Histoire. Les Grandes Batailles du Moyen-Âge
Les grandes batailles du Moyen Âge
La bataille de Poitiers en 732,
Ronceveaux en 778,
Hastings en 1066,
la prise de Jérusalem en 1099,
Bouvines en 1214
et les batailles de la guerre de Cent Ans (Crécy en 1346,
Poitiers en 1356,
Azincourt en 1415,
Castillon en 1453)
La Bataille de Poitiers 25 octobre 732
Moins d’un siècle après la mort de Mahomet, les guerriers musulmans avaient envahi l’Espagne. Au début du VIIIe siècle, ils franchissent les Pyrénées et investissent le Languedoc, la chrétienté n’a jamais été aussi menacée. Le duc d’Aquitaine, Eudes, était parvenu à freiner la poussée islamique près de Toulouse en 721. Le duc Eudes s’était allié avec un gouverneur berbère de Septimanie, qui de religion musulmane était en révolte contre ses coreligionnaires. Seulement le gouverneur d’Espagne, Abd al-Rahman, avait canalisé la révolte et se lançait maintenant à une expédition punitive contre les Aquitains. Devant un tel danger, Eudes fit appel à son voisin Charles Martel qui contrôle tout le Nord de la Loire. Celui-ci fait avancer son armée venue de toutes les parties du royaume franc. La bataille s’engage près de Poitiers contre les troupes d’Abd al Rahman. Charles Martel équipe chacun de ses soldats d’une épée, d’un haubert ainsi que d’une longue lance. Après sept jours durant lesquels les troupes se sont livrées seulement quelques escarmouches, les Arabes se décident enfin à attaquer, mais ils se heurtent inutilement aux défenses franques. Abd al-Rahman est tué au cours de la bataille, et les Arabes s’enfuient au cours de la nuit. La légende raconte que ce sont 375 000 Arabes qui auraient péri. Fort de ce succès, Charles Martel investi l’Aquitaine et chasse les chefs musulmans qui y sont installés. Le chef franc apparaît alors comme le sauveur de la chrétienté, et le maître incontesté du royaume franc.
Charles tient son nom de Martel « celui qui frappe comme un marteau » grâce à son incroyable énergie qui lui a permis d’écraser les musulmans.
La bataille de Roncevaux 15 août 778
Ganelon le beau-père de Roland, désireux de se venger de celui-ci ainsi que des onze pairs qui lui vouent un véritable culte, s’entretient avec Marsile, un roi sarrasin, et lui donne toutes les informations qui permettront d’exterminer l’arrière-garde de Charlemagne. Roland est nommé à la tête de cette arrière-garde, avec ses onze pairs dont Olivier, comte de Genève et meilleur ami de Roland. Charlemagne a dès lors un sombre pressentiment. Marsile a réuni 400 000 hommes, qui se ruent sur les 20 000 Francs, enclavés dans le col de Roncevaux. Par fierté, Roland refuse alors de sonner l’olifant (cor) pour rappeler Charlemagne. La première vague de Sarrasins (100 000 hommes) est contrée et exterminée. Mais au bout du cinquième assaut, les Francs ne sont plus que 60. Roland se décide alors à sonner de l’olifant, Charlemagne l’entend mais Ganelon lui dissuade d’en prendre compte. La bataille continue, Roland tranche la main de Marsile qui s’enfuit. Olivier mortellement blessé meurt dans les bras de Roland. Roland reste seul avec son ami Turpin qui sont soudain assaillis par 400 sarrasins qui les criblent de flèches avant de s’enfuir. Mourant Roland tente en vain de briser son épée, la vaillante Durandal, qui brise un roc. Roland se couche alors le visage tourné vers l’Espagne et s’en remet à Dieu. Charlemagne, très affecté, condamne le traître Ganelon, symbole de la félonie. La fiancée de Roland, Aude, meurt de chagrin. Le poème fait une grande part au merveilleux chrétien et à l’amour des preux chevaliers pour la « douce France ».
La bataille de Hastings 14 octobre 1066
Le 14 octobre 1066, les troupes normandes et saxonnes s’affrontent à Hastings. On compte environ 7 000 hommes dans chaque camp. L’armée saxonne est très disparate et essentiellement constituée d’hommes à pied qui ont pour seule consigne de « bombarder l’ennemi avec tous les projectiles possibles. » La ligne de front est protégée par une ceinture de boucliers. En face, l’armée de Guillaume paraît mieux organisée. Elle est constituée de normands, bretons, flamands, français… Une première ligne d’archers est chargée de harceler l’ennemi tandis qu’une ligne de fantassins prend le relais. Les chevaliers suivent… Suivant le plan de Guillaume, les archers décochent leurs flèches sur les lignes adverses. Mais la chevalerie normande s’éparpille dans les marécages, c’est la déroute. Le bruit circule que le duc de Normandie a été tué. La panique gagne les rangs, les Anglais se lancent à la poursuite des fuyards. Guillaume ôte son casque et parcourt ses lignes afin que ses soldats le reconnaissent. Mais les défenses anglaises tiennent bon. C’est alors qu’il ordonne un simulacre de retraite. Un trait de génie ! Il attire ainsi les Anglais désorganisés et sans discipline pour mieux les occire. La bataille se prolongea l’après-midi. Harold meurt après avoir reçu une flèche dans l’œil. A la nuit, Guillaume avait gagné la bataille d’Hastings, ainsi que le trône de l’Angleterre. La bannière papale arborée durant la bataille confère à l’expédition le statut d’une véritable croisade contre le roi saxon. Transformant le pays en l’un des plus puissants d’Europe, les Normands ont importé l’arc long, qui fait sa première apparition à Hastings. Arme de prédilection des Anglais, ravageuse lors de la guerre de Cent Ans.
La bataille de Jérusalem 15 juillet 1099
Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d’Occident, 12 000 soldats du Christ, déguenillés, tombèrent à genoux en pleurant lorsqu’ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la Ville Sainte ! Les Croisés bénéficièrent des rivalités entre musulmans. Pendant que les Turcs étaient à Antioche, les Egyptiens fatimides avaient pris la ville de Jérusalem. Godefroi de Bouillon fit dresser les tentes autour de la ville et installer les machines de sièges, les tours pour l’escalade des remparts, construites par les charpentiers génois, les catapultes et tous les engins conçus par les techniciens militaires. La garnison de la place, qui ne dépassait pas le millier, observa tous ces travaux avec étonnement et quelque crainte. Le calife égyptien envoya ses ambassadeurs auprès des chefs croisés : il promettait, comme autrefois, toute liberté aux pèlerins chrétiens pour séjourner dans la ville et visiter les lieux saints. Les chefs de la croisade tinrent conseil. Allait-on abandonner, si près du but, l’objectif principal de l’expédition et s’interdire de former des royaumes latins en Orient, alors même que certains chevaliers s’étaient déjà taillé quelques fiefs dans les territoires conquis ? Aussi exigèrent-ils une reddition sans conditions. Les musulmans refusèrent. Le siège de la ville commença. Durant quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Le 15 juillet, Godefroi, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de hache, ils atteignirent les portes, qu’ils ouvrirent toutes grandes. Les soldats se ruèrent dans la cité. Exaspérés par les privations, exaltés par les harangues des prédicateurs, affamés, ils ne pensèrent plus qu’à se venger et à rançonner la population, comme ils l’avaient fait à Antioche. Ce fut une page peu glorieuse de la chrétienté.
La bataille de Bouvines 27 juillet 1214
Après la défaite de Jean Sans Terre à La Roche-aux-Moines, Philippe Auguste décida d’affronter l’empereur d’Allemagne Othon et le comte de Flandre. La rencontre des deux armées eut lieu en juillet 1215 sur le plateau de Bouvines, entre Valenciennes et Lille. Au cours d’une mêlée confuse, le roi de France est désarçonné et manque d’être capturé par les Flamands. Il ne doit son salut qu’à l’intervention de quelques chevaliers. L’empereur, à son tour, est assailli et s’enfuit en abandonnant son étendard. Mais la fureur française eut raison des fantassins teutoniques. Lorsque la nuit tomba, l’armée impériale était en pleine retraite. Philippe fit alors sonner les trompettes pour rappeler ses troupes, « qui rentrèrent au camp avec une grande joie ». Malgré sa confusion, la bataille de Bouvines fut une victoire incontestable dont le retentissement fut énorme dans le royaume et dans tout l’Occident. Le retour de l’armée fut triomphal. Dans les villages, les cloches sonnaient. On tendait des tapisseries sur les façades. A Paris, les bourgeois, les étudiants et le clergé se portèrent au-devant du roi en chantant des hymnes. Durant sept jours et sept nuits, on dansa dans les rues de la cité. Pour la première fois, le peuple ressentait comme sienne une victoire remportée par le roi et son armée.
La Bataille de Crécy 26 août 1346
En 1346, les hostilités reprennent entre Français et Anglais. Edouard III débarque dans le Cotentin, il envahit la Normandie et marche sur Paris. Impressionné par l’armée que vient de lever Philippe VI, il se replie sur la Somme et campe à Crécy pour reposer ses troupes et faire le plein de vivres. Mais le roi de France le poursuit avec opiniâtreté. Ce dernier s’arrête à Abbeville où des renforts lui parviennent. Le 26 août, l’armée anglaise, fraîchement reposée, attend les Français sur les hauteurs. Edouard III a organisé ses troupes habilement afin de les tenir prêtes à riposter à l’attaque de la cavalerie française : ses archers sont placés de telle façon que chaque groupe est couvert par un autre. Derrière eux, les chariots contenant la réserve de flèches ont été disposés en arc de cercle protégeant ainsi chevaux et cavaliers. Côté français, c’est l’anarchie ! L’armée a quitté Abbeville tôt le matin ; très sûre de ses forces, elle pense venir à bout très facilement de l’ennemi et l’organisation laisse à désirer. Soudain, les Anglais sont en vue ! A cette annonce, le roi de France tente de rassembler ses troupes, en vain ; il est déjà trop tard. L’arrière-garde essayant de rejoindre l’avant-garde, le désordre est tel qu’on ne distingue même plus les bannières les unes des autres. Cependant, trois groupes se forment finalement : les arbalétriers génois, les hommes du comte d’Alençon et enfin les hommes du roi. Un violent orage éclate, rendant le terrain boueux et impraticable. Dans une telle situation, comment diable recharger les arbalètes ? Les hommes sont de plus fatigués de leur marche, rappelons qu’armes et carreaux pèsent jusqu’à 40kg. Néanmoins, les voici qui s’avancent. Ils sont reçus par de denses volées de flèches, si drues que « ce semblait neige », dira Froissart. Les hommes s’enfuient de tous côtés, gênant les soldats. Le roi est furieux. Ordre est donné aux cavaliers de tuer cette piétaille en fuite et d’attaquer ! Les chevaliers se battent bravement, certes, mais en pure perte. Le roi lui-même se jette dans la mêlée, et voit deux chevaux mourir sous lui. A la nuit tombante, tout est terminé, la victoire anglaise est aussi imprévue qu’éclatante.
Crécy en chiffres. Forces en présence :
France : 36 000 hommes dont 15 000 mercenaires génois (arbalétriers)
Angleterre : 12 000 hommes dont 7 000 archers
Pertes françaises : 11 princes dont Charles, comte d’Alençon, frère du roi et Jean de Luxembourg, roi de Bohème
1 250 chevaliers
15 000 hommes d’armes dont 6 000 Génois
Flèches anglaises tirées : - Plus de 500 000 !
La défaite de Crécy
Crécy marque un tournant dans la stratégie de guerre : les bombardes faisaient leur apparition pour la première fois dans une bataille rangée. Pas très efficace du fait de leur portée limitée, elles effrayèrent néanmoins les troupes françaises et leurs chevaux, contribuant ainsi au désordre affligeant de l’armée française. La chevalerie entre en déclin, les chevaliers sont battus par l’infanterie.
Nouvelle Bataille de Poitiers 19 septembre 1356
Face aux chevauchées du Prince Noir, Jean le Bon ne peut réagir car il manque d’argent. Il réunit les états généraux en 1356 afin de lever une armée. Pour poursuivre les Anglais efficacement, il ne garde que les cavaliers, plus rapides. Le combat se déroulera au sud de Poitiers, sur un terrain accidenté et coupé de haies, Jean II le Bon décida que le combat se ferait à pied. Croyant à une fuite des Anglais, les Français s’engagent dans un chemin bordé de haies, devenant ainsi une proie facile pour les archers anglais. Par la suite, les deux corps de batailles s’engagent dans le désordre. La bataille tourne rapidement à l’avantage du Prince Noir. Sentant la défaite s’approcher, Jean le Bon décide d’envoyer ses trois fils aîné vers Chauvigny. Seul le cadet Philippe le Hardi (futur duc de Bourgogne), 14 ans, reste au côté de son père en lui recommandant ces célèbres paroles : « Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ! » Mais le roi est rapidement cerné, et même capturé par l’ennemi. La défaite est désastreuse, dix ans après Crécy, le royaume est plongé dans la plus grave crise de son histoire. En l’absence du roi, les états généraux de langue d’oil (états du nord) se réunissent sans attendre et décident de libérer Charles le Mauvais dans l’espoir qu’il protège le pays dans la défaite. Mais le perfide Navarrais entre en contact avec les Anglais pour s’approprier de nouveaux fiefs.
La Bataille d' Azincourt 25 octobre 1415
Les querelles fratricides qui balayent la France n’ont pas échappé au nouveau roi d’Angleterre, Henri V de Lancastre. Ce dernier en profite pour relancer la guerre, il débarque avec ses troupes en Normandie. Henri V est le fils d’Henri IV, l’usurpateur qui a fait assassiner Richard II, l’héritier des Plantagenets. Il souhaite revoir les ambitions anglaises sur la couronne française, et à défaut, regagner une partie du continent perdue grâce aux campagnes de Bertrand du Guesclin. Sitôt débarqué en France, le souverain anglais va se réfugier à Calais. L’armée française s’organise autour des Armagnacs. Une fois encore, ils possèdent l’avantage numérique, mais malgré les défaites de Crécy et de Poitiers, la chevalerie française n’a rien perdu de son arrogance. En dépit des conseils du duc de Berry, les Français décident d’attaquer les Anglais dans un passage étroit, où il est impossible de se déployer. Déjà fatigués par la longue nuit d’attente sous la pluie, les chevaliers chargent avec le soleil dans les yeux. Avec leurs lourdes cuirasses, ils peinent à se déplacer et sont accueillis par une volée de flèches anglaises. Des piétons anglais viennent bientôt aux pieds des chevaliers en les frappant avec masses et épées. Les prisonniers sont égorgés. Azincourt est l’une des plus meurtrières batailles du Moyen Âge avec 10 000 pertes côté français. Une fois de plus, de nombreux barons français sont tués, Charles d’Orléans, neveu du roi et père du futur Louis XII est capturé et demeurera 25 ans en Angleterre. La chevalerie française qui demeurait l’élite du royaume pendant deux siècles entre en déclin. Ses vertus ancestrales comme le courage, la foi et le sacrifice sont balayés par la stratégie militaire. Une fois de plus une poignée d’infanterie a défait une horde de chevaliers.
La Bataille de Castillon 17 juillet 1453
Avec la prise de Bordeaux en 1450, la Guyenne est presque reconquise par les Français, mais les exigences de Charles VII font regretter la tutelle anglaise. Henri VI charge John Talbot (déjà perdant à Orléans et Patay) de la reconquête. Après une rapide campagne, Bordeaux est repris. Les Français décident alors de contre-attaquer. L’armée franco-bretonne comprend environ 10 000 hommes dont une puissante artillerie de 300 pièces servies par 700 manœuvriers. L’emplacement choisi offre d’incontestables avantages géographiques : Au nord, une petite rivière aux rives escarpées; À l’ouest, au sud et à l’est, un fossé de 5m de large. Averti de l’arrivée des Français, Talbot, se décide à porter secours aux Castillonnais. Il s’apprête à entendre la messe, lorsqu’on lui rapporte que les Français s’enfuient, abandonnant le camp retranché. On saura plus tard qu’il s’agissait des pages et des bagages inutiles au combat qui quittèrent le champ de bataille. Trompé par ces apparences, Talbot n’hésite plus et se précipite avec les troupes dont il dispose afin de mettre les Français en déroute. L’artillerie des Français, commandée par les frères Bureau, a eu le temps de se préparer. Carnage effrayant. Les assaillants sont pressés les uns contre les autres, ils ne peuvent ni s’échapper ni se dissimuler. Dans la mêlée qui s’ensuit, Talbot est précipité à terre et tué par quelque archer. Au bruit de la canonnade, les Bretons en réserve à Horable chargent avec leur cavalerie et précipitent la déroute des Anglais. Plus tard, le 18 juillet, les Français avançant quelques pièces d’artillerie sous les murs de Castillon obtiennent la reddition de la ville. La même année en 1453, Constantinople tombe aux mains des Turcs, le Moyen Âge s’achève progressivement.
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