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Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Publié par CHANTALE

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Les Valois 

 

Longtemps l'Histoire a présenté les Valois, qui régnèrent sur la France pendant plus de deux siècles et demi, comme une race de rois, souvent aimables, protecteurs des arts et des lettres, mais débauchés, rusés et cruels.

Les treize princes de cette famille qui se succèdent sur le trône ne sont certes pas tous des modèles, mais au cours des guerres terribles, des troubles intérieurs et des profondes mutations qui bouleversent le pays, ils réussissent à défendre les institutions monarchiques et à élargir le domaine royal.

En quelles circonstances les Valois montent-ils sur le trône ?

A la mort, en 1328, de Charles IV le Bel, troisième fils de Philippe le Bel et qui comme ses aînés, ne laisse aucun héritier mâle, la branche directe des Capétiens s'éteint, du moins en ligne masculine.

Deux concurrents s'opposent : Philippe de Valois, cousin germain du défunt (son père, Charles de Valois, était frère de Philippe le Bel), et Edouard III d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, Isabelle de France.

L'assemblée des barons se réunie à Paris pour trancher la question et n'hésite pas. Elle choisit Philippe de Valois.

En invoquant une loi des Francs Saliens, la loi salique, qui prive les femmes de la terre salique (et qui d'ailleurs ne concerne pas le domaine royal), les légistes donnent au choix une assise juridique. Il est dit, en effet, «que femme ni par conséquent son fils ne peut, par coutume, succéder au roi de France».

En fait, si la ligne masculine l'emporte en 1328 (et de manière définitive en France), c'est par une suite logique de ce qui a été décidé en 1317 et en 1322 (à la mort de Louis X et de Philippe V, leurs filles avaient été écartées).

Il s'agit d'ailleurs d'un réflexe nationaliste contre Edouard d'Angleterre. Les barons choisissent Philippe de Valois, «né du royaume», qui, en outre, se trouve alors à Paris, ce qui fortifie sa position.

C'est donc bien cette affirmation nationaliste plus que l'éviction des femmes qui fait l'intérêt de la décision des barons. Ce changement dynastique n'a du reste rien de comparable avec les «usurpations » des Carolingiens ou même des Capétiens.

Avec les Valois, une branche cadette des Capétiens accède au trône en 1328 pour régner jusqu'en 1498, avec Charles VIII, ou même jusqu'en 1589, si l'on inclut les Valois-Orléans (avec Louis XII) et les Valois-Angoulême (de François 1er à Henri III).

Voyant sa dynastie s'éteindre, le dernier roi, Henri III, a la sagesse, avant de mourir en 1589, de désigner comme successeur un autre descendant de Saint Louis, Henri de Bourbon.

Par leurs efforts successifs, les Valois contribuent à asseoir la monarchie et à créer la France moderne.

Généalogie des Valois

Généalogie des Valois

Armes équestres des Valois.

Armes équestres des Valois.

La France à l’avènement des Valois en 1328

La France à l’avènement des Valois en 1328

Philippe IV de Valois

Philippe IV de Valois

Philippe  VI De Valois (1328 - 1350)

 

Petit-fils de Philippe III le Hardi et neveu de Philippe le Bel, Philippe VI de Valois succède, en avril 1328, au dernier Capétien direct, Charles IV dit le bel, son cousin germain, en vertu de la «loi salique» rappelée par le baronnage français, écartant ainsi Edouard III d 'Angleterre du trône de France.

Philippe VI n'est pas été préparé au trône, auquel il accède à trente-cinq ans. Il n'a, en outre, tiré aucun enseignement de l'exemple de son père. Charles de Valois, aventurier sans grandeur.

Sa femme, Jeanne de Bourgogne, d'une méchanceté pathologique, est détestée dans le royaume. Le roi, en revanche, a de réelles qualités humaines, une belle prestance, une piété qui le pousse à faire de grands pèlerinages et à confirmer les mesures rigoureuses prises par Saint Louis contre les blasphémateurs.

Il a le goût des lettres et de la théologie, ainsi que le souci de la justice, comme il le prouve en intervenant dans le procès de Robert d'Artois, son beau-frère, qui pourtant a été un de ses fidèles partisans lors de son accession au trône.

Robert, époux de Jeanne de Valois, avait pris possession du comté d'Artois, également revendiqué par sa tante, Mahaut de Bourgogne. On découvrit que, pour ce faire, il avait produit des faux.

Le roi de France lui ordonne d'abandonner toute prétention sur le comté. Comme, en outre, Robert est accusé d'avoir « facilité» la mort de Mahaut en 1329, il est banni et ses biens confisqués... au profit du roi de France en avril 1332.

Robert d'Artois se réfugie alors à la cour d'Angleterre, où il attisa la haine contre les Français. Peu de temps après, d'ailleurs, la guerre franco-anglaise devait éclater en 1337. Elle allait durer plus de cent ans.

Le début du règne a cependant été marqué par un succès diplomatique, l'hommage rendu par Edouard III à Philippe pour ses fiefs de Guyenne (Amiens, le 5 juin 1329), et par l'éclatante victoire militaire de Cassel le 23 août 1328, qui a permis au roi de réprimer la révolte flamande et de rendre à son cousin.

Louis de Nevers le comté de Flandre.

Philippe VI n'a pourtant aucun talent militaire, mais il sut compenser sa malchance sur les champs de bataille et les terribles revers de l'armée (l'Ecluse, en juin 1340. Crécy en août 1346 et la reddition de Calais en août 1347) par d'importantes acquisitions territoriales.

En 1349, il achète ainsi la seigneurie de Montpellier au roi de Majorque et annexe le Dauphiné, qu'il offre à son petit-fils, l'aîné de Jean le Bon, le futur Charles V, premier «dauphin» de France.

Philippe meurt, le 22 août 1350, deux ans après la reine Jeanne, enlevée par la terrible peste noire qui ravageait alors le royaume.

En	pleine	guerre	de	cent	ans,	Jean	le	Bon	et	son	fils	Philippe	le	Hardi,	 futur	Philippe	II	de	Bourgogne	au	cours	de	la	bataille	de	Poitiers	en	1356.
En	pleine	guerre	de	cent	ans,	Jean	le	Bon	et	son	fils	Philippe	le	Hardi,	 futur	Philippe	II	de	Bourgogne	au	cours	de	la	bataille	de	Poitiers	en	1356.

En pleine guerre de cent ans, Jean le Bon et son fils Philippe le Hardi, futur Philippe II de Bourgogne au cours de la bataille de Poitiers en 1356.

Jean II Le Bon (1319-1364)

 

Front bas, long nez, expression bornée et têtue, tel nous apparaît Jean II, peint par son contemporain Girard d'Orléans.

Ce fils de Philippe VI de Valois, né le 26 avril 1319 monte sur le trône le 22 août 1350, a est surnommé le Bon, c'est-à-dire le Brave. Il est, en effet, valeureux à la guerre et de goûts chevaleresques, mais en même temps impulsif, violent, dépensier, irréfléchi, bref, peu capable de redresser la situation du royaume face aux visées des Anglais.

Il a épousé Bonne de Luxembourg (1332), puis Jeanne de Boulogne (1350). Son règne commence par des difficultés intérieures. Ayant fait décapiter le comte d'Eu, jugé coupable de trahison, il donne cette charge à son favori, Charles d'Espagne , au vif mécontentement de son propre gendre, Charles le Mauvais, comte d'Evreux et roi de Navarre, qui agite le pays comme prétendant au trône de France.

En 1354, Charles le Mauvais fait assassiner Charles d'Espagne. Le roi patiente, puis fit arrêter le meurtrier, abouché avec les Anglais et ennemi irréductible de la Couronne.

Le roi Edouard III d'Angleterre profite de ces troubles. En octobre 1355, il débarque à Calais, tandis que son fils, le Prince Noir, ravage la Gascogne et le Languedoc. De son côté, Philippe de Navarre, frère du «Mauvais», s'allie aux Anglais.

L'année suivante, le Prince Noir recommence et remonte vers le nord. Jean le Bon, peu prêt pour la guerre, va pourtant à la rencontre de son adversaire et se fait battre à Poitiers le 19 septembre 1356.

Le désastre est complet : le roi est emmené en Angleterre, tandis que son fils, le dauphin Charles, se débat à Paris au milieu des difficultés.

A Londres, le prisonnier négocie sa libération. Une convention qui cède la moitié de la France à Edouard III ayant été repoussée par le dauphin et les états, le Plantagenêt traverse la Manche.

Finalement, le traité de Brétigny octroie aux Anglais, entre autres, Calais, le Poitou, la Saintonge, le Limousin et le Périgord (8 mai 1360). La rançon de Jean le Bon est, en outre, fixée à trois millions d'écus d'or. Libéré, le roi regagne Paris, laissant en otages ses deux fils cadets et son frère Philippe.

Apprenant que le duc d'Anjou un de ses fils s'est évadé, il regagne Londres pour prendre sa place. «Si la bonne foi était bannie de la terre, dit-il, elle devrait trouver asile dans le cœur des rois.»

Il y meurt trois mois plus tard, le 8 avril 1364.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Charles V Le Sage (1338-1380)

 

Le futur Charles V, dit le Sage, connait avant de monter sur le trône des heures tragiques, mais son bon sens, sa prudence, ses ruses même lui permette de vaincre les obstacles.

Né le 21 janvier 1338 au donjon de Vincennes, ce fils aîné de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg est le premier héritier de nos rois à porter le titre de dauphin, il a alors onze ans et un an plus tard, le 8 avril 1350, il épouse sa cousine Jeanne de Bourbon.

Malgré sa santé délicate, le jeune prince prend part à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356 où son père, vaincu par les Anglais, est fait prisonnier et emmené à Londres.

La responsabilité du gouvernement repose désormais sur les frêles épaules de Charles. Ce dauphin de dix-huit ans doit alors faire face à une situation d'autant plus difficile que les conseillers de son père sont détestés et que le Trésor est à sec.

La détresse financière le contraint à réunir les états. Les députés, des bourgeois menés par le prévôt des marchands Etienne Marcel et par l'évêque Robert le Coq - le force à accepter la Grande Ordonnance réformatrice de 1357.

Le dauphin louvoie, refuse de se mettre en tutelle et s'enfuit de Paris. La mort d’Etienne Marcel lui permet de reprendre en main le pouvoir. Il a la sagesse de ne point exercer de représailles.

Devenu roi, Charles V montre des qualités de modération, de patience, de finesse. Homme de cabinet, méthodique et tenace, il s'entoure de sages conseillers.

Se sachant incapable de conduire des armées, il charge Bertrand du Guesclin de mener la guerre contre les Anglais et pendant ce temps, il travaille au redressement du pays.

Il sait rétablir l'ordre, restaurer les finances par l'établissement d'impôts permanents, imposer son autorité aux seigneurs, former une armée régulière, construire une flotte; débarrasser enfin la France des Grandes Compagnies qui ravagent les campagnes.

Ce roi dépourvu de panache est un lettré : il collectionne les manuscrits, s'entoure de savants, fonde la Bibliothèque royale, transforme le Louvre.

En 1374, par l'ordonnance de Vincennes, il fixe la majorité royale à quatorze ans et organise la régence pour ses fils car il craint une mort prématurée.

Il meurt en effet d'une crise cardiaque à Beauté-sur-Marne, le 16 septembre 1380. Il laisse un royaume relevé et l'autorité monarchique renforcée.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Charles VI Le Fol (1380-1422)

 

Charles VI, le roi fou, surnommé aussi le BienAimé, n'a que douze ans lorsque son père, Charles V, meurt.

Sans respecter les vœux du défunt, les oncles du petit Charles VI (Louis d' Anjou, Jean de Berry, Philippe de Bourgogne et Louis de Bourbon) exercent la tutelle tandis que le roi est sacré à Reims le 4 novembre 1380. Le pouvoir des oncles, qui ne se soucient guère du bien commun, est très impopulaire.

Au contraire, Charles VI est bien aimé. D'un naturel affable, il aime son peuple qu'il voit révolté contre ses oncles qui dilapident le Trésor royal malgré l'augmentation abusive des impôts (révolte des Maillotins à Paris, banditisme des Tuchins en Languedoc...).

Aussi, a vingt ans, en 1388, il décide d'écarter les tuteurs et de gouverner personnellement avec l'aide des anciens conseillers de son père, que les princes appellent par dérision les «Marmousets» (sorte de petits singes). Il fait alors un certain nombre de réformes administratives.

Mais en août 1392 il a son premier accès de folie et dès lors, il passe le reste de sa vie entre des périodes de crise et des moments de lucidité. Le royaume va à la dérive…

Charles VI y contribue d'ailleurs en vidant le Trésor car il ne pense qu'aux fêtes, bals et plaisirs, tout comme son épouse, Isabeau de Bavière, qui s'est jetée dans les bras du frère de Charles VI : louis Ier, duc d'Orléans. Mais le nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui hait ce dernier, le fait tuer en 1407

Les partisans du duc d'Orléans et du dauphin, le futur Charles VII, les «Armagnacs, s'opposent alors aux «Bourguignons" dans une véritable guerre civile qui ensanglante le pays. A Paris, en 1413, les Cabochiens établissent pendant quelques semaines un régime de terreur.

Les Cabochiens sont une faction populaire de Paris, amené par un certain Simon le Coutelier dit Simon Caboche.

On voit en outre reprendre les hostilités entre la France et l'Angleterre. Les Bourguignons collaborent avec les Anglais.

Après un accord avec Jean sans Peur, le roi Henri V débarque en Normandie et inflige à l'armée française le désastre d'Azincourt le 25 octobre 1415, puis impose à Charles VI, à demi inconscient, le dur traité de Troyes : l'Anglais se fait donner en mariage la fille du roi et déshérite ainsi le dauphin Charles ; la régence est de plus confiée à Henri V, qui est reconnu comme roi de France le 21 mai 1420.

Entretemps, Jean sans Peur a été massacré par les hommes du dauphin à Montereau le 10 septembre 1419. Quand le 21 octobre 1422, Charles VI meurt seul dans un Paris anglais, deux mois après Henri V, deux prétendants s'opposent : Henri VI (huit mois), reconnu dans la moitié nord de la France, et Charles VII (dix-neuf ans), qui tient dans le sud du pays

 "L'assassinat du duc d'Orléans". "Nuit	de	24	Octobre	1415,	les	chevaliers	français	se	reposent	avant	la	bataille	d'Azincourt". "La	France	après	le	traité	de	Troyes".
 "L'assassinat du duc d'Orléans". "Nuit	de	24	Octobre	1415,	les	chevaliers	français	se	reposent	avant	la	bataille	d'Azincourt". "La	France	après	le	traité	de	Troyes".
 "L'assassinat du duc d'Orléans". "Nuit	de	24	Octobre	1415,	les	chevaliers	français	se	reposent	avant	la	bataille	d'Azincourt". "La	France	après	le	traité	de	Troyes".

"L'assassinat du duc d'Orléans". "Nuit de 24 Octobre 1415, les chevaliers français se reposent avant la bataille d'Azincourt". "La France après le traité de Troyes".

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Charles VII Le Victorieux (1403-1461)

 

Le roi de Bourges En 1417, deux ans après le désastre d'Azincourt qui a ouvert la France aux Anglais. Le cinquième fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière rassemble les droits successoraux et reste seul héritier.

Le dernier survivant de ses frères aînés vient en effet de mourir à l'âge de dix-huit ans. Le nouveau dauphin, né à Paris le 22 février 1403, devient, en 1422 le roi Charles VII.

Sa vie et son règne ont été tissés de contrastes. En 1418, quand les Bourguignons s'emparent de Paris, il n'a que quinze ans. Le prévôt des marchands de la Ville assure sa fuite.

Déshérite en 1420 par le traité de Troyes, qui donne la France au roi d'Angleterre, gendre de Charles VI, il réussit à maintenir, au sud de la Loire, une «France française ».

Deux ans plus tard, à la mort de son père, il s'y proclame roi de France. Ses ennemis l'appellent, par dérision, le « roi de Bourges ». Mais la résistance d'Orléans, à partir d'octobre 1428, va être le signal du redressement.

Jeanne la pucelle

En 1429, sous la conduite de Jeanne d'Arc, qui à Chinon, l'a reconnu solennellement comme le vrai roi de France, Charles VII arrive à Reims et s'y fait sacrer.

Puis, après la disparition de la Pucelle, il dirige la lutte contre les Anglais et la reconstruction du royaume de France. Dès 1418, un magistrat lyonnais, venu le saluer à Bourges, où il arrivait discerne en lui un esprit de résolution : «Est seigneur de grand cœur qui, quand a dit une chose, la veut.»

Sachant s'entourer de bons collaborateurs, il est entré dans l'Histoire avec un double surnom : «le Victorieux" et «le Bien-Servi ».

Sa méthode est claire, d'abord, il rompt l'alliance anglo-bourguignonne, et dote son armée d'une excellente artillerie après avoir rendu la taille (l’impôt) pratiquement permanente, obligeant les états généraux à renoncer au vote des impôts car l'argent est indispensable pour que l’effort militaire soit mené a terme.

La fin de la guerre de cent ans

Puis viennent ses victoires sur les Anglais à partir de 1436, la rentrée triomphale à Paris en novembre 1437.

La Taille est un impôt direct qui a pour but de faire contribuer les communautés villageoises aux charges de la seigneurie, en compensation de la protection accordée.

Après la victoire de Castillon en 1452 et la capitulation de Bordeaux, seul Calais reste aux mains des Anglais.

Pour aider l'agriculture, Charles VII exempte de taille tous ceux qui défrichent des terres abandonnées. Pour empêcher que sa volonté ne soit mise en échec, il double le Parlement de Paris de parlements provinciaux et nomme de bons magistrats.

En 1438, par la Pragmatique Sanction de Bourges, il prend en main l'Église de France, restreignant le droit du pape à y puiser des ressources. Enfin, avec Jacques Cœur, Il favorise marine et commerce : la présence économique française se manifeste sur les rives du Maghreb et sur celles de la Méditerranée orientale.

Il meurt le 22 Juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre.

Jacques Cœur, est un marchand français, devenu négociant-banquier et armateur. Il fut l'un des premiers Français à établir et entretenir des relations commerciales

 

Jeanne	d'Arc,	surnommée	la	Pucelle	d'Orléans	insuffle	aux	soldats	français	l'énergie	pour	reprendre	 Orléans	aux	anglais	-

Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans insuffle aux soldats français l'énergie pour reprendre Orléans aux anglais -

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Louis  XI Le Prudent (1423-1483)

 

Un roi médiéval et moderne Ce Valois, si injustement diffamé, compte parmi nos plus grands rois, souverain à la fois médiéval et moderne.

Né le 3 juillet 1423, à Bourges, le petit Louis est physiquement très disgracié, malade de l'estomac et de l'intestin comme tous les Valois, il est, à l'opposé de ses prédécesseurs, le contraire d'un roi-chevalier.

De pauvre apparence (Philippes de Commynes, son précieux conseiller, disait de lui qu'il était «humble en paroles et en habits »), il vit chichement avec des équipages mesquins et préfère les «gens de moyen état», avec qui il aime banqueter, aux grands, qui «peuvent se passer de lui».

Ses plaisirs se limitent semble-t-il à la chasse et aux femmes ! Inquiet de tempérament, il ne tient pas en place. II est toujours sur les routes et fait de rares séjours à Amboise, où vit la reine Charlotte de Savoie, qui lui a donné sept enfants.

Louis XI, fils et successeur de Charles VII est surtout un grand homme politique, à l'esprit sûr et retors à la fois, fin diplomate, ayant le goût du travail et une haute idée de son métier de roi auquel il se dévoue totalement.

Philippes de Commynes l'appelle «l'universelle araignée» car il tend partout ses fils pour prendre ses adversaires ou se faire des amis qu'il n'hésite pas à acheter à prix d'or s'il juge cela nécessaire à sa politique. On l'a dit avare, alors que sa générosité est proverbiale, mais il achète plus volontiers une province qu'un bonnet neuf.

Il est par contre avare du sang de ses hommes. Ses détracteurs le montrent cruel, alors qu'il applique les méthodes répressives de son époque. Il est très autoritaire et même dur, car dit-il à son fils, «en matière d'affaire d'Etat, on n'attend pas que le crime soit commis pour le punir, on le prévient".

Plus diplomate qu’homme de guerre, capable de s'humilier dans les moments difficiles, il essaie d’éviter les batailles par des négociations et des accords qu'il n'a aucun scrupule à violer, poursuivant obstinément ses buts : unifier et agrandir la France.

Louis XI s'est initié aux affaires de l'Etat, à l'administration et à la politique en gouvernant son apanage du Dauphiné, avant d'être sacré à Reims le 15 août 1461. Pendant ces années, le dauphin a comploté contre son père, qu'il déteste. Chef d'une révolte féodale, il avait dû se réfugier en Dauphiné, puis avait demandé asile à son oncle Philippe le Bon, duc de Bourgogne, ce qui avait fait dire à Charles VII : «Mon cousin de Bourgogne nourrit le renard qui mangera ses poules», prophétie qui se réalisera.

La première tâche de Louis XI lors de son avènement est de se débarrasser des fidèles serviteurs de son père et d'appeler auprès de lui des bourgeois pour mener son oeuvre : renforcement de l'autorité royale, lutte contre les «princes», essor économique et liquidation de la guerre de Cent Ans en même temps qu'agrandissement du royaume.

Le pouvoir sans partage de Louis XI

Louis XI exerce un pouvoir absolu et personnel pendant vingt-deux ans et entend faire respecter son autorité tant par les nobles et le clergé que par le peuple : tous sont ses sujets et doivent se soumettre à sa volonté. Pour cela, il renforce la justice, contrôle l'Eglise et établit, pour la première fois en France, l'impôt permanent.

Il s'entoure de conseillers avec qui il travaille en petit comité, se tenant au courant de ce qui se passe dans le royaume qu'il parcourt infatigablement. En revanche, il augmente l'autorité des parlements (c'est-à dire des cours de justice), notamment du parlement de Paris ; les décisions de ce dernier deviennent obligatoires pour tous les tribunaux du Royaume, dont le nombre est accru (création des parlements de Grenoble, de Beaune, puis de Dijon et de Bordeaux).

De même, Louis XI renforce son contrôle sur l'Eglise en limitant le rôle de la papauté dans le choix des évêques, dont il apprécie plus la docilité que les vertus. A l'égard de Rome, il abroge d'abord la pragmatique sanction de Bourges, en 1461, puis en rétablit l'application, avant de lui substituer le Concordat de Tours, conclu avec Sixte IV en 1472.

Mais le roi ne se contente pas d'imposer son autorité et de faire taire les opposants éventuels en les faisant jeter en prison par des juridictions d'exception, il se donne aussi les moyens financiers d'une administration moderne et d'une politique extérieure dynamique requérant une armée permanente.

Pour cela il inaugure la solution de l'impôt permanent. Cette fiscalité, qui n'a plus à être votée par les états, se compose de trois impôts qui, jusqu'en 1789, vont fournir l'essentiel des ressources de la monarchie : les aides d'abord, payées sur la vente des marchandises, la gabelle sur le sel, et la taille, l'impôt direct levé sur la fortune des roturiers (le clergé et les nobles en étant exempts). La levée de la taille, que Louis Xl quadruple pendant son règne, se fait dans le cadre d'une circonscription administrative nouvelle, la généralité, avec, à sa tête, un général des finances.

Enfin, l’autorité de Louis XI s'affirme dans le domaine économique ; la paix avec l'Angleterre lors du traité de Picquigny en 1475 et la renaissance des campagnes françaises permettent un essor encore accentué par des mesures protectionnistes : renouvellement des privilèges de la foire de Lyon, création de l'industrie de la soie à Lyon, puis à Tours, stimulation de l'exploitation des mines (ordonnance de 1471), création de routes et aussi de tunnels, comme celui du mont Viso en 480.

Louis XI et la Politique

La politique de Louis XI est dominée par sa lutte contre la Maison de Bourgogne : en 1463, il rachète au duc Philippe le Bon les villes de la Somme que Charles VII avait cédées en 1435 pour mettre fin à l'alliance anglo-bourguignonne ; mais, dès 1465, le prince héritier de Bourgogne, Charles le Téméraire, attaque la France : le roi est obligé de rendre ces mêmes villes.

En 1467, Charles succède à son père, et, en 1468, il épouse la soeur du roi d'Angleterre, ce qui fait craindre un rebondissement de la guerre de Cent Ans, terminée depuis 1453. Louis se rend donc à Péronne en 1468, pour négocier avec son adversaire ; mais à peine est-il arrivé qu'on apprend la révolte de Liège soulevée contre le duc par les émissaires du roi. Louis s'en tire en aidant le Téméraire à réprimer la révolte liégeoise et en lui promettant de donner la Champagne en apanage à son frère Charles de France, gagné à la cause bourguignonne.

Redevenu libre, le roi donne à son frère non la Champagne, mais la Guyenne, puis, en 1471, il déclenche la guerre contre la Bourgogne en envahissant la Picardie. Une mêlée diplomatique et militaire s'ensuit durant six ans.

En définitive, la France annexe la Picardie et la Bourgogne après la mort du Téméraire. L'autre grand terrain d'action de Louis XI a été les rives de la Méditerranée, en prolongement de la politique suivie par les Capétiens, puis par Charles VII

En 1462-1463, il fait occuper par ses troupes le Roussillon, qui appartient au roi d'Aragon, sous prétexte d'aider ce prince contre la Catalogne révoltée, puis il transforme l'occupation en annexion, ce qui entraîne un soulèvement roussillonnais contre les Français et leur expulsion en 1473 ; mais, de 1473 à 1475, l'armée de Louis XI reconquiert le Roussillon, qui devient donc français pour une vingtaine d'années (en 1493, Charles VIII devra le restituer).

D'autre part, Louis XI fait pression sur ses cousins d'Anjou, descendants de Louis d' Anjou (frère de Charles V), pour qu'ils lui laissent à leur mort non seulement leurs apanages (ce qui est la loi) mais aussi leurs possessions étrangères.

L'un d'eux, René d'Anjou, est comte de Provence et roi « in partibus » de Naples ; sa progéniture en ligne masculine étant éteinte, il a comme héritier son neveu, Charles du Maine, qui n'a pas d'enfant. René meurt en 1480, Charles en 1481.

La Provence passe au roi de France : le royaume atteint les Alpes-Maritimes, Marseille devient le grand port français, ce qui complète et scelle la politique économique de Louis XI.

Celui-ci meurt le 30 août 1483, confiant la France à sa fille, Anne de Beaujeu, la soeur aîné du roi mineur, Charles VIII.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
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Anne De Beaujeu (1461-1522)

 

Son père, Louis XI disait qu' « elle était la moins folle femme de France, car de sage il n'en était point ».

En fait, Anne de France née à Genappe, près de Bruxelles, sans doute en avril 1461, elle la fille aînée de Louis XI et de sa seconde femme, Charlotte de Savoie.

Anne possède une grande intelligence politique. De plus, elle est belle, surtout par comparaison avec sa soeur Jeanne, pauvre princesse contrefaite. Louis XI la marie à treize ans avec un Bourbon de la branche cadette, Pierre de Beaujeu alors âgé de 35 ans.

Prévoyant sa mort, le vieux roi décide de confier à Anne le gouvernement du royaume jusqu'au jour où son fils Charles VIII, sera capable de se passer de tutelle.

Louis XI décède le 30 août 1483, et celle qu'on allait surnommer « Madame la Grande » doit faire face à une situation difficile, ayant à compter avec l'ambition des vassaux les plus puissants, en particulier Louis d'Orléans, le mari de sa soeur Jeanne. Celui-ci brigue la régence du royaume. Heureusement, Anne trouve un ferme appui en la personne de son mari.

Louis d'Orléans, le futur Louis XII demande la convocation des états généraux, avec l'espoir d'obtenir la régence du royaume, et les états se réunissent à Tours. Madame écoute leurs doléances, compose avec eux sur des points de détail, puis renvoi les députés chez eux. Fort déçu, Louis d'Orléans cherche des appuis ailleurs et s'allie contre la France avec le duc François de Bretagne.

La «Guerre folle» ainsi commencée, Anne envoi en Bretagne une armée, commandée par La Tremoille. La victoire est acquise à Saint-Aubin-du-Cormier au cours du mois juillet 1488 et Louis d'Orléans est fait prisonnier.

Cette même année, le sire de Beaujeu perd ses deux frères et devient ainsi chef des Bourbons. A la mort du duc de Bretagne, Madame la Grande réussit à marier la fille et héritière de celuici, Anne à Charles VIII. C’est là un succès diplomatique pour les Beaujeu.

A cette date, Charles VIII, ayant dépassé ses vingt ans, n'a plus besoin de tuteurs. Le nouveau duc de Bourbon et sa femme se retirent donc dans leur domaine à Moulins. La, les Beaujeu jouent les mécènes. Madame aime les livres, les tableaux, les tapisseries.

Elle doit cependant reprendre son rôle de régente tandis que le jeune roi fait la guerre en Italie.

La mort accidentelle de Charles VIII, à Amboise, puis la répudiation de sa sœur Jeanne par le nouveau roi Louis XII sont pour elle de nouvelles causes de tristesse.

Après la mort de son mari le 10 octobre 1503, Madame mari sa fille Suzanne au connétable Charles de Bourbon, qui va devenir le plus riche seigneur du royaume et dont elle prend le parti contre Louise de Savoie.

Elle vit alors assez retirée à Moulins et à Gien et meurt dans la forteresse de Chantelle, le 14 novembre 1522.

Anne de France, appelée aussi Anne de Beaujeu, assure la régence du royaume de France par deux fois : à la mort de son père, le roi Louis XI, le 30 Août 1483, puis lorsque Charles VIII, son frère part guerroyer en Italie.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Charles VIII L’Affable  (1470-1493)

 

Fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né à Amboise le 30 juin 1470 Charles VIII monte sur le trône à l'âge de treize ans et est placé sous la tutelle de sa sœur aînée, Anne, mariée à Pierre de Beaujeu.

Jusqu'en 1492, le Jeune roi n exerce qu’une autorité nominale, même s'il préside les états généraux de Tours et de Rouen en 1484, avant d'être sacré à Reims le 31 mai de la même année. II participe ensuite à la lutte contre les coalitions féodales en Guyenne en 1487 et surtout en Bretagne, qui apparaît alors comme un véritable Etat indépendant.

A cette occasion Charles VIII fait pour la première fois acte d'autorité personnelle en signant la paix de Sablé en aout 1488, avec le duc François II, peu avant la mort de celui-ci.

Deux ans plus tard, il mène une seconde campagne en Bretagne, assiège Rennes et obtient de la duchesse Anne qu'elle renonce, pour l'épouser, à ses fiançailles avec Maximilien Ier d'Autriche. Par cette union, célébrée le 6 décembre 1491, la Bretagne est rattachée à la France.

Ce mariage marque la fin de l'influence des Beaujeu. Charles VIII a désormais vingt-deux ans et entend gouverner lui-même avec ses conseillers, Guillaume Briçonnet et Etienne de Vesc.

Le jeune roi a longtemps été critiqué par les historiens, qui ont voulu voir en lui un être d'une imagination maladive, entêté, féru de romans de chevalerie et responsable d'une déviation de la politique monarchique en lançant la France dans l'aventure italienne, au prix de lourdes concessions territoriales.

En réalité Charles VIII qui, tout en étant de constitution fragile, excelle dans les exercices physiques, adore la chasse et la guerre et mènera à l'intérieur une politique sage et modérée.

A l'extérieur, s'il tient à intervenir en Italie, il se heurte à une situation très difficile. Les affaires de Bretagne n'ont été que la manifestation d'une coalition groupant contre la France le roi d'Angleterre, Henri VII Tudor, Ferdinand d'Aragon et surtout Maximilien Ier d'Autriche, qui n'a pas renoncé a l’héritage de son beau-frère, Charles le Téméraire.

Avec Maximilien, les dissensions sont encore aggravées par la rupture des fiançailles conclues entre sa fille et Charles VIII, à la suite du mariage du roi avec Anne de Bretagne, laquelle devait, elle-même, épouser Maximilien.

Pour désarmer ses adversaires, Charles VIII se résigne à d'importantes concessions. II accorde une indemnité financière à Henri VII en échange de l’abandon du siège de Boulogne. Il rétrocède le Roussillon à Ferdinand d' Aragon et, par le traité de Senlis en 1493, il laisse à Maximilien l'Artois, le Charolais et la Franche-Comté. Ces décisions lui donnent les mains libres en Italie et assurent à la France vingt ans de sécurité.

Charles VIII meurt, à 27 ans, le 7 avril 1498 au château d'Amboise, après avoir violemment heurté du front un linteau de pierre en allant assister à une partie de jeu de paume.

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Louis  XII (1462-1515)

 

Surnommé « Le père du peuple » Une tête petite et pointue, des yeux saillants, une figure maigre, tel apparaissait Louis XII à ses contemporains.

Fils du poète Charles d'Orléans et de Marie de Clèves, arrière petit-fils de Charles V, Louis XII est né le 27 juin 1462, à Blois.

En 1465, il succède à son père comme duc d'Orléans. Le roi Louis XI, dans l'espoir de mettre la main sur la maison d'Orléans, l'oblige à épouser sa fille, Jeanne de France, boiteuse et contrefaite. Cet acte n'est pas étranger à l'attitude que le duc adopte à la mort du roi. Il veut disputer la régence aux Beaujeu, pendant la minorité de Charles VIII.

Après avoir conclu des alliances avec le fils de l'empereur Maximilien et le roi d'Angleterre Henri VII, il prend la tête de l'opposition féodale.

Mais la "Guerre folle" tourne à sa confusion. Battu en Bretagne, à Saint-Aubin-du -Cormier, par l’armée envoyée par la régente Anne de Beaujeu, Louis XII est fait prisonnier.

Après trois années de détention, il est libéré par Charles VIII, qui le nomme gouverneur de la Normandie, avant de l'emmener avec lui au cours de la première campagne d'Italie en 1494.

A la mort de Charles VIII en 1498, la branche aînée des Valois est éteinte et le duc d'Orléans devient roi, Louis XII s'empresse alors de faire annuler son mariage par Rome et d'épouser la veuve du roi, Anne de Bretagne, prolongeant ainsi l'union du duché de Bretagne avec la France.

Il ne montre nulle rancune à l'égard de ses anciens adversaires, estimant que "le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d'Orléans".

Pour l'heure celui qui laissera le souvenir d'un roi sage et d'un excellent administrateur subit la séduction de l'Italie. Louis XII entend faire valoir les droits qu'il tient de sa grand-mère, Valentine Visconti, sur le Milanais, qu'il conquiert par la victoire de Novare en 1500, après une première tentative manquée.

Simultanément, un traité de partage conclu avec le roi d'Aragon donne Naples au roi de France, tandis que l'Espagne s'installe en Calabre et dans les Pouilles.

Ces succès vont se révéler sans lendemain. La rupture survient entre la France et l'Aragon et, en dépit des exploits de Bayard et de La Palice, Naples est perdue. Louis XII, malade, doit alors signer en septembre 1504 le désastreux traité de Blois.

Non seulement, il renonce à Naples, mais, sous l'influence de sa femme, il consent aux fiançailles de sa fille Claude avec Charles d'Autriche, qui deviendra Charles Quint, et lui accorde en dot le Milanais, Gênes, la Bourgogne et la Bretagne.

Heureusement, le roi ne tarde pas à se ressaisir. En 1506, les états généraux de Tours annulent le traité de Blois et Claude de France épouse le comte d'Angoulême, héritier présomptif du trône. L'intégrité du royaume est préservée: l'œuvre de Louis XII et d'Anne de Beaujeu est sauvée.

Au lendemain des états généraux de Tours, Louis XII se laisse à nouveau entraîner dans l'aventure italienne. Après avoir réprimé une révolte des Génois en 1507, il entre, avec le pape Jules II, dans la ligue de Cambrai dirigée contre Venise, dont les ambitions inquiètent l'Europe occidentale.

A la tête d'une armée composée de contingents nationaux, le roi franchit à nouveau les Alpes et remporte sur les Vénitiens la victoire d'Agnadel, qui lui redonne le Milanais en 1509. Mais, inquiet et diplomate consommé, Jules II se réconcilie avec Venise. Rompant avec Louis XII, dont «il ne veut pas être le chapelain » il conclut une alliance contre la France.

Constituée en octobre 1511, la «Sainte Ligue » comprend Venise, les Suisses, et même le roi d'Angleterre. Louis XII semble d'abord l'emporter. Grâce au talent militaire de Gaston de Foix, il occupe Bologne, Brescia et remporte, en 1512, la bataille de Ravenne.

Mais Gaston de Foix y trouve la mort et sa disparition donne le signal des défaites, d'autant plus que l'empereur Maximilien Ier adhère à la coalition. Le conflit prend même un caractère religieux et Jules II jette l'interdit sur le royaume de France.

En juin 1513, après la défaite de Novare, les Français perdent le Milanais et les Suisses menacent un instant Dijon.

Malgré la victoire anglaise de Guinegatte en août 1513, Louis XII réussit à conclure la paix avec l'Angleterre.

Veuf d'Anne de Bretagne, il épouse la sœur d'Henri VIII, Marie d’Angleterre le 9 octobre 1514.

Les échecs extérieurs n'ont, en fait, que peu de répercussions sur la vie intérieure du royaume, qui bénéficie d'un calme et d'une prospérité exceptionnels. Le roi exerce une autorité patriarcale et entend être obéi, même s'il tolère les luttes d'influence menées autour de favoris comme le cardinal d'Amboise ou le maréchal de Gié.

Louis XII veille à la stricte exécution des ordonnances, améliore le fonctionnement de la justice, créant les parlements de Bourgogne et de Normandie, insistant sur l' «abréviation des procès » Il multiplie encore les ordonnances contre les excès des gens de guerre entretenus par les féodaux.

Si les états généraux restent exceptionnels, la population est fréquemment consultée par l'intermédiaire des assemblées de bailliages. Un seul point noir : les finances.

A la fin du règne, il faut recourir aux emprunts et aux ventes d'offices. Les impôts ne sont cependant pas augmentés. Cette modération explique le jugement d'un chroniqueur : « il y a cinq cents ans qu'il ne connaît en France si bon temps qu'il fait à présent. »

Louis XII meurt le 1er janvier 1515. Sans héritier direct, il laisse la couronne à son cousin et gendre François d'Angoulême, qui prend le nom de François Ier.

Charles Quint, et Gaston de Foix
Charles Quint, et Gaston de Foix

Charles Quint, et Gaston de Foix

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
François Ier étant jeune , né sous le nom de François d'Angoulême

François Ier étant jeune , né sous le nom de François d'Angoulême

1515, La bataille de Marignan

1515, La bataille de Marignan

François 1er (1) (1494-1547)

 

Le roi est mort, vive le roi A la mort de Louis XII le 1er janvier 1515, la couronne passe à son cousin, François d'Angoulême.

Né le 12 septembre 1494, à Cognac, le nouveau roi a vingt ans. Il a été élevé par sa mère, Louise de Savoie, femme passionnée et ambitieuse qui adule son fils, son «César».

Grand, élégant, de goût chevaleresque, François Ier est le type même du gentilhomme accompli, galant, magnifique, prodigue, qui excelle aussi bien à la guerre qu'à la paume, à la chasse ou au tournoi.

Le roi possède une intelligence rapide qui fait de lui le plus aimable causeur du royaume. Son extrême curiosité le rend parfois un peu superficiel mais le porte à s'occuper des affaires du royaume.

Si, dans son métier de roi, il sait masquer sa pensée, il est à l'ordinaire gai et confiant. Le goût de la magnificence, le sentiment du beau font de lui le protecteur des lettres et des arts, le patron des humanistes. Il fonde le groupe des «lecteurs royaux », chargés d'enseigner le grec et l'hébreu, en attendant le Collège de France en 1530.

François Ier attire des artistes comme Benvenuto Cellini, le Primatice ou Léonard de Vinci. Grand constructeur, il fait bâtir Chambord, Saint-Germain-en-Laye, Villers-Cotterêts, ainsi que le château de Madrid, à Neuilly

Le règne de François Ier marque le début de la vie de cour en France.

.Réunissant plusieurs milliers de personnes, cette cour est encore itinérante. Délaissant le vieux Louvre, elle va de ville en ville, de château en château, Fontainebleau, Amboise, Blois, Chenonceaux, Chambord. L'existence n'y est qu'un déploiement de jeux et de plaisirs : chasses, joutes, tournois alternent avec les bals, les concerts, les représentations théâtrales.

Les femmes y tiennent une grande place : la reine-mère Louise de Savoie, la soeur du roi, la charmante et habile Marguerite de Navarre, sans compter les favorites, telles la comtesse de Châteaubriant ou la duchesse d'Etampes. La jeune reine Claude (1499-1524), fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, épousée à quinze ans, vit à côté de lui, douce et discrète, lui donnant sept enfants. En second mariage, François Ier épouse en 1530, Eléonore d'Autriche (1498-1558), soeur de Charles Quint.

La cour devient un instrument de règne. A côté des grands officiers chargés des services administratifs, chancelier, connétable, grand-amiral, on y trouve les serviteurs du roi, chambellan, écuyer, veneur, recrutés dans la haute noblesse, qui cesse ainsi de conspirer.

La cour renforce l'autorité d'un roi qui entend être obéi. La formule inscrite au bas des ordonnances : «Car tel est notre bon plaisir », est révélatrice d'un pouvoir qui se veut déjà absolu et annonce celui de Louis XIV.

François Ier, roi véritablement absolu

Fastueux, ami des arts et des lettres, François 1er est également le premier roi véritablement absolu, faisant sienne la formule «Tout ce qui plaît au prince est sa loi».

Le triomphe de l'absolutisme se marque par la disparition des états généraux, qui ne sont plus convoqués, et par le développement du pouvoir central. Si le roi conserve de grands officiers, le Conseil royal se divise en sections spécialisées, et des secrétaires d'Etat, annonçant les ministres, seront créés la dernière année du règne.

Toutes les grandes décisions sont prises désormais au Conseil des affaires, composé de favoris comme le chancelier Duprat, le connétable de Montmorency, le cardinal de Tournon.

«Le roi ne prend aucune décision, il ne fait aucune réponse qu'il n'ait écouté leur conseil ; en toute chose, il s'en tient à leur avis.» Mais, autoritaire sous des dehors débonnaires, François 1er n'hésite pas à se séparer d'un conseiller quand celui-ci a perdu sa confiance.

La justice royale continue à se développer, favorisée par des grandes ordonnances, comme celle de Villers-Cotterêts, en 1539, qui impose l'usage de la langue française aux différentes juridictions des provinces, prévôtés, bailliages, sénéchaussées, parlements. Le Parlement de Paris couronne l'édifice. A la faveur de l'enregistrement des édits, il use de son droit de remontrances, c'est-à-dire le droit de présenter des observations au roi. François 1er veille à ce qu'il ne se transforme pas en un pouvoir législatif rival du sien.

Il n'hésite pas à briser l'opposition du Parlement. A l'occasion de l'enregistrement du concordat de 1516, le roi rappelle durement aux conseillers « qu'il est leur maître auquel ils sont tenus d'obéir ». Le pouvoir royal a, cependant, son point faible : les finances. En dépit de l'apparition du Trésor de l'épargne et du Conseil des finances, on persiste à distinguer les revenus ordinaires du domaine, les revenus extraordinaires assurés par l'impôt et les expédients procurés par les gens de finance.

Excédé de leur rapacité, François 1er se décidera à faire un exemple. C'est ainsi qu'il fera arrêter et exécuter Semblançay en 1527. En fait, toute une partie de la richesse mobilière échappe à la monarchie et pour atteindre la fortune de la bourgeoisie, le roi est obligé de recourir à l'emprunt ou à la vénalité des offices, c'est-à-dire à la vente des charges d'agent de l'Etat. La monarchie renforce ainsi son contrôle sur la société.

Par l'achat d'offices ou de privilèges, la bourgeoisie entre au service de la royauté et constitue une noblesse de robe, à côté de la noblesse d'épée. Le concordat de 1516, enfin, en accordant au roi le droit de nommer évêques et abbés, renforce l'emprise royale sur le clergé. Sous François 1er, la France fait déjà figure d'Etat moderne, centralisé et puissant.

Derrière l'éclat de la cour et le renforcement de l'absolutisme, le problème clé du règne de François Ier a été, sans aucun doute, le duel sans merci livré à la Maison de Habsbourg. Tout commence pourtant sous les meilleurs auspices. Dès son avènement, le roi, âgé de vingt ans, ne songe qu'à reconquérir son «héritage» milanais, perdu par Louis XII.

A la tête d'une des meilleures armées du temps, il franchit les Alpes et écrase les Suisses à Marignan les 13 et 14 septembre 1515. Toute l'Italie cède. Le pape signe le concordat de Bologne (1516).

Les Suisses concluent une «paix perpétuelle» et, au traité de Noyon, François Ier garde le Milanais et reconnaît le royaume de Naples au jeune roi d'Espagne. Les guerres d'Italie semblent terminées et la paix établie en Europe.

En réalité, cette paix ne va pas durer cinq ans et la rupture intervient lors de l'élection impériale. Charles de Habsbourg, qui règne déjà sur l'Espagne, les Pays-Bas, la FrancheComté, Naples et l'Amérique, pose sa candidature à l'empire. Pour éviter une élection désastreuse, François Ier se porte candidat à son tour. Après cinq mois de marchandages éhontés, le roi d'Espagne est élu : on le nommera dorénavant Charles Quint. Dès lors, la France se trouve menacée d'encerclement, d'autant plus que l'empereur réclame la Bourgogne en tant que descendant de Charles le Téméraire.

Le conflit est inévitable. Coupé de trêves, il se prolongera pendant près de quarante ans. La guerre débute en 1521 dans les plus mauvaises conditions. La France est isolée.

Au Camp du Drap d'or, François Ier n'a pu obtenir l'alliance d'Henri VIII d'Angleterre, qui s'est rapproché de Charles Quint. La lutte se déroule sur trois fronts. Le nord de la France est envahi par les Anglais, l'est menacé par les Impériaux et, en Italie, le Milanais est perdu.

 

 

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589
Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Henri II (1519-1559)

 

En 1547, Henri II, fils de François Ier et de Claude de France, né le 31 mars 1519 à Saint-Germain-enLaye, hérite du royaume le plus puissant et le plus homogène de l'Europe occidentale.

Le nouveau souverain n'a pas la grâce et la majesté de son père. Le portrait laissé par Clouet révèle un homme secret, inquiétant même. En fait, Henri II est grand, robuste, adore la chasse et les exercices violents.

A la cour, il subit plus qu'il ne maîtrise les luttes d'influence que se livrent les Montmorency et les Guise. Dans sa vie privée, il s'efforce de concilier l'amour passionné que lui voue sa femme, Catherine de Médicis, qu'il a épousée en 1533, et l'emprise qu'exerce sur lui Diane de Poitiers.

En définitive, c'est un roi à la personnalité sombre, non dépourvue d'orgueil et de rancune.

Au début, la tâche la plus importante est la poursuite de la lutte contre les Habsbourg, commencée sous François 1er. Le moment semble favorable.

Charles Quint se heurte à de sévères difficultés dans les Pays-Bas et à l'extension croissante du luthéranisme en Allemagne. Cette situation incite Henri II à conclure, en 1551, le traité de Lochau avec les princes protestants.

En échange de subsides, le roi est autorisé à occuper les «Trois Evêchés», Metz, Toul et Verdun, qui offrent l'avantage de protéger la route de Paris. Cette mainmise entraîne une reprise de la guerre ; la lutte se déroule à nouveau en Italie et dans l'est de la France. L'empereur met le siège devant Metz, défendu par le duc de Guise, mais la tentative se solde, en janvier 1553, par un recul humiliant pour les Impériaux.

Charles Quint conclut la trêve de Vaucelles avec la France en 1556, puis partage ses Etats entre son frère Ferdinand et son fils Philippe II, avant d'abdiquer.

Ce retrait incite Henri II à reprendre la guerre. Mais, en Italie, une expédition à destination de Naples échoue, tandis que Philippe II envahit le nord de la France, remporte l'éclatante victoire de Saint-Quentin le 10 août 1557 et pousse jusqu’à Noyon.

La situation est rétablie parle duc de Guise, qui réussit à reprendre Calais aux Anglais. Lassés par un conflit interminable, les belligérants se décident à traiter au Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559.

La France renonce à l'Italie, à la Savoie, à la Bresse et au Bugey, mais conserve Calais ainsi que les "Trois-Evêchés» par un accord tacite. En gage de réconciliation, Philippe II épouse la fille d'Henri II, Elisabeth.

Si celui-ci s'est décidé à la paix, c'est surtout pour des raisons de difficultés intérieures : il veut renforcer l'absolutisme et briser les progrès du protestantisme.

Ce sont les difficultés d'ordre intérieur qui ont amené, en grande partie, Henri II à mettre fin au conflit avec l'Espagne et à signer la paix de Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559.

Certes, Henri II a poursuivi la politique de son père, François 1er, et n'a cessé de renforcer l'absolutisme.

Peu de rois de France bénéficieront d'une telle autorité. Les états généraux ne sont plus réunis. A la tête du gouvernement, le conseil des Affaires joue le rôle essentiel et la spécialisation, des fonctions répond à la concentration des pouvoirs.

Henri Il crée ainsi quatre secrétaires d'Etat dont le travail est réparti géographiquement : chacun d'eux s'occupe d'une portion du royaume. Par la suite, ils deviendront les ministres de la monarchie. En province, le roi inaugure l'envoi d'inspecteurs extraordinaires, les commissaires départis, qui deviendront les intendants chargés de surveiller les gouverneurs.

Pour renforcer l'organisation judiciaire, Henri II est encore à l'origine de la création de soixante présidiaux, qui s'intègrent entre les tribunaux de bailliage et les parlements.

Le point faible reste les finances et le déficit est de règle. Aussi le roi doit-il recourir à des emprunts (1548 et 1555) et à la vente d'offices, qui tendent à devenir héréditaires.

Indépendamment de ces difficultés financières, le problème le plus grave pour la monarchie est alors la montée du protestantisme. Catholique rigide, tenant les huguenots pour des adversaires de l'autorité royale, Henri II pratique une persécution méthodique dès le début de son règne.

De 1547 à 1559, la Chambre ardente, instituée au Parlement de Paris, prononce près de 500 condamnations, dont 60 à mort. Ces rigueurs ne réussissent nullement à freiner le développement de l'hérésie. Il en est de même des édits royaux comme celui de Châteaubriant en 1551, qui promet aux dénonciateurs les biens confisqués, ou celui de Compiègne en 1557, qui ne prévoit plus, à l'égard des hérétiques, qu'une seule peine : la mort.

Dès 1555, les calvinistes créent les premières églises. En 1559, ces églises sont au nombre de 72 et le premier synode protestant a lieu à Paris. Deux ans plus tard, on compte près de deux mille églises réformées dans le royaume.

Le calvinisme occupe alors de solides positions dans l’ouest, le Midi et à Paris. Il compte des artisans, des bourgeois et un grand nombre de nobles qui vont en faire un parti politique et militaire.

Au moment où Henri Il meurt accidentellement le 1O juillet 1559, d'une blessure reçue lors d'un tournoi donné en l'honneur du mariage de sa fille aînée avec Philippe Il d'Espagne, les guerres de Religion paraissent inévitables, d'autant plus que le nouveau roi, François Il, n'a que quinze ans et que la régence de sa mère, Catherine de Médicis, s'impose.

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François  II (1544-1560)

Un jeune roi malade

 

A la mort d'Henri II en 1559, son fils, François II, né le 19 janvier 1544, appelé à lui succéder est majeur. Mais le jeune souverain n'a que quinze ans. Son enveloppe physique d'adolescent maladif et trop grand, cache un esprit déséquilibré, une timidité coupée de sombres fureurs.

Son inexpérience, plus encore que la faiblesse de sa santé (sa grosse tête, ses membres grêles, ses abcès toujours renaissants, révèlent son rachitisme), l'empêche d'exercer lui-même le pouvoir.

A un moment où la reine mère, Catherine de Médicis, reste encore habilement confinée dans son effacement, c'est son épouse, la reine Marie Stuart (1542-1587), qui, méprisant la «banquière », la «marchande», désigne les deux hommes appelés à gérer les affaires au nom de François II.

Il s'agit de ses deux oncles, durs et subtils, François et Charles de Lorraine, appartenant à la puissante famille des Guise.

A peine au pouvoir, les Guise s'empressent d'écarter tous les conseillers et les favoris du règne précédent. Ils s'aliènent ainsi les puissantes familles des Montmorency et des Bourbons. Les persécutions contre les protestants, les «mal-servans» de la religion, continuent avec une vigueur nouvelle.

Rapidement, une étrange alliance se noue contre la tyrannie des Guise. Elle réunit Antoine de Bourbon, le prince de Condé et plusieurs chefs protestants. La conjuration, qui finit par grouper près de cinq cents gentilshommes, doit, à l'occasion d'un séjour de la cour à Amboise, libérer le roi de son entourage, rétablir l'autorité des grands et déboucher sur une détente religieuse.

Mais le complot est éventé et la réaction des Guise est rapide et brutale. Le «tumulte» d'Amboise en mars 1560 se solde par une sévère répression qui épargne cependant les membres de la haute noblesse.

La conjuration, qui traduit l'influence dangereuse exercée par les Guise, donne à Catherine de Médicis l'occasion de renforcer son influence.

Sur les conseils du nouveau chancelier, Michel de L'Hospital, elle tente, à l'assemblée de Fontainebleau en août 1560, de rétablir l'autorité de la monarchie sur les « grands » et d'aboutir à un compromis entre les catholiques et les protestants, sur la base d'une large tolérance.

La tentative est prématurée. Les luttes religieuses reprennent et les Guise se heurtent avec une violence nouvelle aux Bourbons et au roi de Navarre.

C'est alors que la maladie de François II va tout changer. Parlant en reine, Catherine de Médicis oblige les « grands » à conclure la paix.

A la mort de son fils, le 5 décembre 1560, elle est prête à assumer la régence de Charles IX et à prendre la direction des affaires.

Les Guise quittent le pouvoir.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Catherine  De Médicis (1519-1589)

 

On l'appelle par ironie «la marchande florentine». Elle est en réalité une grande souveraine. Mère de trois rois (les trois derniers Valois), elle sait, au milieu d'un des siècles les plus tourmentés de notre histoire, maintenir l'héritage de la monarchie.

Fille de Laurent II de Médicis, Catherine, née le 13 avril 1519 à Florence, épouse, en 1533, le second fils de François Ier, qui monte sur le trône, sous le nom d'Henri II, en 1547 .

Jusqu'à la mort du roi, en 1559, son comportement est effacé, mais d'une parfaite dignité. Elle s'incline devant sa rivale, la brillante Diane de Poitiers, développe son instruction, cultive les lettres et les arts et, dans la brillante cour des Valois, fait figure de véritable princesse de la Renaissance.

Superstitieuse, elle s'entoure d'astrologues, interroge les tarots, étudie les sciences occultes, mais garde l'esprit lucide. La mise au monde de dix enfants, dont sept survivront, consolide sa position de reine.

A la mort d'Henri II en 1559, Catherine de Médicis, sous le court règne de son fils François II, laisse la première place à sa belle-fille, Marie Stuart.

Elle attend son heure. Pendant la minorité de Charles IX, dans une France déchirée par les guerres de Religion, elle se révèle comme un grand serviteur de la monarchie. Cette épaisse matrone, joviale, aimant la bonne chère et la chasse, maîtresse d'elle-même, prudente mais sachant braver les périls, trouve «une grande douceur à régner ».

Ayant caressé et dupé tous les partis et tissé avec patience sa toile dans l'ombre, elle s'impose à tous. S'appuyant sur le chancelier Michel de L'Hospital, elle tente de réconcilier catholiques et protestants, en dépit de l'opposition des princes catholiques et des Guise, décidés à extirper le calvinisme.

Cette politique n'aboutit malheureusement qu'à des trêves éphémères. Catherine de Médicis finit par consentir au massacre de la Saint Barthélemy, mais elle ne fait que relancer le conflit. Avec la mort de Charles IX en 1574 et l'avènement d'Henri III, qui entend gouverner personnellement, son influence passe au second plan.

Elle s'efforce, toutefois, de préserver l'autorité royale compromise par l'exaspération des passions religieuses, le fanatisme de la Ligue catholique et les intrigues des Guise, décidés à ne jamais reconnaître le protestant Henri de Navarre comme héritier du trône, Henri III n'ayant pas d'enfant.

Catherine de Médicis ne semble pourtant avoir joué aucun rôle dans l'assassinat du duc de Guise.

Elle meurt quelques mois plus tard, le 5 janvier 1589, et n'assiste pas à la politique de conciliation réussie par Henri IV, politique qui s'inspire de celle qu'elle n'a cessé de préconiser pendant trente ans.

Catherine de Médicis et son fils Charles IX

Catherine de Médicis et son fils Charles IX

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Charles  IX (1550-1574)

 

Deuxième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, le futur Charles IX, d'abord duc d'Orléans, n'est pas destiné à régner. Il reçoit cependant une excellente éducation assurée par l'humaniste Jacques Amyot et par le cardinal de Lorraine.

Toutefois, le jeune prince manifeste déjà une inquiétante mélancolie. Peu attiré par l'étude, il se passionne pour les exercices violents, pour la chasse, et aime à travailler dans sa forge.

La mort soudaine de son frère, François Il, le place brutalement sur le trône etCharles IX est sacré le 15 mai 1561, alors qu'il vient à peine d'avoir onze ans.

L'avènement se produit à un moment où catholiques et protestants sont sur le point d'en venir aux mains.

La régente, Catherine de Médicis, tente de suivre la politique d'apaisement préconisée par le chancelier Michel de L'Hospital, mais le colloque de Poissy, présidé par le jeune roi, n'aboutit à aucun résultat et le massacre de Wassy, le Ier mars 1562, donne le signal de la première guerre de Religion.

D'un côté comme de l'autre, on fait appel à l'étranger. Les protestants s'adressent à l'Angleterre, tandis que les «triumvirs» catholiques, Montmorency, Guise et Saint-André, demandent l'aide de l'Espagne.

Leur disparition successive permet de rétablir en 1563 une paix précaire.

La régente prend alors l'initiative d'user du prestige qui entoure encore la personne royale. Avec Charles IX, elle entreprend à travers la France un long voyage destiné à renforcer le loyalisme des sujets. Le résultat escompté n'est pas atteint. La guerre recommence, à peine interrompue par la trêve de Longjumeau le 23 mars 1568.

Toutefois, le voyage à travers la France semble avoir mûri Charles IX qui paraît désireux, tout en suivant les conseils de sa mère, de pratiquer une politique personnelle. II se méfie de son frère, le duc d'Anjou, futur Henri III, qui s'attribue tout le mérite des victoires de Jarnac et de Moncontour.

Il se méfie davantage des Espagnols, dont les ambitions l'inquiètent. Aussi cherche-t-il à recruter des mercenaires suisses. La guerre se termine alors par la paix de Saint-Germain le 8 août 1570 qui accorde la liberté de conscience et quatre places de sûreté aux protestants.

Cette «paix de la reine» est considérée comme un succès pour Catherine de Médicis, qui tente de dominer les passions religieuses. Toutefois, Charles IX s'émancipe davantage, ne serait-ce qu'à la suite de son mariage avec Elisabeth d'Autriche, la fille de l'empereur Maximilien II.

Toujours jaloux du duc d'Anjou, devenu chef du parti catholique, le roi se rapproche des protestants et rappelle l'amiral de Coligny, pour qui il a la plus grande admiration. Le règne personnel est-il sur le point de commencer ?

Au lendemain de la paix de Saint-Germain, conclue par Catherine de Médicis et du mariage du roi avec Elisabeth d'Autriche, on peut croire que le règne personnel de Charles IX, âgé de vingt ans va réellement commencer.

De fait, le roi s'intéresse aux combinaisons politiques.

Par méfiance à l'égard de son frère, le duc d'Anjou, chef du parti catholique, il se rapproche des protestants et rappelle Coligny à la cour.

Mais il ne tarde pas à trop subir l'emprise de l'amiral, pour qui il a une profonde vénération.

Coligny conseille une grande entreprise susceptible de mettre finaux luttes religieuses et de réconcilier les Français. Une intervention aux Pays-Bas permettrait de soutenir les «gueux de la mer », ces protestants qui se sont révoltés contre Philippe Il, et d'affaiblir ainsi l'Espagne.

En même temps, Charles IX accepte le principe d'un mariage entre sa sœur Marguerite et Henri de Navarre. Celui-ci se charge de l'action aux Pays-Bas.

Après avoir signé une alliance défensive avec l'Angleterre en mars 1572, le roi autorise la levée de troupes huguenotes. Mais celles-ci sont battues à Mons par les Espagnols.

L’échec de cette intervention indirecte oblige le roi à un désaveu pénible et incite Catherine de Médicis à agir sur son fils. La reine mère déteste Coligny et désapprouve une intervention aux Pays-Bas qui risque de renforcer l'influence protestante en Europe et de conduire à une guerre ouverte contre Philippe II.

Sur les instances de l'ambassadeur d'Espagne, elle tente, le 22 août 1572, de faire assassiner Coligny, qui n'est que blessé.

Furieux de cet attentat, Charles IX jure de venger l'amiral. Pourtant, dans la nuit du 23 au 24 août, il se laisse arracher un ordre d'exécution des chefs protestants réunis à Paris à l'occasion du mariage du roi de Navarre.

Pendant toute la nuit, le roi ne quitte pas sa chambre, sauve quelques familiers et ne réalise que le lendemain l'ampleur du massacre organisé par les Guise. Le 26 août, au cours d'un lit de justice, il revendique cependant la responsabilité de la Saint-Barthélemy.

Cette journée marque en réalité la fin du règne personnel. Après un vain siège de La Rochelle, mené par le futur Henri III, le roi accepte de signer l'édit de Boulogne, confirmant le principe de la liberté de conscience.

A cette date, Charles IX, atteint de tuberculose, en proie à de terribles remords, n'est plus que l'ombre de lui-même et se soumet de nouveau à la volonté de sa mère. Jusque dans son agonie, il continue à révérer sa main dominatrice.

Il meurt à Vincennes le 30 mai 1574, ne laissant qu'une fille. La couronne revient au duc d’Anjou, élu roi de Pologne et parti pour Varsovie, en septembre 1573 ; il régnera sous le nom d'Henri III.

Histoire. La Dynastie des Valois de 1328 à 1589

Henri III (1551-1589)

 

«C'était un très bon prince, s'il eût rencontré une bonne époque », a dit son contemporain Pierre de L'Estoile.

Les historiens d'aujourd'hui parlent d'Henri le calomnié, d'Henri l'incompris. Il fut en effet un de nos souverains les plus habiles dans un temps difficile. Né à Fontainebleau le 19 septembre 1551, le futur Henri III, troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, reçoit d'abord les prénoms d'Alexandre-Edouard, auxquels sa mère substituera plus tard celui d'Henri.

Il sera successivement duc d'Angoulême, puis d'Orléans et enfin d'Anjou. Le jeune prince, fils préféré de Catherine de Médicis, charme son entourage par ses grands yeux bleus et sa grâce juvénile.

Celui qui devait être le dernier des Valois reçoit à Amboise une des meilleures éducations de son temps avec des précepteurs comme Jacques Amyot et François Carnavalet.

Sa mère tint également à l'initier aux futures tâches d'un grand prince. A seize ans à peine, il reçoit le titre de lieutenant général du royaume. Assisté du maréchal de Tavannes, il remporte, en 1569, sur les huguenots, les batailles de Jarnac et de Moncontour.

Chef du parti catholique, il est aux côtés de Catherine de Médicis lors de la Saint-Barthélemy, mais en fait il ne joue qu'un rôle très secondaire ce jour-là. Il conduit ensuite le siège de La Rochelle, qui confirme sa réputation de grand chef de guerre.

Cette réputation est, en grande partie, à l'origine de son élection comme roi de Pologne, le 10 mai 1573, même si sa candidature a été soutenue par l'évêque de Valence, Jean de Monluc et, en sous main par les Turcs. C'est à Cracovie, au château du Wawell, que le duc d'Anjou est couronné le 15 février 1574.

Il ne va rester que quelques mois en Pologne. A la nouvelle de la mort de son frère, Charles IX, il quitte secrètement Cracovie et regagne la France, où il juge sa présence indispensable. Catherine de Médicis a repris la régence et tente d'empêcher son dernier fils, le duc d'Alençon, favorable aux protestants, d'usurper le trône de son frère.

Sacré à Reims, le 13 février 1575, Henri III épouse, deux jours plus tard. Louise de Lorraine Vaudémont, dont il n'aura pas d'enfant. Henri III va gouverner la France pendant quinze ans, confronté aux pires difficultés. Pendant longtemps, il a été considéré comme le type même du roi incapable, cruel et pervers, prisonnier de l'entourage de ses «mignons ».

En fait, si Henri III a hérité de certaines tares familiales (tuberculose, tumeurs) et d'un évident déséquilibre, il n'en a pas moins été un homme d'une intelligence exceptionnelle, d'un grand courage physique et ayant au plus haut point le sens de l'Etat. Il était décidé à rétablir la paix entre catholique et protestants.

De 1574 à 1584

Au lendemain de l'accession d'Henri III au trône, le 30 mai 1574, la paix signée un an plus tôt avec les huguenots, est rompue et les combats reprennent dans l'Ouest et dans le Midi. Le roi de Navarre et le duc d'Alençon, frère du roi, rejoignent les révoltés.

Après la victoire remportée à Dormans en 1575, par l'armée royale commandée par le duc de Guise, Henri III, converti à la politique de conciliation de sa mère, Catherine de Médicis, réussit à imposer une nouvelle paix.

L'édit de Beaulieu du 6 mai 1576 accorde aux protestants des avantages dont ils n'ont encore jamais joui. Ils bénéficient de la liberté totale de culte, sauf à Paris.

Ils reçoivent huit places fortes de sûreté et des chambres mi-parties, c'est-à-dire des tribunaux mixtes dans tous les parlements. Ces concessions provoquent la colère des catholiques, qui se groupent alors en un parti organisé, la Ligue.

Non sans habileté et dans l'intention de la surveiller et de la contrôler, Henri III en prend la tête. Mais le problème des guerres de Religion dépasse le cadre français. Les ligueurs bénéficient de l'appui du pape et, surtout, du roi d'Espagne.

Philippe II redoute, en effet, une victoire des protestants, au moment où il doit faire face à une révolte de ses sujets calvinistes dans les Pays-Bas. Aux états généraux de Blois (décembre 1576 - mars 1577), Henri III doit s'incliner devant les catholiques et désavouer l'édit de Beaulieu.

Cette reculade amène les protestants à reprendre les armes. Victorieux de nouveau, le roi impose la paix de Bergerac le17 septembre 1577 et, par l'édit de Poitiers, limite les concessions accordées l'année précédente.

Le culte protestant n'est plus autorisé que dans une seule ville par bailliage. Dans un dessein de réconciliation, Henri III fonde l'ordre du Saint-Esprit, qui doit réunir tous les grands des deux partis dans l'idéal d'une nouvelle chevalerie.

Cette tentative est vaine et la guerre reprend en 1579 jusqu'à la paix de Fleix, signée l'année suivante le 26 novembre 1580 et par laquelle les protestants doivent abandonner leurs conquêtes.

Le royaume connaît alors une accalmie que l'on peut croire enfin durable. Mais il ne s'agit une fois de plus que d'une trêve. Les difficultés économiques et financières grandissent, la Ligue et le clergé lancent des pamphlets contre Henri III ; à l'extérieur, la menace espagnole s'amplifie.

En 1584, la mort subite du frère du roi ravive les passions et pose le problème de la succession au trône. Après dix années de mariage, Henri III n'a pas d'enfant et le seul héritier légitime est un huguenot, de la famille des Bourbons, le roi Henri de Navarre.

De 1584 à 1589

Après la mort de son frère, le duc d'Alençon, en 1584, Henri III se trouve dans une situation extrêmement difficile. Comme il n'a pas de fils, l'héritier du trône est un protestant, Henri de Navarre. Aussi, les catholiques s'alarment. Les Guise signent avec l'Espagne le traité de Joinville, le 31 décembre 1584.

Ils réservent la couronne au cardinal Charles de Bourbon, oncle d'Henri de Navarre, et Philippe II d'Espagne accorde une aide mensuelle à la Ligue dont Henri de Guise devient le véritable chef.

Henri III juge alors nécessaire de composer avec la Ligue et accepte d'interdire le culte calviniste dans tout le royaume.

Cette décision donne le signal de la dernière et de la plus violente des guerres de Religion. Vaincu à Coutras en octobre 1587, Henri III envisage de traiter avec les protestants : ce projet contribue à le discréditer et à renforcer la popularité du duc de Guise.

Le roi lui interdit d'entrer à Paris. Guise ayant passé outre, Henri fait venir ses troupes. Ce geste provoque une véritable émeute : la journée des Barricades le 12 mai 1588.

Les Parisiens prennent les armes contre les soldats du roi et menacent le Louvre. Henri III quitte sa capitale, seul, à cheval, et gagne Chartres, puis Rouen. Dans une situation aussi critique, il se résigne à donner satisfaction aux ligueurs avec l'édit d'union qui doit empêcher un prince protestant de lui succéder.

Simultanément, il nomme le duc de Guise lieutenant général du royaume. Toutefois, la situation des catholiques lui semblant affaiblie à la suite du désastre de l'Invincible Armada, le roi convoque les états généraux à Blois en septembre 1588. Le calcul se révèle faux. Les ligueurs obtiennent la majorité et le duc de Guise fait figure de véritable souverain.

Henri III décide alors de recourir à une solution radicale. Le 23 décembre 1588, il fait assassiner son rival par ses gardes. En fait, ce meurtre provoque un soulèvement contre lui.

A Paris, un pouvoir insurrectionnel, le conseil des Seize, prononce sa déchéance et reconnaît pour roi le cardinal de Bourbon. Celui-ci étant alors prisonnier du roi, le duc de Mayenne, frère d'Henri de Guise, est nommé lieutenant général du royaume.

Acculé, Henri III se réconcilie avec Henri de Navarre, futur Henri IV et va mettre avec lui le siège devant Paris. C'est là, à Saint-Cloud, le Ier août 1589, qu'il est assassiné par un moine fanatique, Jacques Clément.

Avant de mourir, il peut cependant désigner le roi de Navarre comme son successeur légitime.

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