Histoire. La Dynastie des Carolingiens (751-987)
La Dynastie des Carolingiens (751-987)
Entre Charles Martel et Hugues Capet
Succédant aux Mérovingiens, cette nouvelle dynastie est fondée par le fils de Charles Martel et père de Charlemagne, Pépin le Bref (751- 768), qui, après s'être proclamé roi des Francs alors qu'il n'était que maire du palais, se fait sacrer par saint Boniface pour légitimer son usurpation.
Cette action a une importance considérable sur la dynastie, car elle fait du roi carolingien un personnage sacré envers qui l'obéissance est un devoir religieux, mais impose en revanche au souverain un rôle de protecteur de l'Eglise.
Les Carolingiens soutiennent les prêtres dans leurs missions en Germanie, ils aident le pape dans ses difficultés avec les Lombards. C'est le pape Zacharie qui reconnaît officiellement la souveraineté de Pépin le Bref.
A la mort de Pépin le Bref, en 768, le royaume est partagé entre ses fils mais Charlemagne (768-814) reste seul en 771 ; comme son père, il s'emploie à renforcer et à agrandir le royaume par des victoires et des conquêtes en utilisant la puissante et nécessaire alliance avec le clergé et la papauté, si bien qu'à la fin du siècle le royaume franc rappelle l'ancien Empire romain ou du moins déborde largement les frontières de la Gaule puisqu'il s'étend de l'Elbe à la Catalogne. Le jour de Noël de l'an 800, Charlemagne est couronné empereur par le pape.
Louis le Pieux (814-840) lui succède mais il tombe vite sous l'influence de l'Eglise, qui pense plus à sa primauté qu'à celle de l'empire ; de plus, malgré ses efforts (ordinatio imperi de 817), il ne peut empêcher le partage du royaume entre ses fils, qui le dépossèdent en 840.
En 843, au fameux traité de Verdun, l'empire est divisé : Charles II le Chauve reçoit la partie occidentale, à peu près limitée par l'Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône ; Louis le Germanique a la partie orientale, à l'est du Rhin et au nord des Alpes ; Lothaire, l'aîné, garde le titre d'empereur et la longue bande de territoires entre les deux domaines de ses frères.
A la mort de Charles II le Chauve en 877 la Francie Occidentale connaît une profonde décadence que n'arrivent pas à enrayer ses successeurs : Louis II le Bègue (877-879) Louis III et Carloman (879-882-884), Charles le Gros (884-887) et Charles III le Simple (898-923) et ses descendants (Louis IV d'Outremer, Lothaire et Louis V).
Le domaine carolingien, démembré par les donations et les partages successifs, s'est amenuisé et, surtout, la puissance royale n'est plus respectée par les comtes : la faiblesse du pouvoir central amène la naissance de la féodalité. Le comte de Paris, Eudes, vainqueur des Normands, dispute le pouvoir aux Carolingiens avant que sa famille réussisse à évincer définitivement la dynastie carolingienne. Ce sera, en 987, l'œuvre de Hugues Capet.
Généalogie des Carolingiens
Pépin le Bref (715-768)
PEPIN LE BREF (715-768) Second fils de Rotrude et de Charles Martel, à qui il succède comme maire du palais en 741, puis devient roi en 751. Pépin est le fondateur de la dynastie royale des Carolingiens.
Un coup d'État Lorsqu'il meurt, en 741, Charles Martel, maire du palais du royaume franc, partage le royaume entre ses deux fils : Carloman maire du palais d'Austrasie, et Pépin, de Neustrie (avec la Bourgogne et la Provence).
Pépin partage d'abord le pouvoir avec Carloman, et les deux frères agissent d'abord ensemble pour réprimer les nombreuses révoltes qui ont éclaté aux marges du royaume (dont celle du demi-frère naturel de Pépin, Griffon, qui sera tué en 753).
Les deux frères engagent aussi une profonde réforme de l'Église franque, aidés en cela par saint Boniface.
En 742 ou 743 est organisé le "concile germanique", présidé par Carloman. Il y est décidé que des évêques seront installés dans les cités, et que saint Boniface sera placé au-dessus d'eux. Pépin Le bref Pépin le Bref dépose Chidéric
L'année suivante, Carloman rassemble les évêques et les comtes à Leptines (ou Estinnes) en Hainaut. Pépin suit l'exemple de son frère et réunit à Soissons en 744 vingt-trois évêques des provinces de Sens, Rouen, Reims.
Il promulgue des canons reprenant les décisions du concile d'Austrasie et condamne Adalbert, prêtre hérétique qui attaque la hiérarchie ecclésiastique et les sacrements en montrant aux fidèles une lettre du Christ et des reliques que lui auraient données les anges.
En 747, Carloman se retire dans un monastère, laissant Pépin seul maître du royaume franc (le souverain en titre, le Mérovingien Childéric III, n'ayant, dans les faits, aucun pouvoir).
Pépin prépare alors avec méthode le "coup d'État" qui va lui donner le trône. Une mission franque obtient l'accord du pape Zacharie pour le changement projeté. Il est probable qu'en échange, Pépin a promis son concours au pape, alors en butte à l'hostilité des Lombards. En novembre 751, Pépin dépose Childéric III, qu'il relègue dans un monastère, et se fait "élire" roi par les grands.
L'alliance avec le pape Premier roi franc à ressusciter l'antique usage du sacre par l'huile sainte, Pépin couvre son usurpation d'une consécration religieuse, en se faisant oindre à Mayence par saint Boniface (décembre 751), créant ainsi une légitimité nouvelle.
Les conséquences de cet acte révolutionnaire apparaissent bientôt : en 754, le pape Étienne II vient en Gaule, sacre une nouvelle fois Pépin à Saint-Denis (28 juillet) et obtient de lui qu'il intervienne en Italie. Pour s'acquitter de sa dette envers le Saint-Siège, Pépin, en contrepartie, s'engage à délivrer Rome de la menace lombarde. Rompant avec la politique franque traditionnelle d'alliance avec les Lombards, Pépin franchit les Alpes en 754 et 756.
Il bat les Lombards et leur enlève les territoires de l'Italie centrale pour les donner au pape : c'est là l'origine territoriale des futurs États de l'Église. Mais, soucieux de ne pas rompre totalement avec les Lombards, Pépin travaille ensuite à établir un modus vivendi entre le pape et le royaume lombard.
En Gaule et en Germanie, il doit parfaire l'œuvre de soumission des différents peuples germaniques aux Francs : de 760 à 768, il entreprend des expéditions annuelles en Septimanie et en Aquitaine pour réduire ces vastes provinces et venir à bout de la résistance de ses ducs nationaux.
Avant de mourir, Pépin divise son royaume entre ses deux fils, Charles (le futur Charlemagne) et Carloman.
Dans tous les domaines, il a amorcé une œuvre que son fils Charlemagne achèvera, avec une remarquable continuité : réforme religieuse ; renversement des alliances (accord avec la papauté au lieu de l'alliance lombarde) ; soumission de tous les peuples germaniques aux Francs.
Charlemagne (742—814, Aix-la-Chapelle)
Charlemagne (742—814, Aix-la-Chapelle)
Charles Ier le Grand, en latin Carolus Magnus
Roi des Francs et empereur d'Occident.
Petit-fils de Charles Martel, Charles était le fils de Pépin le Bref et de Bertrade. Il hérita le 24 septembre 768 d'un royaume (l'Austrasie, la Neustrie et l'Aquitaine maritime) qui enserrait les terres de son frère cadet, Carloman, avec qui il ne s'entendait guère.
La mort de Carloman, le 4 décembre 771, laissa à Charlemagne l'ensemble des possessions des Francs, c'est-à-dire la Gaule et une partie de la Germanie; mais il héritait aussi des problèmes nés des particularismes régionaux (Aquitaine, Bavière), et des traditions politiques des premiers Carolingiens : protection du SaintSiège, lutte contre l'infidèle, païen ou musulman.
Un de ses premiers actes fut de répudier son épouse, la fille de Didier, roi des Lombards, qui se réfugia auprès de son père, avec la femme et les fils de Carloman.
Charlemagne les poursuivit et les assiégea dans Pavie, qu'il prit en juin 774, et se proclama roi des Lombards. À l'appel du pape Adrien, Charlemagne s'empara également des duchés de Spolète et de Bénévent. Roi d'Italie, il pouvait désormais imposer ses vues au pontife romain.
Une construction territoriale : l'Occident carolingien
En 46 années de règne et en 53 campagnes militaires, Charlemagne va peu à peu réunir sous son autorité la majeure partie de l'Europe occidentale et constituer le plus vaste rassemblement territorial que l'Occident ait connu depuis l'Empire romain ; à sa mort, seules échapperont au contrôle des Francs la Bretagne et, bien sûr, l'Espagne et les îles Britanniques.
Pratiquant la christianisation forcée comme instrument d'assimilation, Charlemagne va parachever son œuvre de rassemblement en ressuscitant la notion d'empire d'Occident, perdue depuis l'effondrement de Rome, en 476, et dont le souvenir était perpétué par l'enseignement des clercs.
Tous les ans, en mars ou en mai, les hommes libres, astreints au service militaire, sont convoqués avec leur équipement à une assemblée générale : pendant que l'empereur et les grands font un tour d'horizon des problèmes concernant l'État, l'armée se prépare ; puis, les buts de guerre fixés, la cavalerie franque s'ébranle à la conquête d'un empire.
En Germanie, objet de ses préoccupations essentielles, Charlemagne entreprend de soumettre les peuples germaniques restés hors de la mouvance franque. Il lui faudra trente ans pour vaincre les Saxons qui, installés dans une région d'accès difficile, mènent une guerre de partisans derrière un chef célèbre, Widukind.
L'armée carolingienne se révèle ici impuissante, et Charlemagne ne viendra à bout de la résistance saxonne qu'en recourant à la terreur : massacre des prisonniers ; ravage systématique du pays, notamment en 784-785 ; déportations massives, comme en 804 où il force les saxons à la conversion au christianisme forcée.
Dans le même temps, des routes et des fortins sont construits, qui permettent l'implantation de groupes francs. À la suite de la soumission de la Saxe, la Frise, voisine, doit accepter la tutelle franque. Quant à la Bavière, elle est annexée en 788 à la suite des rébellions continuelles de son duc, Tassilon, pourtant vassal de Charlemagne.
Cette unification de la Germanie met l'Occident carolingien en contact avec les Danois, les Slaves de l'Elbe, les Avars de la plaine hongroise ; ces derniers sont vaincus en 796 et leur organisation politique est détruite. Au nord, l'empereur doit faire face aux premiers raids scandinaves.
Roncevaux (15 Août 778) «A Roncevaux, hier, une bataille fut livrée. Roland est tué et le comte Olivier, et les douze pairs, que Charles aimait tant ; de leurs Français, vingt mille sont tués. Le roi Marsile y a perdu le poing droit et l'empereur l'a violemment poursuivi : en cette terre, il ne reste pas un chevalier qui n'ait été tué par le fer ou noyé dans l'Ebre. Les Français sont campés sur la rive : ils sont si proches de nous en ce pays que, si vous le voulez, la retraite leur sera dure.»
Voilà comment un messager arabe apprend à l'émir de Cordoue la nouvelle de la bataille de Roncevaux, dans la Chanson de Roland. Cette chanson de geste sans doute du début du XIIe siècle conte les aventures espagnoles de Charlemagne et de son arrière-garde commandée par son neveu Roland et perpétue, en le transformant, un épisode historique qui s'est déroulé en 778 au col de Roncevaux (ou d'Ibañeta) dans l'actuelle province de Pampelune.
Charlemagne conduit personnellement, cette annéelà, une expédition en Espagne, à la demande de Souleyman ibn el-Arabi, gouverneur de Saragosse, révolté contre le maître de l'Espagne, l'émir de Cordoue, Abd er-Rahman.
Charles espère profiter de cette division entre musulmans pour secourir les chrétiens espagnols et étendre sa domination au-delà des Pyrénées.
Il pénètre donc en Navarre, tandis qu'une autre armée passe la montagne en Catalogne. La jonction doit se faire devant Saragosse, mais, sur ces entrefaites, le gouverneur qui avait appelé les Francs est remplacé par un Arabe fidèle, et Charlemagne doit regagner la Gaule.
C'est en passant les Pyrénées par la voie romaine qui emprunte le défilé de Roncevaux que son arrière-garde est écrasée, en août 778, par des montagnards basques, les Vascons, qui deviendront les "Sarrasins" dans la Chanson de Roland.
Parmi les chefs francs qui périssent en voulant sauver l'armée se trouve Roland, comte de la marche de Bretagne. Dans la chanson, celui-ci devient le neveu de l'empereur et il ne faut pas moins de 300 000 Sarrasins pour mettre à terre ce valeureux chevalier qui, lorsqu'il veut briser Durandal, son épée, fait une brèche énorme dans les rochers.
Horriblement blessé, Roland sonne si fort de l'olifant pour appeler Charlemagne qu'il s'en rompt la veine du cou et meurt avant l'arrivée de l'empereur.
Roland de Roncevaux Quand ce dernier survient, le spectacle est si effroyable que Charlemagne et les 100.000 hommes qui l'accompagnent se pâment, avant de poursuivre les Sarrasins jusqu'à Saragosse.
Là, pour aider les Francs et sur leur prière, Dieu arrête le soleil et permet ainsi à Charlemagne de remporter la victoire.
On voit ainsi comment le fait historique a été modifié par la chanson pour louer les prouesses de la chevalerie chrétienne.
Mais Charlemagne revient à la charge à la fin du VIIIe siècle et réussit à conquérir une partie de la Catalogne sur les musulmans : Barcelone est prise en 801.
Une construction idéologique : l'empire Carolingien La restauration de l'empire en Occident est le fait majeur du règne de Charlemagne.
Louis Ier le pieux (778-840)
Louis Ier le pieux (778-840)
Un roi peu guerrier
Louis Ier est le troisième fils de Charlemagne, surnommé "le Pieux" ou "le Débonnaire", hérite, en 814, à la mort de son père, d'un immense empire s'étendant de l'Elbe à la Catalogne.
Né à Casseneuil en 778, couronné roi d'Aquitaine dès 781, c'est un homme d'une puissante stature, sachant le latin et le grec, vigoureux et chasseur infatigable. Sa piété est légendaire et il entend gouverner son empire encore "barbare" selon les principes chrétiens.
Mais c'était un être impulsif, à la fois excessif et indécis, peu préparé à la tâche qui l'attend. Il s'entoure de prélats qui font bientôt de l'Eglise un Etat dans l'Etat.
Louis le Pieux, contrairement à son père, renonce aux conquêtes. Il renonce surtout à l'unité de l'empire, qui a été réalisée avant son avènement, en raison de la mort prématurée de ses frères Charles et Pépin en 813 et 810.
Guerre fratricide
En effet, de son mariage avec Hermengarde il a trois fils : Lothaire, Pépin et Louis. Faut-il partager l'empire ou favoriser l'aîné, Lothaire ? Son conseiller et premier ministre, Wala, abbé de Corbie, influence certainement Louis le Pieux dans sa décision : l'Ordinatio imperi en 817 donne la Bavière et les marches orientales à Louis, l'Aquitaine et les marches pyrénéennes à Pépin et le reste à Lothaire, qui est, dès cette date, proclamé empereur.
Mais, en 823, un autre fils nait, d'un second mariage avec une princesse bavaroise, Judith.
Cet enfant, le futur Charles le Chauve, a vite toutes les préférences de son père. Le partage de 817 est remis en question et une véritable guerre civile éclate entre le parti "bavarois", favorable à Charles, que mène Judith et Bernard de Septimanie, remplaçant de Wala, disgracié, et le parti de cet ancien ministre, soutenu par les trois fils d'Hermengarde.
L'humiliation du roi de France
En 832, ces derniers se révoltent contre leur père, dont ils obtiennent la déchéance au profit de Lothaire. Vaincu en juin 833 près de Colmar (le lieu prit le nom de Lügenfeld (Champ du mensonge), Louis le Pieux doit s'humilier dans une église de Soissons, en habits de pénitent.
Cependant, devant l'ascendant pris par l'aîné et l'indignation populaire, Louis et Pépin restaurent leur père en 835. Pépin étant mort en 838, un nouveau partage, celui de Worms en 839, divise l'empire en deux, l'Est pour Lothaire et l'Ouest pour Charles. Louis, qui continue à conspirer contre son père, est refoulé en Bavière.
Le 20 juin 840, Louis le Pieux meurt à Ingelheim, laissant une situation confuse qui ne s'éclaircira qu'au traité de Verdun, en 843.
Charles II le Chauve (823-877)
Charles II le Chauve (823-877)
Le petit fils de Charlemagne
L'empereur Louis le Pieux, ayant eu trois fils : Lothaire, Louis le Germanique et Pépin, il effectue en leur faveur un partage de l'empire. Mais lors de son second mariage avec Judith de Bavière, un quatrième fils voit le jour. Charles (futur Charles le Chauve) nait à Francfort le 13 juin 823.
Le partage de l'empire étant déjà fait en faveur des fils de sa première femme, Judith veut voir Charles être doté a comme ses frères, elle espère même pouvoir évincer ces derniers et cela provoque des luttes familiales.
Lors de l'assemblée de Worms, Judith obtient de Louis Ier une partie des états pour son fils Charles, mais les trois frères ne l'entendent pas de cette oreille et font déposer leur père. Charles est dépossédé de toutes ses terres et enfermé dans un monastère.
En 834, Louis Ier recouvre son trône, puis couronné empereur le 28 février 835. Il décide d'octroyer à Charles, désormais son fils favori, le territoire de l'ouest de l'empire (avec Paris) et le fait même couronner à Quierzy-sur-Oise, en septembre 838, et provoque ainsi de graves remous.
Après la mort de Pépin, l'empereur décide un nouveau partage. Quand son père meurt le 20 juin 840, Charles peut ceindre la couronne de France. Allié avec son frère Louis le Germanique contre Lothaire, qui n'a pas accepté le testament.
Il vainc ce dernier à Fontenoy-en-Puisaye le 25 juin 841 et renouvèle son alliance avec Louis le Germanique par les fameux serments de Strasbourg le 14 février 842. Finalement, le partage de Verdun d'août 843 octroie à Charles le territoire limité à l'est par l'Escaut, la Meuse, la Saône, le Rhône et les Cévennes.
Les vikings pillent Paris
Le règne de Charles le Chauve est constamment troublé. Le plus grave danger vient des incursions des Normands, qui pillent Paris en 845. Incapable de les chasser, le roi achète leur départ, ce qui humilie les populations et n'empêche pas de nouvelles invasions et de nouvelles rançons.
Le roi est, d'autre part, constamment en querelle avec Louis le Germanique. Pendant deux années (858-859), celui-ci profite même des difficultés qu'a Charles II avec les Normands pour tenter de prendre sa place, mais ne peut réaliser son dessein.
Charles le Chauve, cependant, continue à agrandir son domaine. En 863, à la mort d'un de ses neveux, il s'empare de la Provence, puis, lorsque meurt Lothaire II, autre neveu, possesseur de la Lotharingie, il veut prendre tout l'héritage.
Il doit cependant partager cette province par le traité de Meerssen du 9 août 870, qui lui donne les régions de Besançon, Lyon et Grenoble.
En 875, à la mort d'un autre neveu, Charles le Chauve se fait couronner empereur par le pape, au détriment de Louis le Germanique. Celui-ci envahit la France, en est chassé et meurt peu après.
Ses fils continuent la lutte et en sortent vainqueurs à Andernach le 8 octobre 876. Parti peu après pour l'Italie, Charles le Chauve meurt à Avrieux, près de Modane, le 6 octobre 877.
Quelques semaines plus tôt, pour s'assurer la fidélité des grands, il avait signé le capitulaire de Quierzy-sur-Oise, qui reconnait l'hérédité des fiefs. Tels sont, en France, les débuts de la féodalité.
Louis II le Bègue (846-879)
LOUIS II LE BÈGUE (846-879)
Louis II, un Roi pas très brillant
Avec l’avènement de Louis II le Bègue, qui succède à son père Charles II le Chauve en octobre 877, une période confuse commence : la dynastie carolingienne ne règne pratiquement plus, face aux menées des descendants de Robert le Fort, qui finiront par prendre le pouvoir avec Hugues Capet, et face au développement du régime féodal, qui laisse la monarchie de plus en plus impuissante.
Il est vrai que la personnalité peu brillante de Louis le Bègue, qui porte bien son nom, semble t-il, et qui transmettra sa débilité mentale à son fils, ne fait que faciliter les ambitions des seigneurs.
Le désordre s'installe, aggravé par les disputes des grandes maisons. Ce fut, comme le remarque Ferdinand Lot, une période confuse, funeste au pouvoir monarchique en raison même de son étendue.
Moins qu'un autre, Louis II le Bègue pouvait redresser la situation. Son règne s'annonce mal : certes, il gouverne, dès 867, la partie aquitaine de l’empire de Charles le Chauve, avant de se voir confier le gouvernement de la France quand son père part pour l'Italie ; mais Charles connaît son fils et le place sous une tutelle d'évêques, d'abbés et de comtes, qui ne pensent d'ailleurs qu'à se combattre.
A la mort de l'empereur, Louis II doit faire face à une coalition de seigneurs laïcs et ecclésiastiques qui lui reprochent d'avoir distribué indument des domaines et des abbayes ; il est cependant reconnu roi de France et couronné à Reims le 8 décembre 877.
Encore faut-il qu'il prenne l'engagement écrit de respecter les droits et les privilèges des évêchés et des abbayes du royaume. Il a la sagesse cependant de refuser la couronne impériale que le pape Jean VIII, cherchant des appuis contre les ducs de Bénévent et de Toscane, vient lui proposer un concile de Troyes, en été 878.
Cette même année, il a encore le mérite de conclure, à Fouron sur la Meuse, avec son cousin Louis de Saxe, un accord qui confirme le partage de la Lotharingie, effectué en 870 par leurs pères, et où les deux princes se promettent la paix et le soutien contre d'éventuelles menaces normandes.
Au printemps de 879, Louis Il le Bègue doit aller dans la région d’Autun mater une révolte de Bernard, duc de Gothie, mais, malade, il ne peut dépasser Troyes. Il confie alors sa mission à son fils Louis (le futur Louis III), alors âgé de Seize ans, aidé de Boson, roi de Provence et de Hugues l'Abbé. Lui-même regagne péniblement sa résidence de Compiègne où il meurt le 10 avril 879.
Louis le Bègue laisse deux fils. Louis III et Carloman, nés de son premier mariage avec Ansgarde, la sœur d’Eude de Bourgogne, tandis que sa seconde femme, Adélaïde, est enceinte du futur Charles le Simple.
Les successeurs de Louis II (1052-1108)
Les rois Louis III (879-882) et Carloman (879-884)
LES SUCCESSEURS DE LOUIS II LE BÈGUE
Les rois Louis III (879-882) et Carloman (879-884)
Et la restauration impériale par Charles le Gros (881-887)
En mourant à trente-trois ans, en 879, Louis II laisse la France exposée aux pratiques de partage qui ravagent l'Occident depuis le traité de Verdun de 843.
Dès la mort de l'empereur Lothaire en 855, ce mal a atteint la «Francie médiane», ou Lotharingie, alors divisée à son tour en trois tronçons.
L'unité de la «Francie orientale», ou Germanie, s'est rompue, elle aussi, en 876, à la mort de Louis le Germanique, chacun de ses trois fils s'attribuant une part.
En 879, le pire est évité en «Francie occidentale» : les deux fils du premier mariage de Louis II, adolescents d'une quinzaine d'années, Louis III et Carloman, sont conjointement proclamés et couronnés rois. Louis régnant sur les pays situés au nord de la Loire, Carloman au sud de ce fleuve et à l'est jusqu'au Rhône, la Durance et le Jura (des terres de la Lotharingie primitive sont en effet échues à la France à la suite des décès successifs de deux fils de l'empereur Lothaire).
La formule adoptée en France en 879 préserve l'unité de cette « Francie occidentale » agrandie. Le maître réel de la France reste un ancien conseiller de Louis II, archichapelain (Chef de la Chapelle Royale et principal conseiller du Roi). du palais, Hugues, dit « l'Abbé », qui, depuis la mort de Robert le Fort en 866, est duc de Neustrie et marquis de la marche de Bretagne.
Mais une partie de l'Eglise et de l'aristocratie françaises estimant contestable la légitimité de naissance des nouveaux rois, et voulant donner la couronne à un fils de Louis le Germanique, le renoncement de celui-ci est acheté par la cession des pays lorrains entre la Meuse et la frontière établie par le traité de Verdun. C'est-à-dire des pays annexés par la France en 870.
La restauration impériale de Charles le Gros (881-887)
De surcroît, la région du Viennois, refusant de reconnaître pour prince un fils de Louis II, se constitue, avec la Provence, en royaume indépendant.
Cependant, dans l'Occident assailli par les Normands, une coopération s'établit entre tous les Carolingiens, mais en 882, coup sur coup, meurent sans enfants légitimes deux fils de Louis le Germanique, puis Louis III en 882, et son frère Carloman en 884, celui-ci ayant été le seul roi de France de 882 à 884. En revanche, l'autre fils du Germanique, Charles le Gros, tout en recueillant l'héritage de ses frères, monte en 879 sur le trône d'Italie, vacant depuis la mort de l'empereur Louis en 875 et devient à son tour empereur en 881.
Voilà pourquoi, en 884, les partisans de l'unité lui donnent la couronne de France. Il laisse l'archi chapelain Hugues à la tête du pays. Mais l'Abbé meurt en 885 et, dès 887, incapable de défendre Paris contre les Normands et aux prises avec une révolte en Germanie, l'empereur Charles abdique.
Malade, il se retire dans une propriété où il meurt en 888.
Eudes de France (Vers 860 - 898)
EUDES (Vers 860 - 898)
Premier roi appartenant à la famille que l'on appellera plus tard Capétienne, Eudes est le fils aîné de Robert le Fort.
Né vers 860, il est le cousin germain de la reine Ermentrude, mère de Louis II. Sans doute est-ce sous le règne de ce dernier ou pendant que l'archichapelain Hugues préside au destin de la France (877-886) qu'Eudes est nommé comte de Paris.
Il l'est lors de la grande attaque que les Normands lancent en novembre 885 contre Paris, qui englobe alors l'île de la Cité (entourée d'une enceinte romaine) et, sur chaque côté de la Seine, un petit faubourg, uni à l'île par un pont fortifié.
L'archichapelain Hugues, blessé au combat depuis un mois, est à Orléans et l'empereur-roi Charles le Gros en Italie, où il étouffe des tentatives de révolte.
Pendant six mois, Eudes résiste aux Normands, dont les bateaux tiennent la Seine sur près de 10 km et qui ont créé un camp autour du monastère de saint Germain d'Auxerre. Puis, à la nouvelle de la mort du duc et archichapelain Hugues en mai 886, il quitte clandestinement Paris, pour rendre compte de la situation à Charles le Gros, qui rentre d'Italie en Allemagne.
L'empereur attribue à Eudes les charges exercées antérieurement par Robert le Fort, puis par l'archichapelain et arrive à Montmartre avec une armée de secours en septembre 886. Ayant hâte de rentrer en Allemagne, où couve une révolte, il négocie la levée du siège et repart pour l'est.
Eudes reste le maître effectif de tout le pays situé au nord de la Loire. Les Allemands révoltés ayant, peu après, vaincu et contraint Charles le Gros à l'abdication en 887, la couronne de France est vacante et une assemblée d'évêques et de comtes l'attribue à Eudes en février 888.
Cependant, des grands restent fidèles à la dynastie carolingienne, représentée par un fils posthume de Louis II, écarté de la succession en 884 à cause de son âge, le prince Charles.
Pour faire reconnaître son pouvoir, Eudes doit s'appuyer sur le nouveau roi de Germanie, vainqueur et successeur de Charles le Gros, pour cela, il se fait reconnaître comme vassal. Son trône n'en reste pas moins fragile.
Vainqueur des Normands en 888, il est battu par eux en 889, 890 et 891. Puis, en 893, l'archevêque de Reims sacre le prince Charles qui atteint quatorze ans et, dès 894, le roi de Germanie, suzerain d'Eudes, ordonne à tous les comtes de France de reconnaître le nouveau roi : Charles le Simple.
Du coup une guerre éclate entre les deux rois de France de 894 à 897. Elle se termine par un accord : Charles reçoit le nord-nord-est du royaume et Eudes, n'ayant pas d'enfant, en fait son héritier pour le reste.
Aussi, lorsque Eudes meurt le 1er janvier 898, Charles le Simple devient le seul roi de France.
Charles III le Simple (879-929)
CHARLES III LE SIMPLE (879-929)
On possède très peu de précisions sur ce troisième fils, posthume, de Louis II le Bègue.
En effet, même l'origine de son surnom est obscure. Charles est né le 17 septembre 879 et couronné par l'archevêque de Reims à Foulques, le 28 janvier 893, à l'âge de treize ans, alors que le comte de Paris, Eudes, descendant de Robert le Fort, sacré en 888 par l'archevêque de Sens, n'est pas encore mort (la rivalité entre Carolingiens et Robertiens, ancêtres de Hugues Capet, continue).
Cependant, Charles, battu par son rival, renonce alors à la couronne. Ce n'est que le 1er janvier 898, à la mort d'Eudes, qui a demandé sagement à ses hommes de se rallier à Charles, qu'il commence à régner.
Le roi de France est alors sous la tutelle du frère d'Eudes, Robert, duc des Francs. En 920, las des conseils de Robert, Charles donne sa faveur à un Lorrain, Haganon, ce qui provoque la révolte d'une partie des seigneurs.
Le duc Robert, soutenu par les mécontents, se fait sacrer à Reims le 29 juin 922 par l'archevêque de Sens. Un an plus tard, la mort de Robert conduit ce même archevêque à couronner Raoul de Bourgogne, gendre du défunt.
Pendant ce temps, le comte Herbert de Vermandois, allié de Raoul, fait prisonnier le roi Charles le Simple, qui doit être retenu captif dans la tour de Péronne jusqu'à sa mort, le 7 octobre 929.
Ce règne mouvementé n’est cependant pas sans évènements heureux.
Charles III peut introduire, au moins provisoirement, la Lotharingie (Lorraine) dans la mouvance française. En 911, en effet, la dynastie carolingienne s'éteint en Allemagne avec la mort de Louis IV l'Enfant et la Lorraine reconnait Charles le Simple, à qui elle demeure fidèle jusqu'en 923.
Enfin, Charles III a surtout le mérite de fixer les Normands dans ce qu'on appellera alors la Normandie, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911 et d'arrêter ainsi définitivement les invasions normandes. Par ce traité, le chef des Normands, le Scandinave Rollon, accepte de devenir l’ «homme du roi» et de recevoir le baptême, moyennant la cession, pour lui et ses hommes, des rives de la basse Seine, des pays de Rouen, Caen et Evreux, auxquels s'ajoutent, en 924, le Bessin et, en 933, le Cotentin et l'Avranchin.
Les voisins des Normands peuvent enfin respirer quelque temps, mais les compagnons de Rollon résistent mal à l'envie de se jeter, sous un prétexte quelconque, sur les territoires contigus au leur.
Se mêlant à la société franque, ils en adoptent les usages, la langue, la religion même. Ils font de la Normandie la province la plus riche.
Après la mort de Charles III, Raoul continue de régner jusqu'en 936. Le fils de Charles le Simple, Louis IV, dit d'Outremer, lui succède alors.
Robert Ier (Vers 865-923) et Raoul de Bourgogne (Vers 890-936)
Robert 1er (dynastie des Robertiens)
ROBERT 1er (vers 865 - 923) et RAOUL DE BOURGOGNE ( vers 890 - 936)
ROBERT 1er
Second fils de Robert le Fort, Robert 1er, né vers 865 voit son frère aîné, Eudes, monter sur le trône en 888 à la mort de Charles le Gros et malgré l'existence d'un Carolingien légitime, Charles III le Simple.
Le nouveau roi donne à Robert ses comtés de Paris, de Tours, de Blois et d'Anjou, ainsi que diverses abbayes (Saint-Denis, Saint-Martin de Tours, Saint-Aignan d' Orléans). Robert prend également le titre de « marchio », ou marquis c'est-à-dire commandant militaire d'une marche.
A la mort de son frère, le 1er janvier 898, il voit sans plaisir Charles III le Simple lui succéder. Celui-ci lui reconnait le titre de duc des Francs. Au bout de quelques années, les grands feudataires (Personnes qui possèdent un fief) se liguent contre Charles III, accusé de se laisser mener par un parvenu lorrain, Haganon.
Robert mène le complot avec son fils, Hugues le Grand et ses deux gendres, Raoul de Bourgogne et Herbert de Vermandois.
Le Carolingien Charles III étant déposé, Robert se fait élire roi par les grands le 29 juin 922 et sacrer à Reims par l'archevêque de Sens, Gautier. Mais Charles le Simple n'accepte pas cette éviction et livre bataille à ses ennemis à Soissons, le 15 juin 923, et Robert est tué dans l'action.
RAOUL DE BOURGOGNE
Le fils de Robert, Hugues le Grand, refuse la couronne et celle-ci revient à Raoul, duc de Bourgogne depuis la mort de son père, Richard le Justicier en 921, et gendre du défunt par son mariage avec Emma. Il est sacré à Soissons le 13 juillet.
Cependant, Charles le Simple n'a pas renoncé à son trône. Herbert de Vermandois lui tend un guet-apens et le fait prisonnier ; le captif est enfermé à Château-Thierry, puis à Péronne.
Le règne de Raoul est marqué par les incessantes incursions des Normands. Le roi tente d'acheter la paix en leur octroyant des provinces (Maine et Bessin), mais il lutte aussi contre eux avec vigueur. Il les bat à Eu en 925 et il est vaincu l'année suivante à Fauquembergue. Il perd, d'autre part, la Lotharingie, cédée au Saxon Henri l'Oiseleur et doit également combattre des envahisseurs hongrois.
Il lutte surtout contre son beau-frère. Herbert de Vermandois, dont l'appétit est grand et qui le menace de remettre Charles le Simple sur le trône (il installe même le Carolingien à SaintQuentin en 927). Devant cette menace, le roi doit lui céder Laon, qu'il reprend après la mort de Charles le Simple en 929.
En 933, il reçoit l'hommage de Guillaume Longue-Epée, fils du chef normand Rollon, ce qui met fin a de vieilles querelles. Deux ans plus tard, il se réconcilie avec Herbert.
Il repart encore en campagne contre les Hongrois, mais ses forces déclinent et il meurt à Auxerre en janvier 936.
Louis IV d'Outremer (936-954)
Le roi d'Outremer
LOUIS IV D'OUTREMER (936-954)
Louis IV est surnommé d'Outremer parce qu'il s'est réfugié en Angleterre (pays d'origine de sa mère, fille du roi anglais Edouard l’Ancien) pendant les règnes des " Robertiens" Robert 1er et Raoul, qui avaient déposé son père, Charles III le Simple. Et c'est « outre-mer » qu'on va le chercher lorsque Raoul meurt, le 14 janvier 936, sans héritier direct.
Il aurait été logique que le fils de Robert, le puissant Hugues le Grand, succède à Raoul, son beau-frère, mais le Robertien préfère gouverner sous le nom d'un Carolingien car il espère exercer la réalité du pouvoir tout en maintenant un semblant de légitimité carolingienne. Il place donc sur le trône le jeune Louis IV âgé de seize ans, qu'il pense tenir sous sa dépendance. Mais Louis d'Outremer n'était pas homme à se laisser mener.
Sacré à Laon le 16 juin 936 par la volonté de Hugues le Grand, le jeune roi élimine aussitôt son ambitieux rival. Pour cela, il trouve des alliances auprès des Bourguignons et du duc de Normandie, Guillaume Longue-Epée. Mais ses espoirs reposent surtout sur le roi de Germanie, Otton le Grand, qui est à la fois son beau-frère (sa femme, Gerberge, est la soeur d 'Otton) et celui de Hugues le Grand ! C’est Hugues qui prête le premier hommage à Otton, ce qui a pour résultat une invasion allemande dans l'est du royaume, invasion que Louis IV peut arrêter rapidement grâce à l'appui des Normands, des Aquitains et des Bourguignons.
Du coup, le Carolingien, diplomate, laisse son beau-frère Otton trancher dans les affaires du royaume et soumet même sa conduite à un concile réuni non loin de Mayence : le concile prend le parti du roi et menace Hugues d'excommunication. La lutte continue et Louis IV réussit à battre, avec l'appui d'Otton, son gênant rival en 948, avant de se réconcilier avec lui lors d'une entrevue sur les bords de la Marne en 950.
Ces difficultés mobilisent les forces de Louis IV pendant presque tout son règne mais ne l'empêchent pas cependant de faire face aux Normands qui se sont révoltés après l'assassinat de Guillaume Longue-Epée et l'avènement du nouveau duc Richard 1er et de les soumettre avec l'aide d'Otton.
Il y a, d'autre part, la satisfaction de se faire reconnaître par le puissant duc d'Aquitaine, Guillaume Tête d'Etoupes.
Son règne se termine prématurément avec sa mort due à une chute de cheval en septembre 954, alors qu'il n'a que trente-quatre ans. Il laisse deux fils, l'aîné Lothaire, âgé de treize ans, qui succède à son père avec l'appui de Hugues le Grand et le petit Charles de Basse-Lorraine, qui sera écarté du trône par Hugues Capet.
Lothaire (941-986)
Les derniers rois Carolingien
LOUIS V dit le fainéant
LOTHAIRE (941-986)
Né en 941 à Laon, ce Carolingien est le troisième membre de sa famille qui a porté à la fois ce prénom et une couronne souveraine, mais il est le seul Lothaire qui a été roi de France. Fils et successeur de Louis IV d’Outremer, il ne monte sur le trône de France qu’après avoir été « élu » par les grands et sacré à Reims le 12 novembre 95
Son oncle par alliance, le Robertien Hugues le Grand, duc de France, s’impose comme régent de fait. La force germanique s'affirme : la mère de Lothaire est une princesse de la nouvelle dynastie royale de Germanie : la dynastie saxonne. Soeur de l'épouse de Hugues le Grand, à la mort de celui-ci en 956, la régence passe, pour neuf ans entre les mains de l'oncle maternel du roi Brunon de Saxe, archevêque de Cologne, duc de Lorraine et frère du roi de Germanie Otton le Grand.
Lothaire épouse Emma d'Italie, fille du feu roi Lothaire d’Italie et de l'ambitieuse reine Adélaïde, remariée avec Otton le Grand qui peu après, restaure à son profit l'Empire romain en 962. Durant cette période, la France se trouve dans l'orbite de la Germanie, nouvelle force impériale.
En 963, Lothaire se rend à Cologne, à la cour de son oncle l'empereur, qui mène une politique d'équilibre en France entre ses deux neveux, le roi Lothaire et le nouveau duc de France, Hugues Capet.
Après la mort d'Otton le Grand, Lothaire tente de s'émanciper en mettant la main sur la Lorraine, passée à la Germanie depuis la disparition de la Lotharingie à fin du IX siècle. Cela entraine une guerre de deux ans (978-980), sans résultat, entre les cousins germains : Lothaire atteint Aix-la-Chapelle mais le nouveau roi-empereur Otton II, mène une offensive jusqu'à Montmartre. Puis, en 983, à la mort de ce prince, Lothaire envahit de nouveau la Lorraine, s'empare de Verdun, arrive en Alsace et aux portes de Liège : il cherche à abattre la Maison de Saxe et à redonner le pouvoir à la maison Carolingienne.
Cette guerre met en péril l'unité et la force de l’Empire romain germanique. L’Eglise ne peut l'admettre. L'archevêque de Reims, le Lorrain Adalbéron, et le savant Gerbert d’Aurillac (futur pape Sylvestre II) soutiennent Otton III contre Lothaire. Le conflit tourne court mais l’Eglise, en la personne d' Adalbéron, se montre de plus en plus favorable à l'ambition de Hugues Capet.
LOUIS V dit le fainéant
Dès 979, le roi a-t-il pris la précaution de faire sacrer, son fils, né en 967 et quand il meurt, le 2 mars 986 à Compiègne, ce prince lui succède sans encombre sous le nom de Louis V dit le Fainéant.
Celui-ci meurt accidentellement le 21 mai 987, après quelques mois d'un règne dominé par L’influence de sa mère, Emma. Et, malheureusement pour ce jeune roi, le 21 mai 987, au cours d'une partie de chasse, Louis V chute de son cheval et meurt accidentellement.
Son règne est on ne peut plus bref, et de ce fait, on le surnomme le Fainéant. Louis V dit le Fainéant est le dernier roi carolingien.
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