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Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions

Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution

Publié par CHANTALE

Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution
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Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution

LE CONSULAT

Du 10 novembre 1798 au 25 mars 1802

 

Le coup d'Etat de Brumaire à balayé le Directoire et un plébiscite écrasant a approuvé l'installation du Consulat.

Bonaparte, devenu Premier Consul, est maintenant maître de la France. Dominant ses deux collègues, Cambacérès et Lebrun, il concentre entre ses mains tout le pouvoir et pour montrer son autorité, s'installe aux Tuileries avec Joséphine.

Une tâche difficile l'attend : clore la Révolution en se conciliant les vieux jacobins, rallier la droite monarchique tout en écartant les Bourbons.

Il commence par réorganiser l'administration, les finances : création de la Banque de France et du franc germinal), la justice : une commission est nommée pour élaborer le Code civil. L'autorité gouvernementale est partout renforcée.

Il veut, d'autre part, unir les Français. Pour pacifier l'Ouest, il négocie la soumission des chefs vendéens, ce qui ne l'empêche pas de répondre par un non très sec aux avances ingénues du comte de Provence. Il signe des amnisties pour les émigrés et ouvre les églises au culte.

Mais les Français ont hâte de voir se terminer la guerre. Ses offres de paix ayant été repoussées par l'Angleterre et l'Autriche, le Premier Consul prévoit une double offensive : Moreau franchit le Rhin et refoule l'ennemi au-delà du Danube tandis que Bonaparte luimême, ayant passé les Alpes au Saint-Bernard le 15-20 mai 1800, débouche inopinément dans la plaine du Pô.

Grâce à l'arrivée inopinée de Desaix il bat les Autrichiens à Marengo le 14 juin. Six mois plus tard, la victoire de Moreau à Hohenlinden contraint l'empereur Français à signer la paix de Lunéville le 9 février 1801.

Entre-temps, le Premier Consul a été accueilli triomphalement à Paris. Ses succès lui permettent de mater une opposition due à l'hostilité des « idéologues» et à la jalousie des généraux républicains.

L'attentat de la rue Saint-Nicaise le 24 décembre 1800, fomenté par les royalistes et auquel il échappe miraculeusement, lui permet de se débarrasser à la fois des conspirateurs de droite et des meneurs jacobins.

Sur le plan religieux, le Concordat lui vaut l'approbation des catholiques de France. Sa popularité est à son comble lorsqu'il réussit à rétablir la paix à l'extérieur.

Les préliminaires de Londres, puis la paix d'Amiens le 25 mars 1802, signée avec l'Angleterre mettent fin aux guerres de la deuxième coalition. Le seul point noir est l'expédition de SaintDomingue, confiée au général Leclerc, mari de Pauline Bonaparte, qui finira mal.

Mais les Antilles sont loin et l'enthousiasme grandit en France pour son sauveur.

Du 25 mars 1802 au 18 mai 1804

Depuis le traité d'Amiens de 1802, le Premier Consul apparaît à tous comme l'homme providentiel. Grâce à lui ·le pays retrouve stabilité et prospérité.

La réforme de l'enseignement, l'institution de la Légion d'honneur le 19 mai 1802 et l'élaboration du Code civil ajoutent à la satisfaction générale.

Son pouvoir assuré, Bonaparte ne cherche plus à ménager l'opposition. Déjà il a épuré le Tribunat en se débarrassant de ceux qu'il appelle avec mépris les idéologues.

I l fait prolonger ses pouvoirs pour dix ans le 8 mai 1802, mais cette mesure ne suffit pas à son ambition et le Sénat, docile, le nomme consul à vie le 4 août 1802, avec pouvoir de désigner son successeur.

Déjà la couronne se profile à l'horizon. La décision est aussitôt ratifiée par un plébiscite.

Sur ces entrefaites, la rupture de la paix d'Amiens en mai 1803, ouvre une nouvelle période de guerre. Entre Londres et Paris les responsabilités sont partagées mais Bonaparte laisse habilement croire que tous les torts viennent de l'Angleterre.

Tandis qu'il prépare l'invasion de l'île et qu'il fait occuper le Hanovre, possession de George III, le cabinet britannique travaille à la formation d'une coalition nouvelle.

Les Anglais visent également à l'élimination du Corse par le complot Pichegru-Cadoudal. Les deux hommes débarquent en Normandie avec l'intention de s'emparer de la personne du Premier Consul sur la route de Malmaison.

Moreau, alors en froid avec Bonaparte, accepte de rencontrer Pichegru, mais refuse de travailler pour les Bourbons. La police, mise au courant du complot en février 1804, arrête les principaux participants et les interrogatoires amènent le Premier Consul à soupçonner le duc d'Enghien de connivence avec les conspirateurs.

Enlevé du pays de Bade, le prince est conduit à Vincennes et fusillé après un jugement sommaire le 21 mars 1804.

Peu après, on trouve Pichegru étranglé dans sa prison. Meurtre ou suicide ? Le doute persistera chez les ennemis de Napoléon. Après procès, Cadoudal est exécuté le 25 juin 1804 et Moreau exilé.

Entre-temps, la dernière étape vers le césarisme est franchie. Dès le 27 mars, le Sénat a «invité le Premier Consul à achever son œuvre en la rendant immortelle comme sa gloire».

Un mois plus tard, le tribun Curée émet le vœu que Bonaparte soit nommé empereur héréditaire, puis le Sénat se joint au Tribunat et le sénatus-consulte du 18 mai 1804 (ou Constitution de l'an XII) proclame Napoléon Bonaparte empereur des Français.

De nouveau, un plébiscite écrasant (3 572 329 oui contre 2 579 non) approuve la proposition.

La France veut un maitre, elle l'aura pour dix ans !

 

Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution
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NAPOLÉON 1er (1769-1821)

Bonaparte, général d’artillerie

 

Quelques instants avant de se faire couronner, Napoléon lança ce mot à son frère aîné : «Ah ! Joseph, si notre père nous voyait !» Qu'aurait dit, en effet Charles Buonaparte de l'ascension prodigieuse de son fils ?

Né à Ajaccio, le 15 août 1769, le petit Corse quitte son île à neuf ans pour le collège d'Autun, puis l'école de Brienne, enfin l'école militaire de Paris, d'ou il sort lieutenant d'artillerie.

Dans ses garnisons de Valence et d'Auxonne il songe surtout à rentrer en Corse pour combattre l'autonomiste Paoli. Combat malheureux : il sera obligé de regagner en hâte le continent où il est chargé de reprendre Toulon aux Anglais.

Son succès lui vaut le grade de général.

Après Thermidor, ses amitiés robespierristes lui attirent des ennuis passagers, mais il est bientôt appelé à Paris. Barras cherche alors un officier énergique pour mater les royalistes. Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), Bonaparte mitraille les émeutiers, et Barras, qui devine sa valeur, lui donne le commandement de l'armée d'Italie.

Avant de partir, le petit général sans fortune épouse une créole au passé agité, Joséphine de Beauharnais. Brève lune de miel ! Le nouveau marié doit rejoindre ses troupes.

C'est alors la fulgurante campagne d'Italie à la suite de laquelle, le jeune vainqueur dicte les conditions de paix aux Autrichiens sans en référer au Directoire, puis rentre à Paris où il se fait acclamer.

Un peu inquiets de cette gloire montante, les Directeurs envoient l’ambitieux général conquérir l'Egypte. Commencée brillamment, la campagne se termine moins bien.

Apprenant que le Directoire est en proie à des difficultés intérieures et extérieures, Bonaparte regagne en cachette Paris où Sieyès l'attend pour mettre à bas le régime pourri. Les deux hommes préparent le coup d'état.

Le 19 brumaire an VIII au soir (10 novembre 1799), Bonaparte devient Premier Consul de la République. Il s'attelle aussitôt aux tâches les plus urgentes : réorganiser le pays, rétablir l'union, rallier les catholiques par le Concordat.

Entre-temps, la Victoire de Marengo a suscité l’enthousiasme. Le traité d'Amiens transporte de joie les Français et, en août 1802, le pacificateur devient consul à vie.

Mais les royalistes veulent en finir avec ce héros encombrant. Sans le savoir, ils vont travailler pour lui : après l'échec du complot de Cadoudal, l'exécution du duc d'Enghien vaut à Bonaparte l'appui des vieux révolutionnaires, ceux-ci considèrent avec plaisir que le Premier Consul a coupé les ponts avec les Bourbons.

Le sénatus-consulte du 18 ma1 1804 lui donne le titre d’empereur des Français.

De 1804 à 1807

A son avènement. Napoléon a trente-cinq ans. Il est servi par une intelligence supérieurement organisée, une volonté sans faiblesse, une intense puissance de travail.

Sitôt sur le trône, il forme une cour, impose une étiquette, distribue des honneurs et des titres. Luimême vit simplement : il reste « l'homme à la redingote grise », mais il règne avec des éperons et des bottes.

En fait, il gouverne seul, Il réduit le rôle des assemblées et supprime même le Tribunat en 1807. La presse est muselée, la police surveille le territoire, l'Université impériale reçoit le monopole de l'enseignement, les évêques suivent ses directives.

A l'extérieur, la guerre est pour Napoléon une sorte de fatalité. Héritier des conquêtes de la Révolution, il doit les garder et même les accroître. Pendant tout son règne, les coalitions vont se former et se disloquer : seule l'Angleterre demeure irréductible.

En mai 1803, elle a rompu le traité d'Amiens et le Premier Consul a préparé l'invasion de l'île au camp de Boulogne. Les maladroites manœuvres de ses escadres ne lui permettent pas de passer la Manche.

Apprenant la formation de la troisième coalition en 1805, entre l'Angleterre, l'Autriche, la Suède et la Russie, il fait virevolter la Grande Armée, bat les Autrichiens à Ulm le 20 octobre 1805, et fonce sur Vienne.

Entre-temps, le 20 octobre 1805, la flotte de Villeneuve est anéantie à Trafalgar mais ce désastre semble effacé par le triomphe d'Austerlitz remporté sur les Austro-Russes le 2 décembre 1805.

Le 26 décembre, les Autrichiens doivent signer le traité de Presbourg, à la suite duquel le vainqueur transforme la carte européenne. Il nomme son frère Joseph roi de Naples, son autre frère Louis roi de Hollande, son beau-fils Eugène vice-roi d’Italie.

En Allemagne, il crée en 1806 la Confédération du Rhin, dont il devient le protecteur, Il oblige François II à échanger son titre d'empereur d'Allemagne contre celui d'empereur d'Autriche.

Mais la quatrième coalition (1806-1807) entre l'Angleterre, la Prusse et la Russie se forme. Par les deux victoires, le même jour, le 14 octobre 1806, Celle de Iéna gagnée par l'Empereur, et d'Auerstedt, remportée par Davout, Napoléon écrase la Prusse. Il occupe Berlin d'où il lance le décret instituant le Blocus continental, puis gagne la Pologne.

Seuls les Russes continuent la lutte. Après la sanglante bataille d'Eylau disputée les 7, 8 et 9 février 1807, la victoire de Friedland du 14 juin 1807 contraint le tsar à la paix. Le 9 juillet 1807, les deux potentats signent à Tilsit, au milieu du Niémen un traité apportant à Napoléon l'alliance russe.

La Prusse est réduite de moitié, la Westphalie est érigée en royaume pour le plus Jeune frère de l’Empereur, Jérôme.

De 1807 à 1811

Avec l’amitié du tsar, conquise à Tilsit en juillet 1807, Napoléon semble sûr de l'avenir. Cependant le blocus continental, décrété à Berlin pour ruiner l'Angleterre, va l'entraîner dans des annexions et des guerres nouvelles.

II ne veut aucune faille dans le système, Il a enlevé à la Prusse des territoires à l'ouest de l'Elbe et créé le royaume de Westphalie pour son frère Jérôme, tandis que les provinces de la Pologne prussienne vont former le grand-duché de Varsovie, attribué au roi de Saxe.

En février 1808, il envoie des régiments occuper Rome. Quelques mois plus tôt, les troupes de Junot ont envahi le Portugal, d'où se sont enfuis les Bragance. A leur tour, les Bourbons d'Espagne, attirés à Bayonne, sont contraints à abdiquer au profit de Joseph que Murat remplacera à Naples.

Mais les Espagnols se soulèvent : une terrible guerre commence dans la péninsule ou s’engloutissent les meilleures divisions impériales (mai 1 808). Avant d'aller lui-même combattre les insurgés, que les Anglais sont venus secourir, Napoléon veut consolider l'alliance russe. La brillante entrevue d’Erfurt en septembre 1808, se solde en réalité par un échec.

L'Empereur ne se rend pas compte que son allié, poussé en cachette par Talleyrand, s'éloigne de lui. En janvier 1809, après de rapides succès en Espagne, il est rappelé en France pur les intrigues de ce même Talleyrand et de son compère Fouché, ainsi que par les armements de l'Autriche.

La cinquième coalition (Angleterre, Autriche) est formée. Les Autrichiens seront encore vaincus à Eckmühl le 22 avril 1809 et, plus difficilement, à Wagram les 5 et 6 juillet) : les Anglais, débarqués dans l'ile de Walcheren, seront repoussés.

Mais les annexions continuent. En 1809, les Etats pontificaux deviennent des départements français et le conflit avec le pape, déporté à Savone, causera un grand malaise chez les catholiques ; les provinces illyriennes sont placées sous l'autorité de Marmont ; la Hollande est reprise à Louis, qui s'est montré indocile en 1810 : le littoral allemand de la mer du Nord est annexé, ainsi que le Valais et le Tessin.

L'immense empire s'étend de Hambourg jusqu'à Rome, sans parler des Etats vassaux, mais la machine impériale est de plus en plus lourde à manier. Et à qui Napoléon laissera-t-il l'écrasant héritage ?

Pour pouvoir fonder une dynastie, il a répudié Joséphine et voudrait épouser une sœur du tsar. Mais Alexandre se dérobe. L'empereur François, le vaincu de la veille, offre sa propre fille.

L’invraisemblable s'accomplit : le 2 avril 1810, l'héritier de la Révolution épouse l'archiduchesse Marie-Louise. L'année suivante naît le roi de Rome.

La dynastie est fondée : qui pourrait douter de la puissance du nouveau Charlemagne ?

De 1812 à 1821

En 1812, l'Empire semble à son apogée, mais c'est un colosse aux pieds d'argile. Pourtant, depuis la naissance du roi de Rome, l'avenir de la dynastie est assuré et Napoléon, sûr de l'appui de l'Autriche, se croit capable d'affronter le tsar.

L'alliance russe, en effet, se disloque et la guerre parait inévitable. Napoléon ne la désire pas.

On l'entend murmurer : «Comment tout cela finira-t-il ?»

Cependant, il passe le Niémen et s enfonce, avec la Grande Armée, dans les plaines russes. En France, malgré les premières victoires, l'inquiétude plane. Elle grandit lorsqu'on apprend la désastreuse retraite.

L'Empereur a quitté ses troupes il la nouvelle du complot Malet, complot vite réprimé mais qui montre la fragilité de l'édifice impérial : à l'annonce de sa mort, personne n'a pensé à proclamer Napoléon II.

Rentré à Paris, Napoléon lève de nouvelles troupes : il va bientôt avoir à lutter contre toute l'Europe. Déjà la Prusse opprimée a repris les armes. Après le congrès de Prague, l'empereur François se range dans le camp des ennemis de son gendre. Une demi-victoire à Dresde ne résout rien, mais le désastre de Leipzig les 16 et 19 octobre 1813, termine la campagne d'Allemagne.

La Hollande est perdue, la Westphalie rendue à ses princes légitimes, les Bavarois, Wurtembergeois, Saxons tournent casaque, tandis qu'en Espagne Marmont, puis Soult se font battre par les Anglais. A la fin de décembre les Alliés franchissent le Rhin.

Napoléon met tout en œuvre pour arrêter l'invasion. Cette campagne de France est peut-être celle où le génie du grand stratège se montre le plus éclatant, mais l'heure est venue où va sombrer sa fortune.

Le 6 avril 1814, la prise de Paris par les Alliés, la défection des maréchaux le forcent à signer une abdication sans condition, et il doit prendre le chemin de l'ile d'Elbe, royaume dérisoire que lui ont octroyé les vainqueurs par le traité de Fontainebleau.

Il y restera dix mois. Enfui de Portoferraio le 28 février 1815, il débarque au Golfe-Juan et gagne Paris, où il est accueilli triomphalement. L'aventure des Cent-Jours, brillamment commencée, se termine à Waterloo le 18 juin 1815.

De nouveau, c'est l'invasion. Après une nouvelle abdication, le souverain déchu gagne Rochefort, avec l'idée de s'embarquer pour les États-Unis. Arrivé à l'île d'Aix, il est guetté par un navire anglais, le Bellérophon, et décide de confier sa destinée au peuple britannique, «le plus généreux de ses ennemis».

En réponse, les Anglais l'envoient à Sainte-Hélène, où l'auréole du malheur comme les tracasseries de son geôlier, Hudson Lowe, lui permettent de tisser sa légende.

Après cinq années d'une captivité de plus en plus pénible, il meurt d'un cancer du pylore le 5 mai 1821.

 

Le siège de Toulon (1793)

Tandis que la cause de Paoli se confond peu à peu avec celle des Girondins, récemment éliminés, Bonaparte verse du côté des Montagnards. Le 16 septembre 1793, il part commander l'artillerie de l'armée qui assiège Toulon, livrée aux Anglais par les fédéralistes. Il va y acquérir la notoriété: face au manque de compétence de ses chefs, il force la victoire; les Anglais battent en retraite en décembre.

Nommé sur le champ de bataille général de brigade, sur la proposition du représentant en mission Augustin Robespierre, frère de Maximilien, il apparaît très vite aux yeux de la Convention comme l'"homme de l'Incorruptible". Mais Bonaparte reste prudent. Après Thermidor, les charges qui seront retenues contre lui (il sera un temps emprisonné) n'auront pas de suites irrémédiables. Il sera cependant mis en disponibilité pour avoir refusé un commandement en Vendée.

 

Contre l'insurrection royaliste (5 octobre 1795)

Très vite cependant, la fortune lui sourit à nouveau. Après avoir maté la sans-culotterie parisienne, la Convention thermidorienne doit faire face aux agissements des royalistes. Pour parer à l'insurrection en vue, un civil, Barras, se voit confier le commandement de l'armée de l'intérieur. Il s'entoure de généraux alors sans emploi. Bonaparte est de ceux-là. C'est lui qui sauve la Convention le 13 vendémiaire (5 octobre 1795) en écrasant l'insurrection royaliste. Le 26 octobre, il devient commandant en chef de l'armée de l'intérieur à la place de Barras. Le "général Vendémiaire" vient d'obtenir son brevet de républicanisme. Il est désormais proche des sphères du pouvoir.

 

La campagne d'Egypte (1798)

Bonaparte sent qu'un nouveau coup d'État serait prématuré. Sa loyauté à la république est pour l'heure son seul viatique. Aussi, faute de pouvoir débarquer en Angleterre, il se tourne vers l'Égypte afin de satisfaire un triple objectif: laisser pourrir la situation politique en France, couper aux Anglais la route des Indes, mêler aux projets politiques, militaires et économiques des préoccupations scientifiques. Victorieux des Mamelouks à la bataille des Pyramides (21 juillet 1798), mais bloqué dans sa conquête par Nelson, qui détruit sa flotte à Aboukir (1er août), Bonaparte réussit à préserver son auréole de général victorieux.

 

La campagne d'Italie (1797)

L'ennemi principal de la Révolution reste l'Angleterre, comme celle-ci est inaccessible, il faut, déclare Bonaparte, frapper sa principale alliée, l'Autriche, en portant l'effort sur l'Italie, son point le plus vulnérable. Il parvient à décider Carnot, qui le fait nommer le 2 mars 1796, à moins de vingt-sept ans, commandant de l'armée d'Italie. Lors d'une campagne où sa rapidité de manœuvre compense son infériorité numérique, Bonaparte vole de victoire en victoire. Après Rivoli (14 janvier 1797), les Autrichiens sont sur la défensive.

Le 18 octobre 1797, le traité de Campoformio consacre le jeune général, qui apporte la paix à un continent en guerre depuis cinq ans. En Italie, Bonaparte concentre dans ses mains tous les pouvoirs: militaire, politique, diplomatique, financier même. Il se constitue, au moyen d'exactions diverses, une solide fortune, acquiert des goûts de luxe et tient une cour brillante.

Populaire de surcroît, il sait qu'il est désormais une pièce indispensable du jeu politique. Il avoue: "Je ne sais plus obéir". La gravure populaire, la chanson et la poésie s'emparent du héros victorieux.

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Louis XVIII (1755-1824)

 

« Sire, vous êtes roi de France ! » s'était joyeusement écrié le marquis de La Maisonfort au début d'avril 1814 en annonçant à Louis XVIII la déchéance de l'Empereur. « Ai-je jamais cessé de l'être ?» avait froidement répliqué le frère cadet de Louis XVI, après vingt ans d'émigration.

En effet, la conviction de son droit était chez lui une seconde nature et il avait toutes raisons d'en être encore plus imprégné quand, le 8 juillet 1815, fort des assurances du régicide Fouché, il rentra solennellement à Paris pour reprendre son règne interrompu par les Cent-Jours ?.

Podagre, affligé d'une corpulence tournant à l’obésité et d’un défaut de conformation des hanches, Louis XVIII se déplaçait le plus souvent dans un fauteuil roulant.

Mais, stoïque, il faisait de son immobilité physique un attribut de majesté. Impitoyable sur le chapitre de l'étiquette, ses manières étaient exquises. « Il était roi partout, disait Chateaubriand, comme Dieu est Dieu partout.» Et c'est avec courage et autorité qu'il sut en imposer à ces rois dont les troupes bivouaquaient en France.

Fin, spirituel et d'une extrême culture, Louis XVIII se fit respecter mais non pas aimer. On décelait, derrière la façade de bonté paternelle, l’arrogance, un profond égoïsme, une certaine sournoiserie et l’ingratitude qui sied aux souverains.

Il sut se débarrasser, quand il estima n’en plus avoir besoin, de ceux qui l’avaient le mieux servi, tels Fouché et Talleyrand.

Sage et réaliste, sachant oublier le passé et tirer parti des enseignements apportés par le malheur, Louis XVIII s'efforça, dans une France accablée de maux par les Cent-Jours, de continuer la politique de compromis, et de réconciliation qui avait été la sienne pendant la première Restauration et de se comporter en roi parlementaire.

L'épuration frappant ceux qui l'avaient trahi pour suivre Napoléon fut très limitée. Résistant aux pressions des ultraroyalistes conduits par son frère, le comte d’Artois, il mit fin, en 18I6, au mandat de la « chambre introuvable», appuya l'œuvre admirable de son premier ministre, Richelieu, et soutint enfin la politique libérale de Decazes.

Mais, après l'assassinat du duc de Berry, fils du comte d'Artois le 13 février 1820, il dut céder de plus en plus aux ultras et il finit par appeler an gouvernement le comte de Villèle, qui en était à la fois le chef et le plus modéré.

Touché, au début de 1824, par une gangrène infectieuse, le roi abandonna pratiquement les rênes. La disgrâce de Chateaubriand fut le dernier sursaut du monarque, dont le corps se décomposait.

Il s'éteignit le 16 septembre 1824. Sous son règne, la France avait vécu en paix, réparé ses ruines, recouvré son indépendance et rétabli sa primauté en Europe.

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CHARLES X (1757-1836)

 

Le 29 mai 1825 se déroule une imposante cérémonie. Ressuscitant des rites séculaires est persuadé de la validité du droit divin, le roi Charles X se fait sacrer en grande pompe dans la cathédrale de Reims.

Frère cadet de Louis XVI et de Louis XVIII, celui qu'on appelle, sous l'Ancien Régime, le comte d 'Artois est né à Versailles le 9 octobre 1757. Séduisant cavalier mais de médiocre intelligence, il émigre dès 1789.

Après un passage à l’armée des princes, il vit en Angleterre et en Ecosse, sans faire beaucoup d'efforts pour servir la cause royaliste.

En 1814, il précède Louis XVIII à Paris comme lieutenant général du royaume.

Il joue un rôle incontestable, créant autour de lui, au pavillon de Marsan, un véritable gouvernement parallèle avec ses agents auprès des gardes nationaux, noyautés par les chevaliers de la Foi, branche militante de la Congrégation.

Très attaché aux idées de l’Ancien Régime, il est le soutien indéfectible des ultras. Après la seconde Restauration, son influence grandit et il ne cesse de combattre le ministre Decazes.

L’assassinat de son second fils, le duc de Berry, en 1820, lui permet de faire renvoyer Decazes et appeler Villèle chef de la droite. Le succès de l'expédition d'Espagne, commandée par son fils ainé, le duc d'Angoulême accroit encore son autorité.

A la mort de Louis XVIII, le 16 septembre 1824, Charles X garde Villèle. Bien qu'ayant annoncé son intention de respecter la Charte, il laisse prendre des mesures réactionnaires (indemnité aux victimes des confiscations révolutionnaires, lois sur le sacrilège et sur la presse, dissolution de la garde nationale). L'opposition libérale s'émeut et Villèle démissionne le 3 janvier 1828.

L'impopularité du roi grandit : en quelques années, il a démoli l'effort de réconciliation entrepris par Louis XVIII. Il appelle pourtant, un peu a contrecœur, un ministre modéré, Martignac. Mais celui-ci s'oppose à la politique cléricale et le souverain, prisonnier du «parti prêtre», le remplace par le chef des ultras, Polignac le 8 août 1829.

Le brillant succès de l'expédition d'Alger, destiné à donner de éclat à la Couronne, ne fait que hâter la catastrophe en rendant le roi trop sûr de sa force.

La publication des fameuses ordonnances, qui violent la Charte, donne le signal de la révolution. Le 2 aout 1830, Charles X abdique en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux, puis va s'embarquer à Cherbourg pour l'Angleterre.

Après quelques mois, il s'établit en Autriche, entouré d'une petite cour de fidèles, et meurt à Goritz le 16 novembre 1836.

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Louis-Philippe  1er (1773 - 1850)

Le dernier roi de France de 1830 à 1848

 

"Pendant que je parlais, rapporte Chateaubriand, je regardais Philippe. Je lus, écrit sur son front, le désir d'être roi."

La révolution de juillet 1830 a renversé Charles X. Le 31 juillet, Louis-Philippe, duc d'Orléans, est nommé lieutenant général du royaume et, le 7 août, c'est sans trop se faire prier qu'il se laisse porter sur le trône par un vote de la Chambre des députés, puis de la Chambre des pairs.

Après avoir adhéré au drapeau tricolore, multiplié les promesses et juré de respecter la Charte révisée par les députés, Louis-Philippe, cousin de Charles X, fils du régicide Philippe Egalité, est proclamé "roi des Français" le 9 août.

Les "Trois Glorieuses" se sont soldées, tout compte fait, par un changement de dynastie. Cependant, une monarchie élective a succédé à la monarchie de droit divin.

La Chambre des députés partage désormais avec le roi l'initiative des lois. En 1831, une série de lois complète les fondements du régime. Dans l'ensemble, ces dispositions favorisent l'ascension de la bourgeoisie, d'ou le nom de « monarchie bourgeoise » souvent donné au régime.

A sa tête, Louis-Philippe Ier se veut "roi citoyen", Né le 6 octobre 1773, élevé avec rigueur par Mme de Genlis, il a adopté, comme son père, les idées de 1789 et combattu à Valmy et à Jemmapes. En émigration et après 1815, il se tient à l'écart de la réaction tout en jouissant discrètement de son immense fortune.

Éloquent, simple, familier, apparemment bonhomme, mais sachant à l'occasion être pompeux, le roi des Français est doué de beaucoup de finesse et d'habileté. Aux côtés de la reine MarieAmélie, digne et estimée, et de ses huit enfants, il mène aux Tuileries la vie d'un bourgeois. Il y met d'ailleurs une certaine ostentation.

Considéré comme un usurpateur par les légitimistes, les bonapartistes et les républicains, il doit faire face à une vive opposition. Quant aux orléanistes, ils se partagent entre deux tendances.

Pour celle du "mouvement" (La Fayette, Laffitte), la révolution de 1830 n'a été qu'un commencement, il faut poursuivre les reformes, ne pas s'isoler du peuple.

Pour celle de la "résistance" (Casimir Perier, Guizot, Thiers), la révolution était une fin. Poursuivre les réformes serait dangereux. Ce parti, celui du conservatisme, aura l'appui du roi. Il sera vite le plus fort.

C'est sous le signe de l'avènement au pouvoir économico-politique de la bourgeoisie d'affaires et d'une constante politique de paix que se déroulera ce règne long de dix-huit ans, mais difficile. Rarement souverain fut plus guetté par ses ennemis et plus traiter avec autant de mépris par ses adversaires.

1830 - 1840

"Songez, madame, dit un jour Louis-Philippe à la duchesse de Dino, qu’il faut, pour que les choses aillent, que je sois le directeur de tout et le maitre de rien ! ". Cette boutade donne la clé du malaise dont souffre la monarchie de Juillet.

Apparemment bonhomme, Louis-Philippe, tout en admirant fort le régime parlementaire anglais, n'incline à respecter l'esprit de la Charte que dans la mesure où les trublions ne viendraient pas perturber la bonne gestion de la France.

Après avoir pris quelques dispositions assurément libérales (dont celles qui portent le corps électoral de 90.000 à 166.000 électeurs) et confié le gouvernement aux chefs du parti du "mouvement", notamment à Laffitte, du 3 novembre 1830 au 3 mars 1831, le roi appelle Casimir Perier, membre de la Casimir Perier "résistance", parti dont le programme est simple : au-dedans, l'ordre et le minimum de concessions ; au-dehors : la paix.

Deux noms dominent cette période : Guizot, pour qui "le trône n'est pas un fauteuil vide", et Thiers, pour qui "le roi règne et ne gouverne pas".

Si l'opposition légitimiste reste silencieuse et dédaigneuse après l’échec de l’équipée de la duchesse de Berry, l'opposition "républicaine et populaire" se manifeste précocement par des attaques dans la presse et surtout par plusieurs insurrections : celle des canuts à Lyon (novembre-décembre 1831, celle des obsèques du général Lamarque (5-6 juin 1832), celle du procès des mutuellistes de Lyon (9 - 12 avril 1834), suivie de celle de Paris (13-14 avril) dont Daumier illustra l'épisode de la rue Transnonain.

Deux mille "républicains" sont arrêtés, 164 condamnés. Les journaux d'opposition sont écrasés d'amendes. Plusieurs disparaissent. L'attentat de Fieschi le 28 juillet 1835 sert de prétexte aux lois de septembre aggravant le régime de la presse, et le roi peut faire prévaloir sa politique du "juste milieu"...

Mais, en mars 1839, une coalition d'orléanistes renverse Molé, premier ministre depuis septembre 1836. A travers lui c'est le gouvernement personnel du roi qu'elle met en échec.

Thiers, partisan du système parlementaire, est appelé en février 1840. Cependant, sa politique belliciste lors de la crise européenne de l'été 1840 à propos de l'Orient entamera gravement les rapports avec l'Angleterre, affolant le monde des affaires et nuisant à la position du roi qui, jusque-là, par son pacifisme sincère et par sa fermeté à l'égard des mouvements socialistes, a séduit l'Europe.

C’est ce qui est l'occasion de son renvoi, suivi du choix de l'équipe Soult-Guizot (29 octobre 1840).

1840 - 1848

Le 7 novembre 1847, d'Algérie où il est momentanément éloigné en raison de son attitude quelque peu frondeuse, le prince de Joinville écrit à son frère Nemours : "Il n'y a plus de ministres, leur responsabilité est nulle. Tout remonte au roi, Il est habitué à gouverner et il aime à montrer que c'est lui qui gouverne".

Analyse lucide de la situation créée par les sept années de présence de Guizot aux affaires. Depuis 1840, Guizot, est en fait le vrai chef du gouvernement.

Lamartine exagère, quand il compare l'attitude du gouvernement à celle d'une "borne", mais il faut bien reconnaître que la vie politique, depuis 1840, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, a été vidé et que "la France s'ennuie".

Tout au long de cette période, une majorité parlementaire assez confortable favorise, chez Guizot et le roi, l'illusion que l'opinion est avec eux. Or, même dans les Chambres, une opposition, minoritaire mais active, existe, qui demande des changements, modérés ou "radicaux", en particulier en matière de droit de vote et de politique extérieure.

Dans ce domaine, la France adopte, à l'égard de l'Angleterre surtout, une attitude exagérément conciliante, dans le dessein de sauvegarder l'"entente cordiale".

Dans l'affaire du droit de visite des navires de commerce (il s'agit de contrôler s'ils ne se livrent pas à la traite des Noirs), en 1841, et dans l'affaire Pritchard (lutte d'influence à Tahiti entre l'amiral Dupetit-Thouars et un missionnaire-apothicaire), en 1843-1844, la docilité du gouvernement donne des armes à l'opposition et, dans la seconde affaire, la majorité gouvernementale n’est que de huit voix.

En politique intérieure, l'opposition ne cesse, de 1841 à 1847, de réclamer une réforme parlementaire et une réforme électorale. La première vise il décréter l'incompatibilité entre certaines fonctions et le mandat de député.

La seconde, en abaissant le cens (droit seigneurial) et en admettant comme électeurs certaines "Capacités", doit ouvrir le corps électoral à plus de citoyens.

Les "radicaux" (Ledru-Rollin, Arago) demandent même le suffrage universel.

Devant l'échec de toutes ces propositions l'opposition organise en 1847, une "campagne des banquets" en faveur de la réforme électorale. Les orateurs dépassent vite cette revendication et débordent sur la question sociale.

Quelques scandales, éclatant fort inopportunément (sans qu'il y est responsabilité du gouvernement), mettent le comble à l'effervescence des esprits : une étincelle suffit pour provoquer l'explosion.

Elle se produisit le 22 février 1848, Le roi détrôné se réfugie en Angleterre, où il meurt le 26 août 1850.

Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution
Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution

NAPOLEON III (1808-1873)

Le dernier empereur de France

 

« Je crois en Dieu et en moi», écrivait le prince Louis-Napoléon Bonaparte en 1837. Cette confiance en soi devait le mener de l'exil au pouvoir. Troisième fils de Louis Bonaparte (lui-même frère de Napoléon et roi de Hollande) et d'Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine, il né à Paris, aux Tuileries, le 20 avril 1808.

Elevé par sa mère au château d'Arenenberg, en Suisse, nourri par elle des souvenirs de l'épopée impériale, il entre en 1830, à l'école d'artillerie et du génie de Thoune. L'année suivante, il participe à l'agitation révolutionnaire en Romagne.

En 1832, après la disparition du duc de Reichstadt, il se pose en successeur de l'Empereur. Il doit affirmer ses prétentions en 1836, en tentant vainement de soulever la garnison de Strasbourg.

Exilé en Amérique, il en revient en 1837 pour s'installer en Angleterre et tente, en 1840, à Boulogne-sur-Mer, un nouveau coup de main qui est un lamentable échec.

La Chambre des pairs le condamne à la prison perpétuelle. Incarcéré au fort de Ham, il y lit beaucoup et écrit sa brochure sur l'Extinction du paupérisme. Il s'évade en 1846 et gagne la Grande-Bretagne, où une riche Anglaise, miss Howard, met sa fortune au service de ses ambitions.

1er président de la république de 1848 à 1852

Après la révolution de 1848, élu dans huit départements, il est autorisé à venir siéger à l'Assemblée constituante. Il y fait une médiocre impression, mais cela le sert. Il parait insignifiant et rassurant aux chefs du «parti de l'ordre», qui, effrayés par les journées de juin, sont en quête d'un candidat d'union inoffensif. «Ce dindon qui se croit un aigle, ce crétin que l'on mènera, disait Thiers.

Tout en ralliant les conservateurs, cet homme secret, habile manœuvrier, sait aussi séduire les ouvriers par de vagues déclarations sur l'inégalité. D'autre part, la légende napoléonienne lui assure l'appui d'une grande partie de l'armée. C'est ainsi que, le 10 décembre 1848, il est élu président de la République à une majorité écrasante.

Le prince laisse au «parti de l'ordre», majoritaire à l'Assemblée législative élue en mai 1849, la responsabilité de mesures maladroites : expédition à Rome, loi électorale, loi restreignant la liberté de la presse.

Le prince-président sait regrouper autour de lui les mécontents et les ambitieux. Des voyages triomphaux en province accroissent sa popularité. En plusieurs endroits, on crie «Vive l'empereur !».N'ayant pu obtenir une révision constitutionnelle qui autorise sa réélection à la présidence, il entre en conflit avec l'Assemblée.

Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 va lui permettre d'éliminer les députés opposants, de rétablir le suffrage universel et de préparer la restauration de l'Empire.

L'Empire autoritaire (1852-1860)

«Si je l'avais épousé, dit de Louis-Napoléon Bonaparte la princesse Mathilde, je lui aurais cassé la tête pour savoir ce qu'il y avait dedans !»

Cet homme secret croit tenir de la Providence une mission. Simple, bienveillant, soucieux des classes laborieuses, il y a en lui à la fois un rêveur romantique et un homme de 1848. Son intelligence est certaine mais «Confuse, remplie de grandes pensées mal appareillées »,

Après le plébiscite du 21 décembre 1851, il promulgue, le 14 janvier 1852, une Constitution taillée sur mesure. Elle lui donne la présidence pour dix ans et tous les pouvoirs.

Quelques mois plus tard, constatant que «la France semble bien vouloir revenir à l'Empire», il en propose le rétablissement, à la suite d'un sénatus-consulte, massivement approuvé le 21 novembre (7 800 000 oui contre 250 000 non), et se fait proclamer empereur le 2 décembre sous le nom de Napoléon Ill.

Il exerce le pouvoir sans partage. Les ministres ne dépendent que de lui. Le Corps législatif, qui vote les lois préparées à l'initiative de l'exécutif par le Conseil d'Etat, est de tout repos.

Grâce au système des «candidatures officielles», les élections assurent au pouvoir d'écrasantes majorités : trois opposants élus en 1852, cinq (dont Jules Favre et Emile Ollivier) en 1857. L'Université est mise au pas, la presse muselée, la vie politique réduite à néant. Les promesses sociales et le puissant développement économique rendent plutôt légères aux Français les restrictions de liberté.

De plus, la gloire militaire des débuts du règne lui assure une indiscutable popularité. La guerre de Crimée (1854-1856), terminée par le brillant Congrès de Paris (février-avril 1856), vaut à Napoléon III et à la France un grand prestige international. La courte mais meurtrière campagne d'Italie en faveur de l'unité italienne (avril-juin 1859), couronnée sur le plan français par le rattachement de Nice et de la Savoie (traité de Turin, mars 1860), marque l'apogée du règne.

L'Empire connaît cependant des difficultés intérieures. Après l'attentat d'Orsini le 14 janvier 1858, une « loi de sûreté générale » renforce les moyens répressifs du régime. Mais la politique italienne de Napoléon III, contraire aux intérêts temporels du pape, lui fait perdre l'appui des catholiques conservateurs. La victoire des Piémontais à Castelfidardo sur les zouaves pontificaux de Lamoricière le 18 septembre 1860, accroît leur désaffection.

D'autre part le traité de libre-échange avec l'Angleterre du 23 janvier 1860, mécontente les industriels. Cette érosion des piliers du régime va inciter l'empereur à faire des ouvertures aux libéraux.

Le 24 novembre 1860, un décret donne au Corps législatif le droit de voter une Adresse en réponse au discours du trône, ce qui permet de critiquer (bien modérément), l'action du gouvernement, donc l'empereur, rétablit la publication du compte rendu in extenso des débats, étend le droit d'amendement et institue des ministres sans portefeuille pour représenter le gouvernement auprès des assemblées.

Puis, le 31 décembre 1861, un sénatus-consulte remet en action le contrôle budgétaire. Ainsi se manifeste l'évolution vers un Empire libéral.

Aux élections de 1863, malgré un appui donné aux candidats officiels, 2 000 000 de voix vont à l'opposition, qui compte 32 députés, dont Thiers et Berryer. Morny et la faction libérale de la majorité poussent l'empereur à plus de réformes encore.

Le 23 juin, l'anticlérical Victor Duruy est appelé à l'Instruction publique , que pendant cinq ans il s'efforce de libéraliser, Napoléon se sépare de Persigny et, le 18 octobre, appelle Rouher comme porte-parole du gouvernement. Le 11 janvier 1864, Thiers revendique les « libertés nécessaires» : liberté individuelle, liberté de la presse, de l'électeur, de l'élu, de la majorité.

Napoléon III octroie, en avril 1864, le droit de grève et de coalition. Emile Ollivier, attiré par Morny, s'éloigne des républicains et se rapproche du régime. Une vie politique renaît, mais, donnant l'impression de se faire arracher les réformes, l'empereur n'en tire pas le bénéfice escompté.

A l'extérieur, l'affaire italienne entretient un malaise latent entre l'Empire et les catholiques et l'expédition du Mexique, un guêpier, s'achemine vers l'échec de 1867.

L'annexion par la Prusse des duchés danois en 1864, puis, en 1866, sa victoire sur l'Autriche à Sadowa enlèvent à la France la suprématie en Europe.

Seule l'expansion coloniale paraît plaider en faveur de la politique impériale (NouvelleCalédonie, 1853, expédition de Chine, 1860, Cochinchine et Cambodge, 1863, consolidation de la présence française en Algérie, où l'empereur se rend en 1865).

Morny meurt en 1865. L'impératrice et Rouher poussent à la fin des réformes. Napoléon III, précocement vieilli, miné déjà par la maladie, est plus que jamais hésitant. Mais les échecs extérieurs et l'évolution de l'opinion l'incitent à un nouveau pas vers le libéralisme propre à lui concilier, pense-t-il, une fraction de l'opposition.

Il n'est pas insensible aux arguments d'Emile Ollivier. Le 19 janvier 1867, par une lettre à Rouher insérée au Moniteur, il annonce l'instauration du droit d'interpellation, remplaçant l'Adresse, la participation des ministres aux débats les concernant et des lois libérales sur la presse et les réunions.

«La matière ministérielle se raréfie [ ... ], nous n'avons pas su créer une génération d'hommes politiques.» Cette remarque de Conti, chef de cabinet de Napoléon III, en 1868, explique les flottements qui marquent les dernières années du régime.

Les mesures libérales prévues dans la lettre du 19 janvier 1867 sont freinées par Rouher. Les Chambres, et la presse, peuvent s'exprimer plus librement, mais les ministres restent des commis, responsables devant Napoléon III, seul, Rouher, qui demeure ministre d'Etat, reçoit aussi les Finances. Si l'Exposition universelle peut paraître une apothéose, l'opinion est inquiète, et l'exécution de l'empereur Maximilien consacre tragiquement l'échec de l'aventure mexicaine.

Napoléon III, miné par la maladie, reconnaît l'existence de « points noirs». Des grèves se produisent. Le 9 mai 1868 est votée la loi libéralisant le régime de la presse, et déjà les journaux d'opposition ont plus de lecteurs que les autres.

Le 25 mars, la loi sur les réunions, jugée insuffisante par l'opposition et abusivement libérale par la majorité, donne libre cours à de nombreuses réunions qui ne vont pas sans excès. D'où sanctions... et mécontentements.

La bataille pour les élections de 1869 est sévère. L'opposition présente des hommes nouveaux : Gambetta propose le fameux «programme de Belleville». Néanmoins, les 23 et 24 mai, le gouvernement recueille une solide majorité, grâce aux voix des ruraux. Mais dans les villes, l'opposition l'emporte nettement.

Le nouveau Corps législatif compte 25 républicains décidés, 80 partisans du régime autoritaire («mamelouks»), 110 libéraux gouvernementaux et 40 libéraux d'opposition, conciliables au prix de nouvelles réformes.

1869 voit une certaine effervescence : manifestations et grèves (incidents de La Ricamarie, d'Aubin), 116 députés réclament plus de participation aux affaires et la responsabilité ministérielle. Napoléon III cède le 12 juillet et le sénatus-consulte du 6 septembre donne au Corps législatif des prérogatives parlementaires.

Rouher est évincé et des contacts sont pris avec Emile Ollivier, qui forme, le 2 janvier 1870, un ministère d'hommes nouveaux.

Le sénatus-consulte du 20 avril entérine les réformes intervenues depuis 1860 et le peuple est appelé à se prononcer sur «la Constitution de 1870». Le plébiscite du 8 mai est un triomphe pour l'empereur: 7 359 000 oui, 1 572 000 non, 1 894 000 abstentions.

Quatre mois plus tard, c'est Sedan, Napoléon III est fait prisonnier et l'Empire s'effondre sans résistance. Libéré le 18 mars 1871, réfugié à Chislehurst, en Angleterre, l'empereur continue à se croire « d'unique solution». Il meurt le 9 janvier 1873.

Histoire. Période Bonapartiste & l'Après - Révolution
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À propos

Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions