est réellement en péril face à ses ambitions monarchiques. La conjuration se met en place dans l'ombre, visant à éliminer celui qui, pour beaucoup, est devenu une menace existentielle pour les institutions romaines.

 

Les Ides de Mars (15 mars 44 avant J.-C.)

Le poignard qui changea l'histoire

 

Certains compagnons de César, ayant eu vent de la conspiration qui se tramait dans l'ombre, le conseillent vivement de ne pas se rendre à la réunion du Sénat, prévue pour le jour des Ides de Mars. L'un d'eux, le matin même, lui remet un message dénonçant tous les détails de la conjuration. Mais le dictateur, avec une confiance excessive en son destin ou une forme de fatalisme, le lit distraitement et entre dans la salle où les sénateurs sont déjà rassemblés.

L'acte fatal : la trahison au cœur du Sénat

Sans attendre, les conjurés, qui portent des poignards dissimulés sous leurs vêtements, entourent César de manière menaçante. L'un d'eux donne le signal convenu : ils se précipitent alors sur lui pour frapper leur victime. Le dictateur tente de se défendre, mais il est seul et désarmé au milieu de ses assassins. En effet, quelqu'un s'est arrangé pour retenir Marc Antoine, son fidèle lieutenant et puissant allié, hors de la salle de réunion. Effrayés et paniqués même, les partisans de César et les sénateurs qui n'étaient pas au courant du complot s'enfuient dans la confusion la plus totale. Les conspirateurs peuvent, sans rencontrer de résistance sérieuse, achever leur victime.

Les dernières paroles énigmatiques de César

César, voyant Marcus Junius Brutus s'avancer vers lui, lui aussi un poignard à la main, aurait prononcé, juste au moment d'être frappé, ces quelques mots qui restent bien mystérieux et sujets à interprétation : « Toi aussi, mon fils ? ». Est-ce un ultime signe de déception et d'humiliation de voir celui qu'il considérait comme un fils participer à son meurtre, ou bien prononce-t-il une malédiction contre Brutus en souhaitant qu'il connaisse, lui aussi, le même destin tragique ?

La fin sanglante du dictateur

Perdant tout espoir face à la détermination de ses assassins, César se voile la face avec son vêtement, non pas pour ne pas finir défiguré, mais peut-être par dignité ou résignation. Il s'effondre, percé de vingt-trois coups de poignard. Les conjurés sortent en hâte du bâtiment en proclamant que le tyran est mort et qu'ils ont enfin rétabli la liberté de la République, ignorant les conséquences cataclysmiques que leur acte allait engendrer.

 

César dans l'Histoire et dans la légende

Une mort qui engendre un empire

 

À peine assassiné, Caius Julius Caesar entre dans l'Histoire et se nimbe d'une aura légendaire. Sa mort brutale n'efface en rien son souvenir colossal, son exemple continue d'inspirer, et paradoxalement, elle n'entraîne pas la restauration du fonctionnement traditionnel de la République, bien au contraire. De nouvelles guerres civiles, encore plus dévastatrices, allaient embraser Rome.

Divinisation post-mortem et culte impérial

L'été suivant l'assassinat de César, une étoile filante traverse le ciel italien. Ses partisans, cherchant à magnifier sa mémoire et à consolider leur propre position, prétendent qu'il s'agit de l'âme de César rejoignant le panthéon des dieux. Ils décident alors de construire, sur le Forum romain, un temple en l'honneur de ce nouveau dieu, qu'ils nomment "divus Iulius" (le divin Jules). Une statue de César y est installée, et l'étoile de son "apothéose" y est également représentée. Après sa mort violente, César devient ainsi une divinité pour de nombreux Romains, et en 42 avant J.-C., une loi officielle organise son culte dans toute l'Italie. C'est précisément ce que les conspirateurs avaient redouté et cherché à éviter en l'éliminant : l'instauration d'une forme de royauté divine.

Octave, l'héritier et la fin de la République

César avait désigné un héritier : son petit-neveu et fils adoptif, Octave. Celui-ci est bien décidé à succéder à son grand-oncle par tous les moyens, y compris la manipulation politique et, si il le faut, la violence et de nouvelles guerres civiles. Au bout de treize années de conflits complexes et sanglants, Octave parvient finalement à concentrer entre ses mains la quasi-totalité des pouvoirs. La République romaine n'est plus alors qu'un fantôme : Octave obtient la réalité du pouvoir monarchique, marquant la fin d'une ère et le début de l'Empire romain. Ironiquement, l'assassinat de César, perpétré au nom de la restauration de la République, a paradoxalement conduit à sa disparition définitive et à l'avènement d'un régime impérial qui allait durablement marquer l'histoire du monde.

Naissance de Jules César

Naissance de Jules César

Jeunesse de Jules Cesar

Jeunesse de Jules Cesar

Jules Cesar conquête de la Gaule

Jules Cesar conquête de la Gaule

Jules Cesar Dictateur

Jules Cesar Dictateur

Jules Cesar et Cléopatre

Jules Cesar et Cléopatre

Jules Cesar franchissant le Rubicon

Jules Cesar franchissant le Rubicon

Jules Cesar Politique

Jules Cesar Politique

Statue de Jules Cesar

Statue de Jules Cesar

Vercingetorix

Vercingetorix

À propos

Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions