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Voyageuse solo. Épicurienne. Carpe Diem. Passionnée d'histoire & généalogie. J'❤️ visiter les châteaux, édifices religieux, monuments historiques, villages de caractère et médiévaux. Mon univers est riche et curieux. J'❤️ l'art, dessin, peinture, lecture, musique, balades, photographie, gastronomie, bien-être, arts divinatoires. Famille, enfants, petits-enfants, et ami(e)s complètent mes passions

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Publié par CHANTALE

La Dynastie des Capétiens (987-1328)

La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

La Dynastie des Capétiens

 

Le nom de Capétiens vient du premier roi d'une longue lignée qui, à travers trente-sept souverains, a fait la France : Hugues surnommé Capet à cause de la chape (cappa) qu'il portait en tant qu'abbé laïque (le mot capet signifiait que Hugues était "bien pourvu en abbayes").

Mais la maison capétienne remonte beaucoup plus loin, au moins à Robert le Fort, comte d'Anjou, de Blois et de Paris, tué en 866, à Brissarthe, en combattant les envahisseurs normands et dont l'origine a donné lieu à diverses hypothèses invérifiables.

Parmi les descendants de Robert le Fort, trois montent sur le trône aux temps carolingiens : ses fils Eudes (888-898) et Robert Ier (922-923) et le gendre de celui-ci, Raoul (923-936).

Pendant cette période, les deux races, carolingienne et robertienne alternent sur le trône. Un dernier Robertien refuse la couronne : le puissant Hugues le Grand, mort en 956, qui prépare la voie à son fils, Hugues Capet.

Celui-ci est élu roi à Noyon, le 1 juin 987, par les grands du royaume. Il a l'habileté d'associer au trône, de son vivant, son fils Robert, lui donnant ainsi le prestige du sacre.

Cette tradition, assurant la continuité de la couronne dans la descendance mâle directe, dure jusqu'à Philippe Auguste (1165-1223), qui juge le principe d'hérédité assez établi désormais pour ne pas avoir besoin de cette garantie pour son héritier.

Son fils, Louis VIII, est donc le premier roi véritablement héréditaire. Le souci des Capétiens directs, bien qu'ils n'ont pas tous été des hommes de premier plan, mais qui comptent parmi eux un Philippe Auguste, un Louis XI, un Philippe le Bel, est d'être des fédérateurs. Ils accomplissent une œuvre considérable, rassemblant avec patience et ténacité les provinces et agrandissant peu à peu le domaine royal.

Quand les Capétiens directs s'éteignent à la mort de Charles IV le Bel en 1328, leurs quinze rois (en comptant un enfant qui ne vécut que quelques jours, Jean Ier) ont formé l'essentiel de la France.

En vertu de la loi salique, le droit à la couronne passe à Philippe, comte de Valois, qui prend le nom de Philippe VI.

Jusqu'en 1589, le règne des Valois, ces Capétiens indirects, longtemps méconnus et calomniés, se poursuit à travers les branches des Valois (sept rois, dont Louis XI), des Valois-Orléans (Louis XII), des Valois-Angoulême (cinq rois, dont François Ier).

A la mort d'Henri III sans héritier mâle, la couronne passe à la branche des Bourbons, issue de Robert, fils de Saint Louis, avec Henri IV, dont les six descendants (sans compter Louis XVII) règnent, avec l'intermède de la Révolution de 1789, jusqu'à celle de 1830, qui fait monter sur le trône un Orléans. Louis-Philippe, descendant du frère de Louis XIV.

Généalogie des Capétiens

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)
Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Hugues Capet (Entre 938 et 941-996)

Le Roi de fer

 

Le fils aîné de Hugues le Grand est surtout connu pour avoir fondé, bien involontairement d'ailleurs, la dynastie capétienne, qui devait conserver le trône de France pendant plus de huit cents ans.

Né à Paris entre 938 et 941, il accède à la royauté, après la mort de Louis V, quand l'assemblée des grands du royaume, réunie à Noyon, le 1er juin 987, le choisit contre son rival Charles de BasseLorraine, le "prétendant" des Carolingiens.

Un mois plus tard, il est sacré par l'archevêque de Reims, Adalbéron, qui a eu, avec son écolâtre Gerbert, un rôle décisif dans ce choix.

Cet événement est à la fois extraordinaire puisque la famille capétienne va régner jusqu'en 1848 ! et banal car il ne représente en rien une "révolution", en effet, au cours du Xème siècle, il était arrivé à plusieurs reprises qu'un Carolingien soit écarté du trône et remplacé par un de ses grands vassaux, en l'occurrence un descendant de Robert le Fort, comme l'est Hugues Capet.

De plus, les "Robertiens" ne sont ni plus ni moins puissants que les Carolingiens ; leur domaine est peu étendu (quelque 7 000 km2, guère plus qu'un département actuel), discontinu et disparate. Mais il est au cœur de la France, axé sur la route Paris-Orléans : c'est le Parisis, l'Orléanais, les pays de Chartres, Etampes, Arpajon, Poissy, Senlis, Melun auxquels s'ajoutent quelques alleux dans le Berry, l'abbaye de Saint-Riquier en Ponthieu, celle de Corbie en Amiénois et le port de Montreuil.

Le premier capétien semble, d'après les témoignages de ses contemporains, être d'un physique vigoureux, vif d'esprit, rusé même, opportuniste au besoin, d'une grande familiarité avec ses sujets dont il est aimé ; très pieux (on l'a surnommé le "roi-prêtre"), il est respectueux mais ferme à l'égard de l'Eglise et du clergé qui a contribué à son avènement. Sa femme, la reine Adélaïde, intelligente et diplomate, semble l'avoir aidé de ses conseils avisés.

Le pouvoir de Hugues Capet est cependant bien faible face aux seigneurs d'alentour, qui bafouent son autorité, et surtout en comparaison des puissants comtes de Toulouse, de Flandre, d'Anjou ou du duc de Normandie, lointains et indépendants.

Le roi doit, en particulier, lutter contre Eudes, comte de Blois et de Chartres, qu'il vainc avec l'aide du comte d'Anjou. Hugues Capet a, d'autre part, le mérite d'avoir transmis la couronne à son fils : prétextant une attaque des musulmans contre le comte de Barcelone, qui l'a appelé à son secours, et alléguant le risque de sa mort, il fait élire et couronner, dès 987, son fils aîné, Robert, comme successeur.

Cette sagesse royale sera imitée par ses descendants jusqu'à Philippe Auguste. Il meurt le 24 octobre 996 dans un domaine dit Les Juifs, dépendant de l'abbaye de Saint-Martin de Tours.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

ROBERT II LE PIEUX (Entre 968 et 974-1031)

Fils de Hugues Capet et second Roi Capétien

 

Second roi capétien, ce fils de Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitiers naquit entre 968 et 974 à Orléans. Il eut une éducation brillante, son père lui ayant donné comme maître à l'école de Reims un grand lettré, Gerbert.

Le jeune prince, doué de qualités, profita de cet enseignement : ami des livres, il était également très musicien, chantait au lutrin et composait des hymnes. Son goût pour les lettres sacrées allait le faire surnommer « le Pieux ».

De haute taille, large d'épaules, le visage aimable malgré un nez trop fort, il était imposant, tout en sachant montrer sa bienveillance. Il fut associé à la couronne par son père dès 988.

Monté sur le trône en 996, Robert prouva son énergie contre les grands féodaux toujours prêts à s'opposer au pouvoir royal, Il combattit également les princes allemands, désireux d'étendre leur domination.

A la mort de son oncle, le duc de Bourgogne Henri le Grand, il s'empara de la province, que guignait le fils adoptif du défunt, Othon Guillaume. La lutte dura treize ans, mais le roi de France l'emporta. Après sa mort, cependant, la Bourgogne échut à son troisième fils, Robert, et fut ainsi de nouveau séparée du royaume.

Le goût prononcé de Robert pour la théologie le poussait à prendre part aux synodes. Il y discutait avec les évêques des grands problèmes ecclésiastiques. Il travaillait avec son clergé à réprimer les hérésies. Cependant, sa vie privée entraîna un conflit avec le pape.

Vers 988, son père l'avait marié à une femme bien plus âgée que lui, Rozala, fille du roi Bérenger d'Italie et veuve du comte de Flandre, qui lui apporta en dot Montreuil-sur-Mer. Ilia répudia pour épouser la fraîche Berthe de Bourgogne, veuve du comte de Blois, sa cousine. Le pape Grégoire V convoqua un concile qui condamna le roi à se séparer de la jeune femme. Robert refusa d'obéir et fut frappé d'anathème (peine plus grave que l'excommunication).

Vers 998 (ou 1001) , il consentit à répudier Berthe. Rozala étant morte entre-temps (1003), il trouva une troisième épouse en la personne de Constance de Provence, tentant ainsi un premier essai d'union entre le Nord et le Midi , mais Constance, de caractère acariâtre , déplut aux barons du Nord. Elle donna quatre fils à son mari.

Le roi fit couronner de son vivant l'aîné, Hugues, mais celui-ci mourut avant son père et le second, Henri, succéda à Robert après la mort de celui-ci, survenue à Melun le 20 juillet 1031.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

HENRI Ier (1008-1060)

 

Ce petit-fils de Hugues Capet est né en 1008, sacré à Reims en 1026 et associé dès lors à son père, Robert le Pieu. Il lui succède le 20 juillet 1031.

Soldat brave et énergique, il doit lutter contre les ambitions des grands vassaux. Si le roi de France est, en droit, un grand personnage, son domaine réel demeure étriqué : de Compiègne à Orléans, par Senlis, Poissy. Dreux. Melun et Etampes, avec Paris pour capitale.

Les féodaux qui se partagent le reste du royaume, sont pratiquement indépendants, s'attachant d'autant plus à le rester que la politique d'association du prince héritier à la couronne rend déjà la monarchie héréditaire et la fortifie par conséquent. Le roi doit tenir compte également de la puissance politique et financière de l'église.

Pour soustraire le clergé à l’influence de la papauté et, simultanément, pour tirer profit de la distribution des sièges épiscopaux.

Henri Ier attribue souvent ceux-ci aux candidats les plus offrants, n'hésitant pas ainsi à se comporter en roi simoniaque.

Des événements tumultueux se sont entrecroisés sur cette toile de fond. Dès son avènement, le roi, à qui sa mère, Constance d 'Arles préfère son Cadet, Robert est aux prises avec une révolte conduite par ce prince et la reine mère, soutenus par plusieurs féodaux dont le puissant comte de Blois et de Champagne.

Après la mort de sa mère en 1032, Henri 1er réussit à obtenir la soumission de son frère en lui laissant le riche et vaste duché de Bourgogne, qui est échu au domaine capétien au début du siècle mais y est encore mal intégré. Du moins annexe-t-il le Sénonais qui sera définitivement incorporé au domaine en 1055.

La guerre contre la Maison de Blois est encore plus longue et le roi réussit seulement à faire passer la Touraine des mains de celle-ci entre celles du comte d'Anjou vers 1060 : c’est un moindre mal.

Enfin. Henri Ier parait avoir discerné deux dangers : vers l'ouest, il tente en vain d'affaiblir l'entreprenant Guillaume, duc de Normandie, futur conquérant de l'Angleterre, et perd la bataille de Mortemer en 1054 : vers l'est, pour contenir le souverain de Germanie, l'empereur, il s ‘acharne à conserver quelques pouvoirs sur l'archevêché de Lyon, s'appuie sur le duc de Lorraine, menacé comme lui par la Maison de Blois, et envoie comme ambassadeur en pays slave, en 1084, l'évêque de Châlons-sur-Marne.

A Reims, en 1051, il épouse la princesse Anne de Kiev, fille du grand-duc de Kiev, qui donne naissance, en 1052 au prince Philippe.

Dès 1059, celui-ci est sacré à Reims. Ainsi le roi a t-il assuré sa succession quand il meurt à Vitry-aux-Loges le 4 août 1060.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

PHILIPPE Ier (1052-1108)

Fils d'Henri 1er et d'Anne de Kiev, né le 23 mai 1052.

 

Philippe a huit ans lorsque, à la mort de son père en 1060, il monte sur le trône sous la tutelle de son oncle Baudoin V, comte de Flandre, qui administre fidèlement le royaume jusqu'à la majorité du jeune roi.

Le long règne de Philippe 1er est un temps mort pour la royauté capétienne car ce gros homme, pourtant intelligent, et même lettré est amateur de ripailles et de femmes, il sombre très vite dans l'adultère et fait preuve d'une prodigieuse inertie sur le plan politique.

Il épouse Berthe de Hollande qui lui donne deux enfants dont le futur Louis VI. Mais, ayant répudié son épouse, il enlève, en 1092, la femme de Foulque d'Anjou, l'intrigante et cynique Bertrade de Montfort, qui domine le roi pendant le reste du règne.

L'archevêque de Rouen, circonvenu, bénit ce mariage, ce qui n'empêche pas Philippe d'être excommunié au concile de Clermont, où est prêchée la première croisade de 1095.

Plusieurs fois frappé d'interdit, le peuple de France est désespéré par l'attitude de son roi qui ne semblait pas se repentir, d'autant que le jeune Louis, né du premier mariage, est réduit à une demi-misère et tyrannisé par Bertrade.

Dans ces conditions le rôle des officiers de la Couronne ne cesse de croître et notamment celui du sénéchal. La fonction est occupée par Guy 1er de Montlhéry, un des plus puissants barons du royaume et indispensable conseiller d'un roi qui se désintéresse des affaires de l'Etat.

Philippe est ainsi le témoin passif de la conquête de l'Angleterre en 1066 par le duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, et la tentation est grande pour Guillaume de s’emparer aussi du royaume de France : seule la blessure mortelle qui terrasse le duc près de Mantes en 1087 sauve le Capétien de cette grave menace.

Si peu actif qu'il soit, Philippe 1er agrandit cependant le domaine royal par l'acquisition du Gâtinais en 1068, de Corbie en 1074, du Vexin en 1077, malheureusement cédé par Henri 1er au duc de Normandie et de la vicomté de Bourges en 1100-1101. Il peut enfin y ajouter les terres de Mantes et de Montlhéry, en mariant Philippe, fils aîné de Bertrade à 1 la fille de Guy de Troussel, seigneur de ces fiefs tant convoités.

Les dernières années de Philippe 1er sont relativement paisibles. Le Roi, impotent et se sentant vieillir, associe au trône, malgré la fureur de Bertrade, son fils louis qui, à partir de 1101 gouverne comme si son père n’existe plus.

Philippe meurt dans son château de Melun, réconcilié avec l'Eglise, le 29 juillet 1108, après un long règne de quarante-huit années au cours desquelles la monarchie est demeurée assez apathique.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

LOUIS VI LE GROS (vers 1081-1137)

Fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande

 

Né sans doute à la fin de 1081, à Paris, Louis VI dit le Gros, est connu sous le sobriquet de Gros en raison de l'obésité maladive qu'il tient de ses parents. Ce "colosse au teint blême" comme dit Suger, est cependant plein de majesté.

Brave et prompt au combat, il est le type même du bon roi, modeste, qui charme par sa gaieté, sa jovialité et même et par sa vive intelligence qui vaut le surnom d' "Eveillé".

Mais sa grande bonté, souvent naïve, mêlée à une certaine avarice le conduit à s'entourer (au début de son règne du moins) de conseillers fourbes et ambitieux.

Ensuite, il écoute les sages conseils de Suger qui n’est cependant pas le seul à avoir de l’influence sur le roi : Louis VI garde des conseillers de son père, tel Guy de Senlis, prend les avis d'Henri le Lorrain pour les questions économiques et a comme favoris trois membres de la famille de Garlande : Anseau, puis Guillaume et enfin Etienne ; ce dernier le trahit et sur l'avis prudent de la reine est renvoyé, finalement, la reine parvient à réconcilier les deux hommes.

La seconde épouse (la première Lucienne de Rochefort, est répudiée en 1107 sous le prétexte de non-consommation) de Louis VI, Adélaïde de Savoie (1092-1154), est en effet une femme intelligente et avisée, à défaut d'être belle (elle est sans doute la plus laide des reines de France), et donne sept fils et une fille à son époux.

La famille royale vit à Paris, au palais de la Cité quand elle n’est pas au château de SaintGermain-en-Laye. Dès 1129, le roi associe au trône son fils aîné et préféré Philippe, et le fait couronner mais celui-ci meurt d'un accident de cheval le 13 octobre 1131 ; aussi est-ce Louis le Jeune, le futur Louis VII, qui est associé. 

Du point de vue politique l’activité du roi est telle qu’on le surnomme "le roi qui ne dort pas". Elle est essentiellement de maintenir une justice équitable, de veiller à la sécurité de tous ses sujets et de guerroyer contre les seigneurs brigands du domaine qu’il réussit à soumettre.

Par maintes expéditions ou par des achats, il agrandit le domaine et met la main sur Corbeil, Montlhéry, Mantes... Il s’illustre aussi en se présentant devant Reims, ce qui suffit à faire reculer l'empereur d'Allemagne Henri V, gendre du roi d'Angleterre, qui menace la ville : cette célèbre "levée d'ost" de 1124 témoigne du prestige que Louis VI a apporté à la royauté française.

Ce roi, très profondément religieux, a aussi l'honneur de recevoir en 1131 à Saint-Benoît-surLoire, le pape Innocent II, qui vint implorer son secours contre l'antipape Anaclet.

Enfin, Louis VI marie son fils Louis le Jeune à Aliénor d'Aquitaine le 25 juillet 1137, mais, malade, il meurt le 1er août et est enseveli à Saint-Denis, où il aimait se retirer comme moine.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

LOUIS VII LE JEUNE (vers 1120-1180)

Fils d'Adélaïde de Savoie et de Louis VI le Gros.

 

Louis VII lui succéda à l’âge de dix-sept ans, le 1er août 1137, un mois à peine après son mariage avec Aliénor d'Aquitaine. C'était un homme plein de douceur, mais capable de dureté et de cruauté, et d'une grande simplicité, qui contrastait avec la cour luxueuse de son épouse.

Actif et batailleur, ce Capétien avait été détourné de sa vocation (le cloître) en 1131, par la mort de son frère aîné, Philippe.

Associé dès ce moment au trône, il garda une grande dévotion et une soumission à I’ église qu'on jugea trop passive.

On continue, en effet, à présenter parfois Louis VII comme un personnage effacé, voire incapable, trompé et battu par ses vassaux alors qu'il se montra, pendant ses quarante-trois ans de règne, juste et ferme, capable de maintenir intact le royaume face aux ambitions des très puissants Plantagenêt et de Frédéric Barberousse, tout en développant énergiquement les institutions royales, œuvre qui sera poursuivie par son fils Philippe Auguste.

Pour voir naître ce fils tant désiré, Louis VII dut attendre 1165. En effet, sa première épouse. Aliénor d'Aquitaine, ne lui donna que deux filles, ce qui pesa lourdement dans la décision du roi de divorcer, en effet, en 1152 le concile de Beaugency annula le mariage pour cause de consanguinité.

Deux ans plus tard. Louis VII épousa Constance de Castille, qui mourut en couches en octobre 1160 sans lui laisser d'héritier mâle ; aussi quarante jours plus tard le roi épousa-t-il Adèle de Champagne, la fille du puissant comte Thibaud Il «belle, chaste et vertueuse» au dire des chroniqueurs, et qui mit au monde, le 21 août 1165, le futur Philippe Auguste.

Pendant ce temps, Louis VII, admirablement secondé par Suger, abbé de Saint-Denis (mort en 1151) avait maintes fois quitté son domaine pour aller en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ou à Cantorbéry, et surtout diriger la deuxième croisade (1147-1149). Plus tard, ce roi toujours fidèle à I’ église, donna asile au pape Alexandre III, menacé par Frédéric Barberousse, et à Thomas Becket. Pourchassé par Henri II sans pouvoir pour autant empêcher ce dernier de faire assassiner l’archevêque de Cantorbéry.

Dans le domaine intérieur, Louis VII développa la Curia Regis, poursuivit l'œuvre de police commencée par son père, intervint militairement en Bourgogne, au Berry et au Languedoc, recevant partout l'hommage de ses vassaux.

Mais, frappé, au début de 1179, de paralysie partielle, il fit sacrer son fils et mourut le 18 septembre 1180.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Philippe II Auguste (1180-1223)

Le fils de Louis VII et et d'Adèle de Champagne

 

"Dieu daignera-t-il jamais donner à moi ou à un autre roi de France la grâce de rendre au royaume de France son état ancien et cette grandeur qu'il avait au temps de Charles ?»" dit, un jour, celui qui précisément va quadrupler le royaume et faire progresser l'autorité royale.

Cet homme d'Etat de premier ordre, né dans la nuit du 21 au 22 août 1165, à Gonesse, n'a que quatorze ans lorsqu'il est sacré le 1er novembre 1179, du vivant de son père, alors très malade.

Dix mois plus tard, le 18 septembre 1180, Louis VII meurt et Philippe II lui succède. C'est un bel homme, au visage agréable et riant, mais il est irritable, hypernerveux, sujet à des peurs maladives et angoissé par la mort ; il sait cependant fort bien se maîtriser.

Peu porté sur les études (il n'a jamais pu savoir le latin), c'est un bon vivant qui préfère la chasse et l'action, où il se montre prudent. Il écoute les conseils, même des petits, et recherche toujours la justice et la vérité. Bon catholique, pieux même, il a hérité de sa mère, Adèle de Champagne, une intelligence vive et l'amour du pouvoir et de la gloire.

Il épouse, en 1180, Isabelle de Hainaut, puis, en 1193, Ingeborge de Danemark qu'il va répudier le lendemain des noces pour se marier avec Agnès de Méranie, provoquant ainsi la mise en interdit du royaume par le pape.

Sa grande tâche et son mérite sont d'agrandir la France ou, plus exactement, le domaine royal dont il est le seigneur direct. Pour cela il s'en prend aux Plantagenêts, les rois d'Angleterre qui dominent alors la France de l'Ouest.

Conflit avec les anglais

Il s'oppose d'abord à Henri II, contre qui il attise l'ambition de ses fils et des barons poitevins, et arrive à lui faire céder une partie du Berry et l'Auvergne en 1189. Il trouve ensuite en Richard Cœur de Lion un adversaire redoutable (1189- 1199), très différent de son frère, Jean sans Terre, qui lui succède.

Jean sans Terre est un demi fou, instable et irresponsable, que Philippe II, s'appuyant sur le baronnage, déshérite habilement ; en effet, Philippe Auguste fait prononcer par la cour féodale des pairs la confiscation de tous ses fiefs pour refus d'obéissance vassalique le 28 avril 1202.

Durant une brève période Philippe Auguste s'allie à Richard Cœur de Lion et s'embarquent pour la Terre Sainte pour la troisième croisade en 1190.

Le roi de France s'empare ainsi de la très riche Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine, du Poitou et de la Saintonge, et le même esprit féodal qui a permis le déshéritement de l'Anglais assure la soumission de ces nouvelles provinces françaises.

Seule la Guyenne reste anglaise tandis que la Bretagne demeure hors du domaine. Cependant, Philippe Auguste se heurte au roi d'Angleterre, à l'empereur allemand et au comte de Flandre, coalisés, qui l'attaquent en 1214 ; le 27 juillet, la victoire française de la bataille de Bouvines assure la soumission de la Flandre et l'acquisition d'Amiens, du Vermandois et du Valois.

La bataille de Bouvines – 27 Juillet 1214 La victoire française de Bouvines assure la soumission de la Flandre et l'acquisition d'Amiens, du Vermandois et du Valois

Philippe Auguste ne se soucie pas seulement d'étendre le domaine royal, il désire aussi unifier ce royaume et y asseoir son autorité. Ainsi s'explique sa politique ecclésiastique, qui tend toujours à maintenir un difficile équilibre entre la défense de l'Eglise et celle des prérogatives royales.

S'il protège le clergé contre les prétentions abusives de la noblesse ou des communes, il ne cesse en même temps d'affirmer, dans ses actes comme dans ses paroles, la supériorité du pouvoir monarchique sur tout autre pouvoir, fût-il spirituel, dans la vie intérieure du pays.

En revanche, l'épiscopat doit se soumettre aux impératifs financiers de la royauté (notamment se plier au "service d'ost" ou à sa compensation pécuniaire), se solidariser avec le roi dans le conflit qui l'oppose à la papauté et enfin accepter la limitation des privilèges en matière de justice ecclésiastique.

De la même manière, Philippe Auguste se montre très libéral envers les communes, dont il confirme et augmente les privilèges ; mais cette reconnaissance de l'indépendance communale lui apporte, en échange, le concours effectif de la bourgeoisie qu'il favorise : outre le paiement de taxes, il peut compter sur la milice communale, ce qui est surtout appréciable dans les villes frontières.

Dans tout le royaume, Philippe Auguste institue des baillis, véritables lieutenants du roi, détachés de la Curia regis. Dans leurs bailliages ou circonscriptions, ceux-ci rendent la justice, surveillent les prévôts, veillent à la rentrée des impôts et protègent les églises et les abbayes.

Les ressources du domaine sont multipliées en proportion de son extension et par suite d'une meilleure perception ; aux péages, droits féodaux, etc. (relief et aide aux quatre cas), s'ajoutent les droits propres aux juifs, les amendes et droits de justice, les droits de chancellerie et les profits de monnaie, sans compter la régale (perçue lors de la vacance d'un siège épiscopal ou abbatial).

Un roi bâtisseur

Il est vrai aussi que la bonne gestion financière du royaume est facilitée par l'austérité de la cour, dont la vie quotidienne est frugale. En revanche, Philippe Auguste n'hésite pas à embellir Paris en construisant le château qui est à l'origine du palais du Louvre, en favorisant les travaux d'achèvement de Notre-Dame, en commençant le pavage des rues de la capitale et en entourant celle-ci d'une enceinte fortifiée.

Ce véritable chef d'Etat qui, tant par ses admirables qualités militaires et diplomatiques que par la clairvoyance de son œuvre intérieure, donne un éclat prestigieux à la monarchie française, meurt le 14 juillet1223, à Mantes, après quarante-trois ans d'un règne fructueux, laissant le pouvoir à son fils Louis VIII.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Louis VIII Le Lion (1187- 1226)

 

Surnommé "le Lion" en raison de ses talents militaires, ce fils de Philippe Auguste et d'Isabelle de Hainaut, né le 5 ou le 7 septembre 1187 à Paris, succède à son père à l'âge de trente-six ans.

Avec sa femme, Blanche de Castille, aussi énergique et clairvoyante que belle, il est couronné et sacré à Reims le 6 août 1223 par l'archevêque Guillaume de Joinville. Décidé à poursuivre l'œuvre de son père, Louis VIII garde auprès de lui les fidèles serviteurs que sont Mathieu de Montmorency, Enguerrand de Coucy ou Robert de Courtenay.

Par une politique habile et des tournées dans les provinces, notamment en Normandie, dans les pays de la Loire, en Artois et en Picardie, Louis VIII agrandit le royaume. Le roi Henri III d'Angleterre, fils de Jean sans Terre, ayant en vain réclamé la restitution des territoires confisqués en 1202 par Philippe Auguste, a repris, après la mort de celui-ci, les titres de "duc de Normandie" et de "comte de Poitou". En réponse, le nouveau roi de France entre en campagne. Il annexe le Poitou et la Saintonge, préparant ainsi la future conquête de l'Aquitaine. Il acquiert également plusieurs châtellenies et le Perche.

Mais, surtout, Louis VIII intervient en 1226 au Languedoc, dans le cadre de la fameuse croisade contre les Albigeois (Cathares), à laquelle il est entraîné par le pape Honorius III et par Amaury de Montfort (fils de Simon de Montfort).

Les villes languedociennes tombent une à une devant le roi, et Avignon, elle-même, capitule en septembre 1226 après une résistance de trois mois, ce qui entraine la soumission de tout le Languedoc.

La "croisade" est terminée. L'assemblée de Pamiers proclame que les fiefs et domaines confisqués sur l'hérésie appartiennent au roi de France. Louis VIII, recru de fatigue, rentre à Paris lorsqu'il doit s'aliter au château de Montpensier, en Auvergne, le 4 novembre 1226.

Quatre jours plus tard, il meurt laissant le royaume à son fils aîné, le petit Louis IX, alors âgé de douze ans.

Par un testament rédigé en 1225, Louis VIII avait prévu que la régence reviendrait à Blanche de Castille, tandis que chacun de ses fils recevrait des apanages. Cette mesure, qui va aliéner pendant plusieurs années près du tiers du domaine royal (les apanages ne sont, en effet, transmissibles qu'en ligne directe sinon reviennent au roi de France), est prise par le roi "pour que la discorde ne peut naître entre ses fils".

Ainsi, Robert reçoit l'Artois, Jean, les comtés du Maine et d'Anjou, Alphonse, le Poitou et l'Auvergne. Le règne de ce roi chétif, mais instruit et habile, très pénétré de la grandeur de sa race et de sa mission, est en définitive brillant malgré sa brièveté, mais il fait pâle figure entre les règnes exceptionnels de son père et de son fils.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Blanche de Castille (1188 - 1252)

 

A la mort de Louis VIII, un enfant de douze ans, le futur Saint Louis, monte sur le trône de France. La chance veut que sa mère, devenue régente par la volonté du roi défunt, a toutes les qualités d'intelligence et de caractère nécessaires à son nouveau rôle.

Née le 4 mars 1188 à Palencia (Vieille-Castille), cette fille d'Alphonse VIII de Castille est mariée au futur Louis VIII à la suite du traité du Goulet conclu entre son oncle Jean sans Terre et Philippe Auguste en 1200. Elle est une épouse dévouée, pieuse, soucieuse des intérêts du royaume. Le roi la consulte souvent.

Veuve, Blanche de Castille gouverne avec sagesse. Elle garde auprès d'elle les meilleurs conseillers de Louis VIII, tels les chanceliers Guérin et Barthélemy de Roye, ou l'archevêque de Sens, Gautier Cornu.

Cependant les grands féodaux, voyant le royaume mené par une femme, croient l'heure venue de relever la tête. La régente doit compter avec Philippe Hurepel, comte de Boulogne, bâtard légitimé de Philippe Auguste et d'Agnès de Méranie, irrité de n'avoir pas la place qui lui semble due, ainsi qu'avec les comtes de la Marche, de Bretagne, de Bar, de Champagne, qui s'entendent pour réclamer des territoires.

A plusieurs reprises, Blanche de Castille doit briser les révoltes. Les seigneurs, heureusement, ne s'entendent pas entre eux, chacun cherchant son propre avantage. Blanche de Castille sait gagner l'appui du comte de Flandre, détenu depuis Bouvines au Louvre et qui, délivré, devient un de ses fidèles.

On raconte que le comte Thibaut de Champagne, un poète, a fait sa soumission parce qu'il est tombé amoureux de la régente. Mais la grande affaire du royaume est la guerre contre les Albigeois (Cathares), commencée sous Philippe Auguste et que continue, en 1226, le cardinal de Saint-Ange, légat du pape et conseiller de la régente.

Les luttes se terminent par le traité de Paris en avril 1229. Blanche de Castille se fait céder la moitié du comté de Toulouse, le reste devant revenir à la monarchie capétienne par le mariage de son second fils avec la fille unique de Raymond VII de Toulouse. C'est là, pour la dynastie, une victoire.

Lorsqu'en 1235 Saint Louis est déclaré majeur, sa mère lui laisse un royaume prospère. Elle continue du reste à garder une grande influence sur lui et redevient régente lorsqu'il part pour la 7e croisade en 1248.

Elle meurt pendant l'absence de son fils, en novembre 1252, et est enterrée en l'abbaye de Maubuisson, qu'elle a fondée.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Louis IX dit Saint Louis (1214 - 1270)

 

Petit-fils de Philippe Auguste par son père, Louis VIII le Lion, et arrière-petit-fils d'Henri II Plantagenêt par sa mère, Blanche de Castille, qui l'élève énergiquement, Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis, est un personnage exceptionnel, un des plus grands souverains de la dynastie capétienne et un des hommes qui ont le plus contribué à la grandeur de la France.

Né à Poissy, en 1214, il est trop jeune pour gouverner la France à la mort de son père, en 1226. Sa mère, Blanche de Castille, exerce alors la régence jusqu'à sa majorité, en 1235, continuant d'ailleurs à conduire les affaires au moins jusqu'en 1242.

De tempérament nerveux et même irascible, il a un grand empire sur lui-même et se montre le plus souvent gai, aimant à plaisanter. C'est un beau chevalier, blond, "élancé, de haute taille, à la figure gracieuse".

Il a une volonté ferme et, s'il est très pieux, et même ascète, il a horreur des bigots ; sa dévotion est toujours éclairée, fondée sur la charité, comme en témoignent les institutions charitables qu'il crée (l'hospice des Quinze-Vingt, par exemple) et l'habitude qu'il a de recevoir à sa table de nombreux pauvres.

Sur le plan intérieur, sa mère lui laisse un royaume prospère et calme qu'il centralise et où il s'efforce de faire régner la justice.

La légende du bon roi Saint Louis rendant la justice sous un chêne de Vincennes témoigne de ce souci constant ; il surveille baillis et sénéchaux en envoyant des gens de la cour enquêter sur leur gestion et recevoir les plaintes des administrés; par les ordonnances royales de 1254 et 1256, il fait disparaître les exactions et la corruption ; pour faire régner l'ordre, tout en affermissant le pouvoir monarchique, il interdit, en 1258, le duel judiciaire et les guerres privées, en accord avec la décision du IVème concile de Latran ; il prend même des mesures contre la prostitution, les jeux de hasard et les blasphémateurs.

Ce règne pacificateur coïncide avec une belle prospérité économique qui amène Saint Louis à affirmer le monopole de la monnaie royale, gros d'argent et écus d'or, dont la frappe est décidée entre 1263 et 1266. C'est pendant son règne aussi que la France se couvre de cathédrales gothiques et que l'université de Paris surpasse toutes les autres.

La politique extérieure de Saint Louis est dominée par un souci constant de paix ; ce roi très chrétien aime répéter "bénis soient les apaiseurs", c'est-à-dire ceux qui font la paix. C'est ainsi qu'à l'intérieur il interdit les guerres privées et qu'en Europe il s'attache, pendant tout son règne, à faire régner la paix, arbitrant nombre de conflits. Il tranche ainsi le différend qui oppose entre elles les maisons d'Avesnes et de Dampierre, au sujet de l'héritage de la Flandre et du Hainaut (1256).

A la "mise d'Amiens", Saint Louis veut faire cesser le conflit né entre Henri III d'Angleterre et ses barons ; la sentence est favorable au premier... mais les seigneurs anglais ne veulent pas l'accepter (1264).

Il n'oublie pas pour autant ses devoirs de roi, au contraire, car il a une haute idée de ses prérogatives royales et de la mission qu'il a d'assurer le salut des âmes de ses sujets et de faire triompher la chrétienté.

Pourtant, Saint Louis n'a pas toujours été l'ami d'Henri III : quand, en 1242, le roi d'Angleterre débarque en France pour soutenir les barons poitevins révoltés, Louis IX va à sa rencontre et le bat à Taillebourg et à Saintes ; cependant, l'"apaiseur" cherche à se réconcilier avec Henri III, son beau-frère, et des négociations commencent en 1254.

Elles aboutirent, en 1259, au traité de Paris, qui met fin au conflit engagé jadis entre Philippe Auguste et Jean sans Terre : Henri III prête l'hommage lige au roi de France pour l'Aquitaine, renonce à la Normandie, au Maine, à l'Anjou, à la Touraine et au Poitou, tandis queLouis IX rend tous les fiefs anglais dans les diocèses de Limoges, Cahors et Périgueux.

Un an auparavant, au traité de Corbeil en 1258, Saint Louis a conclu un accord avec le roi d'Aragon aux termes duquel il renonce à toute prétention sur le Roussillon et sur Barcelone, moyennant l'abandon des ambitions espagnoles sur la Provence et le Languedoc (sauf la seigneurie de Montpellier) ; cet accord est, en outre, scellé par le mariage de son fils, Philippe le Hardi, avec Isabelle d'Aragon.

C'est dans le même souci de paix qu'il refuse de se laisser entraîner par son frère, Charles d'Anjou, dans la conquête du royaume de Sicile et tente, en vain, de réconcilier la papauté avec l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen.

Cette volonté pacifique du roi est souvent mal jugée par ses contemporains ; pourtant, les traités qu'il signe n'entament nullement le domaine royal, qu'il se fait un devoir de conserver intact.

Une expédition, toutefois, lui parait légitime et même nécessaire : la Croisade menée contre les Infidèles, qu'il dirige à deux reprises en 1248 et 1270 avant de mourir, le 25 août 1270, sous les murs de Tunis.

En 1297, le pape Boniface VIII canonise ce très grand roi qui a donné un admirable éclat au royaume.

La bataille de Taillebourg oppose les Anglo-poitevins contre les Franco-poitevins, elle a lieu le 21 et 23 Juillet 1242. Les français remporte la victoire

La bataille de Taillebourg oppose les Anglo-poitevins contre les Franco-poitevins, elle a lieu le 21 et 23 Juillet 1242. Les français remporte la victoire

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Philippe III le Hardi (1245 - 1285)

 

Philippe III le Hardi Malgré son surnom, Philippe III le Hardi, né à Poissy dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1245, fait apparemment piètre figure entre les deux rois qui l'encadrent, Louis IX et Philippe le Bel.

Et pourtant, celui qu'on appelle aussi, plus justement "le Doux" ou "le Débonnaire" a un règne très profitable à la monarchie française. De belle prestance, il se montre le plus souvent souriant et même bonasse, il est bon cavalier, il aime la chasse et les joutes violentes.

A la fois coléreux et faible, il a une santé délicate. Très pieux, ses pénitences, mortifications et jeûnes font dire de ses contemporains qu'il "mène vie de moine plus que de chevalier".

Devenu roi à la mort de son père le 25 août 1270, il n'est couronné que le 12 août 1271, après le retour en France de la croisade et les funérailles solennelles de Louis IX (Saint Louis).

Philippe III est alors, depuis six mois, veuf d'Isabelle d'Aragon qu'il a passionnément aimée et dont il a trois enfants vivants, dont le futur Philippe le Bel et Charles, fondateur de la maison de Valois.

Ce n'est que le 21 août 1274, au grand mécontentement de sa mère, l'ambitieuse reine Marguerite, furieuse de perdre son influence, que Philippe III épouse en secondes noces Marie de Brabant, élégante jeune femme, fort lettrée (contrairement à son mari !), qui entretient autour d'elle une cour galante et raffinée dont le chantre était Adenet, le roi des trouvères.

Avec elle nait la vie de société. La faction de la jeune reine entraîne la perte du tout-puissant favori du roi, Pierre de La Brosse, qui a déconseillé le nouveau mariage et qui aurait vendu des secrets d'État à la Castille.

Le règne de Philippe III, aidé par les grands commis qui siègent à son conseil, est marqué par l'agrandissement du domaine royal : dès 1271, à la mort d'Alphonse de Poitiers et de sa femme, décédés sans enfants, le Poitou et le Toulousain notamment reviennent de droit à Philippe.

Il réussit aussi, par pariage (accord entre le roi et un seigneur), à acquérir le comté de Guînes, dans le Nord, un certain nombre de châteaux dans le Berry, en Ile-de-France, Picardie et Normandie, ainsi que le port de Harfleur.

Il annexe, en outre, le Vivarais, le Lyonnais et le Languedoc. Ce règne important, mais sans éclat, va se terminer par un échec, la fameuse "croisade d'Aragon", décidée par le pape Martin IV, qui veut abattre le parti gibelin soutenu par Pierre III d'Aragon.

Le pape proclame, en mars 1283, la déchéance de Pierre III, puis organise une croisade contre lui. Philippe III a l'imprudence d'y participer. Il conduit lui-même l'expédition en Espagne, mais doit se replier après qu'une escadre détruise sa flotte, annihilant ainsi tout espoir de ravitaillement et de renfort.

Sur le chemin du retour, atteint du typhus, il meurt à Perpignan le 5 octobre 1285.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

Philippe IV le Bel (1268-1314)

Le roi de fer

 

Petit fils de Saint Louis, dont il est tout l’opposé, ce fils aîné de Philippe III le Hardi et d’Isabelle d’Aragon, né à Fontainebleau en 1268, devient roi à dix-sept ans à la mort de son père (1285).

Sa personnalité est fort mal connue et reste énigmatique. Ce dont on est sûr, c’est que Philippe IV porte bien son surnom : la grande beauté de son visage et sa magnifique prestance sont incontestable.

Pour le reste, les avis sont partagés, notamment sur la question de savoir s’il fut faible de caractère et pauvre d’intelligence où si, au contraire, il fut un roi énergique, comme semble en témoigner l’unité de sa politique extérieure et intérieure.

Il est hors de doute, en tous cas, que pour l’histoire, son règne, comme celui de son grand-père, est l’un des plus grands de la dynastie Capétienne.

Il épouse, lors de ses dix-sept ans, Jeanne de Navarre en Octobre 1285 qui lui apporte en dot la Champagne et la Brie, le comté de Bar et la Navarre. Il est donc, le premier roi de France à porter le titre de "Roi de Navarre", titre qu'il doit à son mariage avec Jeanne de Navarre et qu'il ne peut porter que du vivant de sa femme.

En bon continuateur de la politique de ses pères il contribue à agrandir le domaine royal par des achats : en 1289, par un traité, il réunit le Quercy au domaine moyennant une rente de 3000 livres au roi d’Angleterre : en 1291 il acquiert le Beaugency, deux ans après, Montpellier et son port de Lattes : en 1302, les vicomtés de Romagne et de Auvillars, sont achetés au Comte de Périgord ; en 1307, le Comté de Bigorre à l’évêque du Puy : enfin, en 1308, les Comtés de la Marche et d’Angoulême ainsi que la seigneurie des Forges. Comme on peut le constater la France change de visage assez rapidement.

Il faut aussi préciser, qu’il se fit reconnaître les possessions de Lille, Douai, Béthune, la seigneurie de Mortagne et la Châtellenie de Tournai, et bien d’autres encore. Ce qui fait qu’à la mort de Philippe IV le domaine royal couvre les deux tiers du royaume.

Pour l’aider dans ses affaires du royaume, il s’entoure de nombreux conseillers, parmi lesquels Pierre Flote, Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny qui sont resté les plus célèbres.

Philippe le Bel, s'avère être un fin politicien. Lors du traité d'Anagni, en 1295, il met fin à la guerre d'Aragon déclaré par son père, réforme les traditions féodales pour moderniser les institutions et établir une monarchie au roi tout puissant.

Cependant, Philippe IV doit faire face au problème récurrent de l'approvisionnement du Trésor royal. A cette fin, il tente en vain d'établir une imposition directe et régulière sur le capital, les revenus ou par "feu" (familles). Mais la création d'impôts nouveaux étant évidemment mal perçue, il préfère faire usage d'expédients hasardeux.

De lourdes taxes sont imposées et si celles ci ne sont pas perçues, il confisque; tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. La réputation du roi de France est chute libre !

Autre solution de fortune pour relever les finances: l'altération de la valeur du cours la monnaie, mesure déjà pratiquée et promise à un bel avenir. En 1301, l'évêque de Pamiers Bernard Saisset, qui contestait la souveraineté des Capétiens sur le Languedoc, accuse le roi d'être un "faux monnayeur" car il frappait des monnaies contenant une valeur-or inférieure à leur valeur nominale: il est évidemment emprisonné.

Philippe le Bel VS les Juifs et les Lombards

Les Juifs, tout comme les Lombards, sont doués pour le métier de banquiers. Tout comme la royauté, bon nombre de personnes sont endettés auprès d'eux. Les persécutions qu'il dirige ainsi contre les Lombards et les Juifs, jouant pourtant un rôle capital dans les finances royales et le commerce, lui permettent, après confiscation de leurs biens, de renflouer le Trésor royal.

Lorsque Philippe le Bel les expulse du royaume, leurs débiteurs sont dégagés de leurs remboursements. Philippe le Bel gagne ainsi en notoriété au sein de la population, car, bien entendu, ils sont expulsés "une main devant, une main derrière" et leurs richesses tombent dans l'escarcelle de la royauté. Il est évident autant que significatif, qu’une affaire d’impôt ait été à l’origine du conflit entre le roi et la papauté.

Mais, constamment pressé par le besoin d’argent, Philippe IV doit en effet multiplier les ressources extraordinaires. L’agrandissement du royaume et l’extension de la notion de la souveraineté royale accroissent les charges du gouvernement. L’administration se perfectionne (Grand Conseil, Chambre des comptes, Cour du Parlement, Chancellerie, Monnaie, l’administration des forêts, les fonctionnaires royaux (Baillis, Prévôts, etc…)

Philippe le Bel VS Boniface VIII

Les conséquences sont inéluctables, et ce qui devait arriver, arriva. Le Pape Boniface VIII s'insurge et conteste la taxe imposée. Il déclare que "le pouvoir spirituel l'emporte sur le pouvoir temporel"; comprendre : le pape est supérieur au roi ! Et menace le roi de France d'excommunication voire de jeter "l'interdit" sur son royaume.

L’attentat d’Anagni (7 Septembre 1303)

En colère, Philippe le Bel avec l'aval des évêques de France, envoi son conseiller Guillaume de Nogaret en Italie, arrêter le pape afin de le faire juger. Ce dernier est réfugié dans sa résidence d'été à Anagni lorsque arrive Guillaume de Nogaret, il est accompagné d'un membre de la noblesse romaine, Sciarra Colonna, lequel est un ennemi intime du pape.

Boniface VIII, vieil homme alors âgé de 68 ans, reçoit avec défiance l'envoyé du roi de France, il déclare avec courage "Voilà ma tête, voilà mon cou, au moins je mourrai en pape !" Le pape est arrêté. Mais à Anagni, Boniface VIII est tant apprécié par la population qu'elle se révolte et finit par libérer le saint père des griffes des français. Celui-ci très affecté est malade, il succombe quelques temps après.

Un nouveau pape lui succède, un nommé Benoît XI. Cet amoureux de la paix, tente par tous les moyens de réconcilier la papauté avec le roi de France. Mais ce pape ne fait pas long feu. Quelque mois après son élection, il décède prématurément, empoisonné par des figues dit-on. Empoisonné, oui ! Mais par des figues, rien de moins sûr !

Tout cela va déboucher sur l’élection en 1305 d’un français, Bernard de Got archevêque de Bordeaux. Il est couronné pape à Lyon en 1309 sous le nom de Clément V. Mais, prudent, il préférera installer la papauté en Avignon, propriété de la famille d'Anjou-Provence jusqu'à son rachat par Clément VI en 1348.

Clément V est de connivence avec Philippe le Bel, c'est lui-même qui l'a installé à ce poste car à un objectif bien précis et ce nouveau pape va l'aider à y parvenir.

Philippe le Bel VS les Templiers

Le roi Philippe, toujours en quête d'argent, s'intéresse alors à l'ordre du Temple. Les Templiers ont amassés des fortunes durant les croisades et jouent souvent les banquiers royaux. En outre, ils sont les gestionnaires du trésor royal depuis Philippe Auguste. La gestion leur est donc retirée au profit d'agents royaux.

A plusieurs reprises, le roi a demandé des "prêts" à l'ordre du Temple. Toujours acceptés, rarement remboursés, la dette à rembourser est conséquente et les finances au plus bas... Une décision s'impose : Plus de Templiers, plus de dette !

Le 14 Septembre 1307, dans tout le royaume, les Templiers sont arrêtés, envoyés dans les geôles royales et torturés jusqu'à obtention de leurs aveux d'hérésie au sein de l'ordre.

Le pape prononce finalement la dissolution de l'ordre le 3 avril 1312. Après sept années de procès, la plupart des Templiers sont envoyés en prison ou finissent au bûcher.

Le grand maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay, et son second Geoffroi de Charnay, le précepteur de Normandie sont mis à mort sur un bûcher double sur l'île au Juifs à Paris en aval des jardins du palais à la pointe occidentale de la Cité le soir du 19 Mars 1314. Toutes les richesses reviennent de droit à la royauté, affaire conclue !

Sur le bûcher, alors que les flammes commencent à lécher le corps du Templier, celui-ci, lance : "Dieu sait qui a tort et a péché, et le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir"

L'affaire des brus de Philippe le Bel

Les derniers mois du règne de Philippe IV sont entamés par "l'affaire" de ses brus: Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, épouses des futurs rois Louis X, dit le Hutin, Philippe V, dit le Long, et Charles IV, dit le Bel, sont accusées d'adultère et comparaissent devant un tribunal spécial en avril 1314.

Marguerite et Blanche sont enfermées à ChâteauGaillard : la première mourra de mort violente en 1315,, dans un cachot ouvert à tous les vents (on parle d’une pleurésie), ou vraisemblablement étranglée sur ordre de son mari. La seconde Blanche devra accepter l'annulation de son mariage et finira ses jours à l'abbaye de Maubuisson.

Jeanne la femme du futur Philippe V, échappe à l'accusation d'adultère, elle est enfermée pendant un an dans la forteresse de Dourdan, puis elle est acquittée par manque de preuves.

En 1315, Jeanne reviendra à la cour du roi et en 1316 à la mort de Jean le posthume, héritier du trône, son mari est proclamé roi de France, elle devient ainsi reine de France.

Au cours de l'année 1314,, Philippe le Bel, rend visite à son oncle, le compte de Clermont. Au cours d'une chasse organisée à l'intention du roi de France, celui-ci, fais une chute de cheval. Le choc est d'une violence, que le roi est dans l'impossibilité de parler. Il est rapatrié vers Fontainebleau ou il s'éteint quelques semaines plus tard, le 29 Novembre 1314.

Il est naît à Fontainebleau et il est mort à Fontainebleau, c'est sans précédent !

 

Le roi Louis X le Hutin

Le roi Louis X le Hutin

LOUIS X LE HUTIN (1289-1316)

 

Né le le 4 octobre 1289 à Paris, le fils aîné de Jeanne de Navarre et de Philippe IV le Bel, qui succède à son père en 1314 est de santé délicate mais de belle prestance, dominé par son entourage et sans grande personnalité. Il est aussi très turbulent et querelleur, ce qui lui vaudra le surnom de Hutin ou mutin, ou encore de Noiseux.

Il aime avant tout la chasse et plus encore la fauconnerie, les parties de longue paume et les femmes. Le chroniqueur Jean de Saint-Victor le décrit grand, prodigue et un peu enfant. Un autre écrivain, le poète Geoffroy de Paris le juge « pas bien entendis » c’est à dire peu entendu.

Dès 1304, à la mort de sa mère, il reçoit le royaume de Navarre et les comtés de Brie et Champagne ; il est alors marié (1305) à Marguerite de Bourgogne, que Philippe le Bel fait condamner pour adultère et jeter en prison où elle meurt en avril 1315 sans doute étranglée.

Après la mort de son père, Louis X épouse Clémence de Hongrie et les deux époux sont sacrés à Reims en août 1315. Le début du règne du Hutin est marqué par une très vive réaction féodale qui se déchaîne après les abus du règne centralisateur de Philippe le Bel et alors que Louis X laisse gouverner son oncle d'Evreux et l'ambitieux Charles de Valois ; ce dernier est très épris des vieux privilèges de la noblesse en même temps que, fidèle au souvenir de son frère, Philippe le Bel, il se montre loyal envers Louis X.

Le roi doit donc céder devant les ligues féodales en sacrifiant les officiers de son père et notamment Pierre de Latilly et Raoul de Presles, qui sont disgraciés, après qu’Enguerrand de Marigny, le principal ministre du roi, eut été pendu pour avoir mal géré les finances royale.

En 1315, le Hutin doit aussi accorder aux nobles des chartes provinciales (comme la charte aux normands, la charte aux Languedociens, la charte au Auvergnats...) qui ne diminuent guère son pouvoir et qui ont plutôt le rappel prudent des prérogatives coutumières de la noblesse, certes oubliées sous le règne de Philippe IV (respect des droits seigneuriaux, interdiction pour le roi de lever directement des hommes pour l’ost).

De même. le clergé reçoit confirmation de ses privilèges ; fort habilement, en fin de compte, Louis X a réussi a redresser ainsi une situation périlleuse en moins de deux ans. Il meurt en effet à Vincennes le 5 juin 1316, des suites d'une pneumonie, semble-t-il, laissant sa femme enceinte de cinq mois ; leur fils Jean Ier, ne vivra que cinq jours ; quant à Jeanne, la fille que Louis avait eue de Marguerite de Bourgogne, elle se voit écarter de la succession par son oncle, Philippe V le Long, qui se fait sacré à Reims dès janvier 1317.

Le Roi Philippe V le Long

Le Roi Philippe V le Long

PHILIPPE V LE LONG (vers 1293-1322)

 

Philippe V le Long est le deuxième fils de Philippe IV le Bel et le derniers des capétiens. Le fils de son frère Louis X le hutin, Jean Ier le Posthume n'ayant pas survécu, il succède à son frère sur le trône de France...

En 1316, à la mort de Louis X le Hutin, il laisse une fille : Jeanne, née de sa première femme, Marguerite de Bourgogne. Sa seconde femme, la reine Clémence est enceinte de cinq mois et son frère Philippe, compte de Poitiers, deuxième fils de Philippe le Bel, est impatient : l'enfant à naître serait-il un garçon, ce qui ruinerait ses espoirs d'accession au trône de France ?

En fait, l'avènement de ce jeune homme de vingt deux ans est incertain car d'autres princes briguent, sinon le trône, du moins la régence : son oncle, Charles de Valois, et Eudes de Bourgogne, oncle de Jeanne, qui défend les intérêts de sa nièce, la dit apte à succéder. Aussi Philippe décide-t-il de prendre de court les partisans de Jeanne : il se fait jurer fidélité, le 16 Juillet, en tant que « régent du royaume», par les bourgeois de Paris.

Voyant la popularité de Philippe, ses rivaux se soumettent et le régent a l'habileté de pardonner. La diplomatie, la souplesse, la ruse, alliées à une grande fermeté et la promptitude dans les décisions, sont en effet caractéristiques de ce long et frêle rejeton de Philippe le Bel, qui attend impatiemment que la reine Clémence accouche, ce qu'elle fait dans la nuit du 13 au 14 novembre 1316.

Heureusement pour Philippe, Jean 1er, dit le Posthume, meurt cinq jours plus tard. Personne ne croit à une mort naturelle, mais on étouffe l'affaire.

Aussitôt, Philippe se fait proclamer roi en même temps qu'il se dit roi de Navarre comme tuteur de sa nièce Jeanne et, dès le 9 janvier 1317, il se fait sacrer à Reims avec son épouse Jeanne de Bourgogne (1290-1329) devant les pairs, assez hostiles, semble-t-il, et devant les légistes, fort satisfaits.

Les grands sont absents mais Philippe réunit à Paris une assemblée de notables qui se rallient au point de vue des légistes pour écarter du trône Jeanne : « Femme ne succède pas au royaume de France » car « le lys ne file point ».

Roi contesté (il a acheté les derniers tenants de Jeanne), Philippe V s'attèle avec ardeur à sa tâche nouvelle, il détache définitivement la Cour des comptes du Parlement et établit, en 1318, un Conseil du mois, restreint, pour régler les affaires courantes mais importantes. Par ordonnances, il réglemente les droits et devoirs des baillis et sénéchaux et réorganise l'armée.

On prend aussi l'habitude de réunir des assemblées générales (comme à Poitiers. en 1321) ou locales. Ce règne s'annonce grand. Il est écourté brutalement, ce qui explique sans doute l'oubli où il est tombé : le roi, atteint de dysenterie, meurt le 3 janvier 1322, sans héritier mâle. Son frère Charles lui succède.

Histoire. La Dynastie des Capétiens (987-1328)

CHARLES IV LE BEL (1294-1328)

 

Philippe V est mort en janvier 1322, ne laissant que des filles. Conformément au précédent de 1316, la couronne passe à son frère Charles, Comte de la Marche, troisième et dernier fils de Philippe le Bel.

Ainsi, pour la deuxième fois, il est reconnu que les femmes ne règnent pas en France et que le frère succède au frère quand celui-ci n'a pas d'héritier mâle.

Né en 1294, beau comme son père, Charles IV n’a pas l'énergie ni la volonté de puissance de son père mais il possède le sens de la dignité royale.

Il tente de se faire élire empereur avec l'appui du pape Jean XXII qui le tient en grande sympathie, et de concert avec lui, il pousse très avant un projet de nouvelle croisade en Orient, mais ses démêlés avec Edouard II d'Angleterre à propos de la Guyenne, éternel point chaud, relèguent ce dessein au second plan.

Philippe V fait occuper par son oncle, Charles de Valois, La Réole, puis Agen et Bazas, et les Anglais sont chassés de presque toute la Guyenne. Dans la foulée, il incorpore la Bigorre au domaine royal. De plus, en gardant la couronne de Navarre, comme l’a fait son frère, Philippe V, aux dépens des droits de Jeanne, fille de Louis X le Hutin, Il renforce les liens entre la couronne et le Midi.

Sur le plan intérieur. Il s'attache à réorganiser les finances et la justice. Mais, comme son prédécesseur, devant les embarras du Trésor, il cède à l'attrait de ce qu'on appelle aujourd'hui la dévaluation.

Charles a été marié vers 1307 à Blanche de Bourgogne, sœur de l'épouse de Philippe V. La comtesse Blanche est, en 1314, l'une des héroïnes du fameux scandale dont est sortie la légende de la tour de Nesle. Accusée d'adultère, elle est enfermée au Château-Gaillard. Lors de son avènement.

Charles IV provoque une enquête pontificale, qui aboutit à l'annulation de cette union et lui permet de se remarier en septembre 1322, avec Marie de Luxembourg, fille de l'empereur Henri VII (morte en 1324), puis avec sa cousine Jeanne d'Evreux

Quand il meurt à son tour dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1328, le problème posé par la succession est sans précédent : Charles ne laisse ni frère ni fils. Cependant. Sa troisième femme étant enceinte, les barons, en attendant la délivrance, confient la régence à son cousin germain, Philippe de Valois, et ils lui donnent la couronne quand la reine accouche d'une fille, Blanche.

Ainsi prend fin le règne des Capétiens directs. Barons et légistes élabore un nouveau droit successoral selon lequel la couronne n’est transmissible qu'en ligne masculine.

À propos

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